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Actualités - Biographies

Un auteur qui s'abreuve à la source des grands (photo)

Né en 1968 à Deir el-Kamar, Wajdi Mouawad dit avoir eu «une enfance étrangement heureuse. Malgré la guerre, j’en ai gardé de très beaux souvenirs». De nature optimiste, il affirme que la vie ne lui a fait que des cadeaux. Pourtant, insiste-t-il, «nous habitions Ain Remmaneh, juste en face de l’endroit où s’est déroulé l’incident du bus le 13 avril 1975, point de départ de la guerre du Liban. J’étais au balcon à ce moment-là, j’ai tout vu». Le choc, le traumatisme, ont été tels que le petit garçon a failli en devenir fou. Il a été, dit-il, secouru alors par des personnages que son imagination lui a suggérés. Il souligne encore «qu’il y a toujours eu quelqu’un à mes côtés pour me soutenir, me protéger». Son dernier passage au Liban «s’est plutôt mal passé. C’était en 1992, j’ai été pris en charge par un oncle qui ne m’a pas lâché, rendant mon séjour épouvantable…» Evoquant l’avant-guerre, il critique «toute une génération qui aurait vendu son âme pour être européenne plutôt que libanaise». Une dichotomie qui donnait lieu à «une hypocrisie effarante». Il pense, de plus, que «l’argent menotte la majorité des Libanais…» Plus indulgent avec les jeunes, il se demande «comment nous accepter les uns les autres, nous qui n’avons choisi ni de partir ni de rester? Comment faire pour ne rien nous reprocher de part et d’autre ? Nous avons tellement de choses à mettre en commun»! Au Québec, Wajdi Mouawad a fondé, en 1991, avec Isabelle Leblanc, une troupe, le Théâtre Ô Parleur. «Nous avons créé cette troupe pour en faire un lieu — le cercle que forment les acteurs quand ils répétent — de discussion. Il y a entre Isabelle et moi une très grande amitié, une fraternité malgré nous». C’est grâce à la lecture qu’il a découvert l’importance de l’art. A quinze ans, le choc de «La Métamorphose» de Kafka… «J’ai senti que ma vie venait de changer. Ce roman m’a appris à regarder les choses autrement. J’ai compris le traumatisme qu’on peut ressentir lorsqu’on est face à une grande œuvre. C’est à partir de là que les choses ont commencé pour moi». Côté théâtre, le choc est provoqué paradoxalement par un roman, «Voyage au bout de la nuit» de Céline, qu’il met en scène. «Grâce à Céline, j’ai compris que la pulsion d’écrire nous appartient. Il a écrit l’œuvre romanesque la plus puissante sur la guerre». Mouawad a écrit plusieurs pièces, «Willy Protagoras enfermé dans les toilettes», «Journée de noces chez les Cromagnons», «Alphonse»… Ecrire «c’est tout simplement faire mon travail. J’ai ce don, il faut que j’en sois responsable. C’est le plus beau cadeau que la vie m’ait fait». Homme de théâtre, le cinéma ne l’intéresse pas. Pour lui, «c’est trop d’investissement, trop d’argent, un énorme gaspillage d’énergie. Le théâtre est la chose la plus dépouillée qui soit. Il suffit de quelqu’un debout avec un texte et de quelqu’un qui le regarde. Avec ou sans argent, n’importe qui peut faire du théâtre, mais pas du cinéma».
Né en 1968 à Deir el-Kamar, Wajdi Mouawad dit avoir eu «une enfance étrangement heureuse. Malgré la guerre, j’en ai gardé de très beaux souvenirs». De nature optimiste, il affirme que la vie ne lui a fait que des cadeaux. Pourtant, insiste-t-il, «nous habitions Ain Remmaneh, juste en face de l’endroit où s’est déroulé l’incident du bus le 13 avril 1975, point de départ de la guerre du Liban. J’étais au balcon à ce moment-là, j’ai tout vu». Le choc, le traumatisme, ont été tels que le petit garçon a failli en devenir fou. Il a été, dit-il, secouru alors par des personnages que son imagination lui a suggérés. Il souligne encore «qu’il y a toujours eu quelqu’un à mes côtés pour me soutenir, me protéger». Son dernier passage au Liban «s’est plutôt mal passé. C’était en 1992, j’ai...