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Actualités - Chronologie

La vodka , facteur de complications

Quand ils ont à faire face à une situation de crise, les dirigeants russes montent au créneau et les buveurs de vodka sont systématiquement les premiers… à trinquer. Ce fut le cas en 1985 lorsque Mikhaïl Gorbatchev lança sa malencontreuse campagne contre l’alcool. En faisant arracher les vignes, il avait contraint les buveurs endurcis à avaler n’importe quoi pour étancher leur soif. Avant lui, Youri Andropov avait déclaré la guerre aux ivrognes et à l’alcoolisme sur les lieux de travail. Le nouveau Premier ministre russe, Evguéni Primakov, envisage de s’en prendre aux producteurs de boissons alcoolisées de plus de 28 degrés, en rétablissant le monopole d’Etat, à l’exemple de ses mentors de l’époque soviétique, et en s’attaquant à la contrebande. Il compte ainsi sauver non seulement de l’argent pour son budget, mais aussi des vies humaines. Mais ce cocktail de mesures distillé par le nouveau gouvernement risque de s’avérer indigeste pour les millions de buveurs de vodka à travers toute la Russie, estiment les initiés aux secrets de cette industrie. «La situation ne pourra qu’empirer et on assistera à une nouvelle hausse des maladies dues à l’alcool», affirme Pavel Chapkine, qui dirige le lobby des producteurs, l’Association nationale des spiritueux. «Maintenant, davantage de gens boivent de la vodka peu chère mais convenable, a-t-il expliqué, alors que les nouvelles mesures feront augmenter le prix et seuls 20% de la population pourront boire des produits de qualité. Les autres vont recommencer à ingurgiter des after-shave, de l’antigel et toutes sortes de tord-boyaux». Les statistiques sont formelles: il faut faire quelque chose. Pour la seule année 1997, quelque 25.000 personnes sont mortes empoisonnées par des alcools de mauvaise qualité, selon des sources officielles. Presque chaque jour les journaux font état de nouvelles victimes de boissons frelatées. Presque chaque semaine ils publient des communiqués sur la saisie par les forces de l’ordre de quantités d’alcools de mauvaise qualité. Le nouveau ministre russe de l’Agriculture, Guénadi Koulik, a déclaré la semaine dernière que «des gens meurent (chez nous) non pas parce qu’ils boivent trop, mais parce qu’ils boivent des produits de mauvaise qualité. Le gouvernement ne peut pas rester inactif et attendre que ça se passe». Dans ses lignes générales, le projet du gouvernement propose de mettre la production des alcools et leur commerce de gros sous le contrôle de l’Etat en retirant progressivement les licences aux producteurs, pour n’autoriser que les compagnies où il est majoritaire à distiller et à diffuser les spiritueux. Mais pour y parvenir, estiment des spécialistes, l’Etat devra dépenser des sommes considérables pour prendre une participation chez les quelque 2.500 producteurs d’alcool en Russie, ou bien confisquer leur propriété. L’une ou l’autre solution risque de pousser de vastes secteurs hors de la légalité et les éloigner de toute forme de contrôle de la qualité. (AFP)
Quand ils ont à faire face à une situation de crise, les dirigeants russes montent au créneau et les buveurs de vodka sont systématiquement les premiers… à trinquer. Ce fut le cas en 1985 lorsque Mikhaïl Gorbatchev lança sa malencontreuse campagne contre l’alcool. En faisant arracher les vignes, il avait contraint les buveurs endurcis à avaler n’importe quoi pour étancher leur soif. Avant lui, Youri Andropov avait déclaré la guerre aux ivrognes et à l’alcoolisme sur les lieux de travail. Le nouveau Premier ministre russe, Evguéni Primakov, envisage de s’en prendre aux producteurs de boissons alcoolisées de plus de 28 degrés, en rétablissant le monopole d’Etat, à l’exemple de ses mentors de l’époque soviétique, et en s’attaquant à la contrebande. Il compte ainsi sauver non seulement de l’argent pour...