Si Helmut Kohl gagne, je reste: Theo Waigel, ministre sortant des Finances, est déterminé à poursuivre sa mission en dépit des frustrations du peuple allemand, qui le tient en partie responsable des difficultés actuelles. Theo Waigel, 59 ans, ne fait pas mystère de son grand dessein: relancer la réforme fiscale que l’opposition social-démocrate a enterrée au Bundestag, pour favoriser à terme un allégement fiscal de 30 milliards de mark. Si Kohl l’emporte le 27 septembre, le président de l’Union sociale-chrétienne (CSU), la sœur bavaroise de l’Union démocrate-chrétienne, envisage une baisse d’impôts de 10 milliards de marks nets (5,5 milliards de dollars) dès 1999. L’autre objectif de Waigel — qui se fait l’écho des réticences européennes du peuple allemand auprès de Kohl — est d’obtenir une réduction de la contribution allemande au budget de l’Union européenne. Bonn présidera l’UE pour six mois, à compter de janvier 1999. Respecté dans les milieux financiers internationaux pour avoir su faire face avec sang-froid au coût exorbitant de la réunification allemande, le grand argentier applique depuis sa nomination, il y a neuf ans, une politique en rupture totale avec les dogmes des sociaux-démocrates. Il plaide pour l’ultra-libéralisme alors que le SPD, s’inspirant des théories keynésiennes, prône une protection sociale renforcée. Contrairement à une Margaret Thatcher ou un Ronald Reagan, Theo Waigel a su imposer ses convictions en jouant sur le long terme et la «modération». «J’ai mis cartes sur table» Son budget «électoral» pour 1999 table sur un déficit budgétaire de 56 milliards de marks — pratiquement inchangé par rapport à 1998 — et des dépenses publiques réduites à 0,4%. «J’ai mis cartes sur table. Voyons maintenant ce que Schröder a à proposer», a lancé Waigel, qui juge irréalistes les promesses du candidat du SPD. Volontiers provocateur, Theo Waigel, facilement reconnaissable sur les bancs du Bundestag à ses sourcils broussailleux, ne craint pas les mea culpa. Il a reconnu avoir sous-estimé le coût de la réunification, qui contraint les Allemands de l’Ouest à injecter près de 150 milliards de marks par an en l’ex-RDA. Il est moins loquace sur les hausses d’impôts décidées après les élections de 1994 malgré les promesses électorales de Kohl. Et sur le fiasco subi auprès de la Bundesbank pour avoir voulu revaloriser ses réserves d’or et recourir à des artifices comptables en vue de qualifier l’Allemagne pour l’euro. Las de ces échecs, Theo Waigel avait annoncé au début de l’année son intention de quitter le ministère. «Neuf ans aux Finances, ça suffit», avait-il lancé. Certains ont alors cru déceler le début de la fin de l’ère Kohl. Theo Waigel est né le 22 avril 1939 dans le village d’Oberrohr, en Bavière. Son père était contremaître dans une briqueterie. Diplômé de droit, Waigel a fait son entrée au Bundestag en 1972. En 1994, il épouse un mois après son divorce l’ancienne championne de ski Irene Epple.
Si Helmut Kohl gagne, je reste: Theo Waigel, ministre sortant des Finances, est déterminé à poursuivre sa mission en dépit des frustrations du peuple allemand, qui le tient en partie responsable des difficultés actuelles. Theo Waigel, 59 ans, ne fait pas mystère de son grand dessein: relancer la réforme fiscale que l’opposition social-démocrate a enterrée au Bundestag, pour favoriser à terme un allégement fiscal de 30 milliards de mark. Si Kohl l’emporte le 27 septembre, le président de l’Union sociale-chrétienne (CSU), la sœur bavaroise de l’Union démocrate-chrétienne, envisage une baisse d’impôts de 10 milliards de marks nets (5,5 milliards de dollars) dès 1999. L’autre objectif de Waigel — qui se fait l’écho des réticences européennes du peuple allemand auprès de Kohl — est d’obtenir une...
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