La défaite du chancelier Helmut Kohl dimanche aux élections législatives allemandes a privé la Russie d’un ami puissant et fidèle, alors que le pays a plus que jamais besoin de l’aide occidentale sous toutes ses formes. Le Kremlin a salué poliment la victoire du social-démocrate Gerhard Schröder, souhaitant un rapide contact avec le nouveau chef du gouvernement allemand. Les autorités russes espèrent «éviter une pause dans les relations russo-allemandes, malgré la formation d’un nouveau gouvernement à la fois dans la Fédération de Russie et en Allemagne», a déclaré le porte-parole du Kremlin Vladimir Rakhmanine. «Moscou souhaite réellement poursuivre sa coopération et espère avoir au plus vite des contacts directs et réguliers avec le nouveau gouvernement allemand», a-t-il poursuivi. Mais M. Rakhmanine a rapidement fait l’éloge du chancelier sortant, en affirmant qu’Helmut Kohl avait «indéniablement joué un rôle éminent dans l’histoire de l’Allemagne et de l’Europe au cours de l’une des phases les plus importantes de son développement». M. Kohl, qui entretenait de rapports personnels étroits avec le président russe Boris Eltsine, a joué un rôle de premier plan dans l’aide financière et économique à la Russie. Le chancelier, pour justifier cet effort particulier de son pays, a toujours affirmé que l’aide à la Russie était un volet essentiel de la réussite de la réunification allemande. Mais les analystes russes notent que l’Allemagne, avant même la chute d’Helmut Kohl, avait commencé à prendre ses distances vis-à-vis de la Russie. Selon des sources informées au Kremlin citées par Interfax, Boris Eltsine, âgé de 68 ans comme Helmut Kohl, pourrait appeler lui-même Gerhard Schröder pour établir un premier contact personnel. Mais les experts estiment révolue l’époque de la «diplomatie du sauna», lorsque le président russe et le chancelier allemand s’entretenaient des affaires du monde dans un traditionnel bain de vapeur russe, une serviette éponge autour des reins. «Avec Schröder, nous n’aurons pas cette relation confortable que nous avions avec Kohl», assure Dmitri Trenine, politologue de la Fondation Carnegie à Moscou. «On ne s’amusera plus ensemble au sauna, mais c’est dommage, car nombre de sujets importants étaient discutés et réglés dans ce genre de circonstances très informelles», ajoute-t-il. «En outre, estime M. Trenine, Kohl était un homme de poids en Occident, et il pouvait faire pencher la balance en faveur de la Russie dans de nombreux forums internationaux. Je ne suis pas sûr que Schröder se voit dans ce rôle». Le candidat Schröder, pendant sa campagne, avait fait le voyage de Washington, mais n’avait pas daigné venir à Moscou. Les relations à venir, prévient l’analyste Iouri Korgoniouk, du centre d’études politiques Indem, seront dictées plus par l’évolution de la crise en Russie que par des décisions politiques. «Il est évident que la Russie ne doit pas espérer grand-chose du nouveau gouvernement», dit-il, «je pense que même si Kohl avait gagné, l’Allemagne serait devenue plus prudente sur son aide financière». «L’Allemagne a toujours investi beaucoup d’argent en Russie, et la plus grosse part de ces dépenses s’est révélée improductive. Kohl et son gouvernement le savaient déjà», ajoute M. Korgoniouk. (AFP-Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La défaite du chancelier Helmut Kohl dimanche aux élections législatives allemandes a privé la Russie d’un ami puissant et fidèle, alors que le pays a plus que jamais besoin de l’aide occidentale sous toutes ses formes. Le Kremlin a salué poliment la victoire du social-démocrate Gerhard Schröder, souhaitant un rapide contact avec le nouveau chef du gouvernement allemand. Les autorités russes espèrent «éviter une pause dans les relations russo-allemandes, malgré la formation d’un nouveau gouvernement à la fois dans la Fédération de Russie et en Allemagne», a déclaré le porte-parole du Kremlin Vladimir Rakhmanine. «Moscou souhaite réellement poursuivre sa coopération et espère avoir au plus vite des contacts directs et réguliers avec le nouveau gouvernement allemand», a-t-il poursuivi. Mais M. Rakhmanine a...