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Actualités - Chronologie

Un enjeu pour l'OTAN du futur

Intervenir ou pas, avec ou sans mandat explicite de l’ONU: le conflit du Kosovo est devenu un enjeu important pour l’avenir de l’OTAN alors que les alliés cherchent à définir sa nouvelle raison d’être. Leur démarche vise à adapter le «concept stratégique» de l’Alliance, sorte de bible qui précise ce qu’est l’OTAN et ce que seront ses missions. Un nouveau texte doit être approuvé au printemps 1999 et servir de référence pour les vingt ans à venir. L’arrivée du conflit du Kosovo est venu en perturber la rédaction. Toute décision relative à cette province serbe aura en effet valeur de précédent pour l’avenir de l’Alliance et ses futures implications dans des crises locales. «Ce cas ponctuel décidera de l’avenir», reconnaît-on au siège de l’organisation. Le travail entrepris par les alliés, pour adapter le «concept stratégique» aux bouleversements d’après-guerre froide et à la nouvelle donne internationale, doit en particulier permettre de préciser la place de l’OTAN dans le monde et ses liens avec l’ONU. L’Alliance atlantique peut-elle à cet égard agir «hors zone» (hors du territoire de ses membres) sans autorisation de l’ONU? Oui, répondent sans hésiter les Etats-Unis. Imposer un mandat du Conseil de Sécurité pour toute intervention de l’OTAN serait «imprudent», vient de mettre en garde le secrétaire américain à la Défense, William Cohen. «Nous devrions éviter de mentionner dans le concept la nécessité pour l’OTAN d’avoir un mandat de l’ONU», a-t-il ajouté, en estimant seulement utile de disposer d’une «base légale appropriée». Pour les Etats-Unis, une référence générale à la charte des Nations Unies suffit. Plusieurs alliés européens de Washington estiment pour leur part préférable de clarifier l’idée d’une «base légale appropriée», certains considérant qu’elle doit se traduire par une autorisation explicite de l’ONU comme cela s’est produit pour la Bosnie. «Pour avoir un soutien parlementaire à une intervention, il faut pouvoir se référer à un cadre légal précis», souligne un diplomate européen. Massacres possibles Toute la difficulté de la rédaction du nouveau «concept stratégique» va se trouver dans le degré de précision qui sera donné dans le texte à cette fameuse «base légale», ajoute-t-il. Dans l’exemple concret d’une éventuelle intervention au Kosovo, les alliés n’ont pas encore réglé la question de son assise juridique, indique un responsable de l’OTAN sous couvert d’anonymat. Selon lui, il n’y a toutefois pas urgence à trouver un accord entre les membres de l’Alliance à ce sujet. Si une action armée devient irrémédiable, parce qu’un massacre aura été commis par exemple, Américains et Européens trouveront une solution, assure-t-il. En l’état actuel du dossier Kosovo, qui vient de s’enrichir d’une résolution de l’ONU, approuvée dans le cadre du chapitre 7 (recours à la force) et qui prévoit «d’autres mesures» si les combats ne s’arrêtent pas dans la province serbe, «aucune option n’est totalement satisfaisante», poursuit ce responsable. «Inféoder l’OTAN à l’ONU en réclamant une nouvelle résolution de l’ONU plus explicite avant toute intervention veut dire risquer un blocage», en raison du droit de veto dont disposent la Russie et la Chine. «Ne pas rechercher un mandat plus précis pourrait laisser libre cours aux interprétations» et permettre à quiconque de se réclamer de la Charte des Nations Unies pour intervenir militairement en fonction d’un intérêt particulier, précise-t-il. (AFP-Reuters)
Intervenir ou pas, avec ou sans mandat explicite de l’ONU: le conflit du Kosovo est devenu un enjeu important pour l’avenir de l’OTAN alors que les alliés cherchent à définir sa nouvelle raison d’être. Leur démarche vise à adapter le «concept stratégique» de l’Alliance, sorte de bible qui précise ce qu’est l’OTAN et ce que seront ses missions. Un nouveau texte doit être approuvé au printemps 1999 et servir de référence pour les vingt ans à venir. L’arrivée du conflit du Kosovo est venu en perturber la rédaction. Toute décision relative à cette province serbe aura en effet valeur de précédent pour l’avenir de l’Alliance et ses futures implications dans des crises locales. «Ce cas ponctuel décidera de l’avenir», reconnaît-on au siège de l’organisation. Le travail entrepris par les alliés,...