Monica Lewinsky la hait, les démocrates crient à la manipulatrice et même le procureur Starr a désormais des doutes: Linda Tripp, par qui le scandale Lewinsky est arrivé, apparaît de plus en plus comme une femme aux motivations extrêmement douteuses. Les Américains s’apprêtent ce week-end à une nouvelle avalanche de détails sur le scandale et, déjà, des sources anonymes démocrates et républicaines se sont accordées à dire que Linda Tripp en sortirait encore noircie. Les transcriptions de ses conversations téléphoniques avec Monica Lewinsky la montreraient manipulatrice, orientant clairement les décisions de sa jeune «amie». La même image apparaît en filigrane du rapport Starr et des 3.000 pages d’annexes déjà publiées. Ils racontent comment de mai à septembre 1997, cette employée du Pentagone, transfuge de l’administration Bush, fait raconter à Monica Lewinsky sa liaison à l’époque terminée avec Bill Clinton et prend des notes. Sur un bloc sténo, cette divorcée d’un militaire mère de deux grands enfants note tout en vrac, les détails, la durée des étreintes. «7 février. A appelé au milieu de la nuit. Depuis son lit. Conversation érotique. 20-30 minutes» (...) «Dimanche suivant. Il l’a appelée au travail. 45 minutes. Ils ont fait des bêtises. (...) +A passé un très bon moment+»... Linda Tripp, qui a nié avoir jamais voulu écrire un livre, rajoute des détails, souligne, rature. Le 3 octobre, elle commence à enregistrer Monica Lewinsky au téléphone, toujours à son insu. Trois jours plus tard, elle rencontre l’agent littéraire new yorkais Lucianne Goldberg, féroce critique de Bill Clinton et lui remet ses enregistrements. Elle enregistre au total 26 cassettes qu’elle va ensuite remettre au procureur indépendant Kenneth Starr, qui enquête à l’époque sans grand succès sur des malversations reprochées aux Clinton. Mais sur les 26 cassettes, neuf ne sont pas des originaux mais des copies. Neuf n’ont pas été enregistrées à partir du magnétophone fixé à son téléphone. Huit seulement sont des originaux sans trace de duplication, ce qui fait écrire au procureur Starr que Linda Tripp a peut-être «menti sous serment devant le grand jury». «Seule la vérité compte» Pour essayer de se sortir de ce mauvais pas, Linda Tripp est passée au détecteur de mensonges dimanche, selon le quotidien «USA Today» et aurait «réussi» l’épreuve. Son porte-parole Philip Coughter a affirmé qu’elle n’avait «jamais falsifié aucun matériel». Mais est-elle vraiment, comme elle l’affirme, cette Américaine ordinaire de 48 ans n’ayant «jamais eu de but politique» et pour laquelle seule «la vérité compte»? Elle travaillait à la Maison Blanche au début des années Clinton et avait un temps envisagé - avec Lucianne Goldberg - d’écrire un livre dénonçant les pratiques de son administration. Dans sa déposition sous serment, Monica Lewinsky a aussi raconté que c’était Linda Tripp qui lui avait conseillé de garder la robe tachée de sperme présidentiel «parce que cela pourrait devenir une pièce à conviction». Elle a aussi suggéré à Monica Lewinsky que Bill Clinton devait lui trouver du travail, lui a conseillé de ne pas signer de déposition dans l’affaire Paula Jones tant qu’elle n’aurait pas cet emploi, «car sinon ils ne te donneront jamais ce travail». Linda Tripp est aussi allée renseigner les avocats de Paula Jones, avant qu’ils n’interrogent Bill Clinton sur sa liaison avec Monica Lewinsky. «Je hais Linda Tripp», a sangloté la jeune Californienne devant le grand jury en août, expliquant que celle-ci lui avait «toujours dit qu’elle la protégerait». «Elle aura un jour à s’expliquer de ce qu’elle a fait», l’avait consolé un juré. Déjà, Linda Tripp fait l’objet d’une enquête dans le Maryland — où elle réside — pour enregistrement illégal de conversations téléphoniques. La législation du Maryland exige en effet l’accord de la personne enregistrée. Un hebdomadaire rapportait aussi cette semaine que le Pentagone aurait proposé à Linda Tripp une nouvelle affectation à Aurora dans le Colorado. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Monica Lewinsky la hait, les démocrates crient à la manipulatrice et même le procureur Starr a désormais des doutes: Linda Tripp, par qui le scandale Lewinsky est arrivé, apparaît de plus en plus comme une femme aux motivations extrêmement douteuses. Les Américains s’apprêtent ce week-end à une nouvelle avalanche de détails sur le scandale et, déjà, des sources anonymes démocrates et républicaines se sont accordées à dire que Linda Tripp en sortirait encore noircie. Les transcriptions de ses conversations téléphoniques avec Monica Lewinsky la montreraient manipulatrice, orientant clairement les décisions de sa jeune «amie». La même image apparaît en filigrane du rapport Starr et des 3.000 pages d’annexes déjà publiées. Ils racontent comment de mai à septembre 1997, cette employée du Pentagone, ...