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Actualités - Chronologie

Fresques virtuelles

Des centaines de milliers de fragments, rouges, bleus, verts pâle, souvent minuscules, sont entreposés dans des paniers en plastique gris, soigneusement étiquetés et alignés dans le laboratoire situé sous la basilique de Saint-François d’Assise, dans la ville d’Assise (Italie). Ces précieuses reliques, dont certaines ne dépassent pas la taille d’un ongle, sont tout ce qui reste des fresques de Giotto et de Cimabue, pulvérisées au sol lorsque la voûte de la basilique s’est écroulée, le 26 septembre 1997. Cent cinquante mètres carrés de fresques inestimables, peintes entre la fin du XIIIe et le début du XIVe siècle, et que des mains minutieuses et appliquées tentent depuis un an de reconstituer. «Au lendemain du tremblement de terre, nous avons pensé que ces œuvres étaient perdues à tout jamais», se souvient Giuseppe Basile, ingénieur du laboratoire. «Mais aujourd’hui, je pense que les fragments pourront être reconstitués, sinon totalement, du moins partiellement», explique-t-il avec un large sourire, couvant amoureusement du regard les paniers alignés sur les étagères. Il a d’abord fallu passer au tamis tous les gravats, puis trier, ranger par couleur et par forme, avant de commencer, à l’aide de modèles, à assembler les pièces de ce gigantesque puzzle. Certaines parties des fresques, comme celle représentant Saint-Benoît, ont commencé à reprendre forme. Morceau par morceau, la figure du saint reprend vie. «C’est un travail extrêmement minutieux et complexe. Les couleurs sont passées, et il est très difficile de savoir à quelle partie de la fresque appartiennent les morceaux. Et ils sont tellement petits», poursuit M. Basile, qui se souvient avec émerveillement du jour où il a retrouvé un fragment de la taille d’un poing, sur lequel on distingue un œil et une partie de front. Au total, une centaine de personnes, historiens, ingénieurs, informaticiens travaillent sur la reconstitution des fresques, dans le laboratoire, avec l’aide d’ordinateurs. Mais aussi à l’intérieur de la basilique supérieure, hérissée d’échafaudages, où les restaurateurs époussettent et consolident les fresques restées en place, en injectant, par seringues, un produit destiné à s’immiscer dans les fissures et à empêcher de nouvelles dégradations. «Il nous faudra encore six mois pour faire le bilan de la reconstitution» et pour savoir si les fresques retrouveront leur place, estime M. Basile. En attendant, pour la messe de Noël 1999, date prévue de la réouverture de la basilique, les fidèles pourront admirer des œuvres «virtuelles», projetées sur la voûte à l’aide d’un ordinateur. Ensuite... on évoque l’éventualité de copies, tandis que les originaux reconstitués seraient confiés au musée de Saint-François. Une idée qui arrache une discrète grimace à M. Basile. «Rien n’est encore décidé, il est trop tôt pour faire un pronostic», insiste-t-il. Selon Mario Serio, responsable du ministère des Biens culturels pour la région de l’Ombrie et des Marches, 6 milliards de lires (quelque 4 millions de dollars) ont déjà été dépensés pour la basilique de Saint-François d’Assise, et 28 milliards de lires seront encore nécessaires pour la restauration complète du lieu saint.
Des centaines de milliers de fragments, rouges, bleus, verts pâle, souvent minuscules, sont entreposés dans des paniers en plastique gris, soigneusement étiquetés et alignés dans le laboratoire situé sous la basilique de Saint-François d’Assise, dans la ville d’Assise (Italie). Ces précieuses reliques, dont certaines ne dépassent pas la taille d’un ongle, sont tout ce qui reste des fresques de Giotto et de Cimabue, pulvérisées au sol lorsque la voûte de la basilique s’est écroulée, le 26 septembre 1997. Cent cinquante mètres carrés de fresques inestimables, peintes entre la fin du XIIIe et le début du XIVe siècle, et que des mains minutieuses et appliquées tentent depuis un an de reconstituer. «Au lendemain du tremblement de terre, nous avons pensé que ces œuvres étaient perdues à tout jamais», se...