En obtenant son plus mauvais résultat européen depuis 12 ans, le Paris Saint-Germain se prépare à vivre une nouvelle crise qui s’annonce comme la plus grave de son histoire. Il faut remonter à 1986 pour voir l’ambitieuse équipe de la capitale sortie au premier tour d’une compétition européenne. Que les Parisiens aient été éliminés (3-2) par le Maccabi Haïfa, jeudi, à l’ultime minute du premier tour de la Coupe des coupes n’excuse rien. Au cours de la décennie écoulée, le P-SG avait acquis un statut de grande équipe continentale: demi-finaliste en 1993, 1994 et 1995, vainqueur de la C2 en 1996, finaliste de la même compétition en 1997. Le passage de témoin à la tête du club entre Michel Denisot, retourné à Canal+, et Charles Biétry, ancien patron des sports de la chaîne criptée, ne s’est pas opéré sereinement. Jamais depuis que Canal+ s’est engagé dans le club en 1991, celui-ci n’avait connu telle déconvenue. Malgré l’arrivée d’Alain Giresse comme entraîneur et l’achat de joueurs de renom comme le Nigérian Augustine Okocha ou le défenseur allemand Christian Wörns, Paris a connu un début de championnat bien peu en rapport avec ses ambitions. Le P-SG pointe à la huitième place après sept journées. L’aventure européenne s’est, elle, conclue jeudi sur un but contre son camp d’Alain Goma à la 90e minute, symbole de l’infortune des Parisiens. «C’est une énorme défaite, c’est impardonnable. Je ne sais pas si c’est une crise mais c’est un gros échec», reconnaissait Biétry. «On va avoir une longue période de réflexion». «C’est la plus grosse déception de ma carrière de joueur professionnel», a renchéri l’attaquant Nicolas Ouédec. «Moi, qui étais venu à Paris pour la Coupe d’Europe, j’ai reçu un coup de massue sur la tête». «C’est la victoire du courage sur l’adresse», commentait après le match un joueur israélien, comme pour mieux souligner la qualité qui avait manqué à ses adversaires. Giresse sur la sellette Si le résultat est décevant, il ne peut être totalement surprenant, le P-SG ayant pris l’habitude au cours de ces dernières années de traverser des crises plus ou moins graves. La dernière en date remonte à un an, lorsque sur une bourde administrative, l’équipe faisait jouer Laurent Fournier, suspendu par l’UEFA, en match aller du tour préliminaire de la Ligue des champions à Bucarest. Cette erreur valut au P-SG d’être sanctionné par l’instance européenne et condamné à une défaite par 3-0. Au match retour, les Parisiens se rachetaient sous les applaudissements de leurs supporters (5-0). Tout était oublié. Charles Biétry ne veut pas croire que le P-SG est «mort à Haïfa» et soutient que le club possède encore un avenir. Il reste maintenant au nouveau président-délégué, dont les relations sont délicates avec certains joueurs comme Marco Simone, à le définir dans les jours et les semaines qui viennent. La première question concerne comme toujours l’entraîneur et la présence d’Alain Giresse à la tête du club dimanche lors du match de championnat contre Lens est désormais hypothétique. «Je n’infirme ni ne confirme rien», a lancé Biétry. «Nous allons réfléchir ensemble. Même si perdre n’est pas déshonorant». Avec les départs du meneur de jeu brésilien Raï, du défenseur Alain Roche, les retraites de Vincent Guérin et Paul Le Guen, Charles Biétry a pris en main le club à un moment difficile. Son ambition était de le reconstruire pour le maintenir dans le gotha européen, il ne pouvait imaginer tâche plus ardue. (Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats En obtenant son plus mauvais résultat européen depuis 12 ans, le Paris Saint-Germain se prépare à vivre une nouvelle crise qui s’annonce comme la plus grave de son histoire. Il faut remonter à 1986 pour voir l’ambitieuse équipe de la capitale sortie au premier tour d’une compétition européenne. Que les Parisiens aient été éliminés (3-2) par le Maccabi Haïfa, jeudi, à l’ultime minute du premier tour de la Coupe des coupes n’excuse rien. Au cours de la décennie écoulée, le P-SG avait acquis un statut de grande équipe continentale: demi-finaliste en 1993, 1994 et 1995, vainqueur de la C2 en 1996, finaliste de la même compétition en 1997. Le passage de témoin à la tête du club entre Michel Denisot, retourné à Canal+, et Charles Biétry, ancien patron des sports de la chaîne criptée, ne s’est pas opéré...