Pas d’affections saisonnières au Liban. Les grippes (on est alors «mougarrap», néologisme récent), les maladies virales («akala virus»), et autres sinusites («sin’ziits») s’enchaînent douze mois sur douze. Version de la Faculté: «la pollution» provoque et prolonge la durée de ces maladies. La population communie par téléphone: «Pas d’antibiotiques, Aspirine et vitamine C». Ou, au contraire: «Comment, tu n’as pas pris encore de Bactrim forte!». Personne ne pense qu’il vaille la peine d’appeler un médecin puisque son collègue s’en est sorti, en fin de compte, et sans débourser un sou, avec les remèdes que lui avait conseillés son beau-frère… Non, il n’y a pas de quoi rire. On est plus souvent malade ici qu’ailleurs et, brèves, les maladies connaissent des rechutes à répétition. Finies la bonne grosse grippe d’hiver (huit jours et c’est oublié) ou les crises intestinales du début de l’été. Non, maintenant c’est en continu… Pourtant, les maisons n’étaient guère mieux chauffées avant la guerre, ni la climatisation plus polaire. Rien à faire, c’est bien la pollution: même si l’on n’a pas la fibre écologique, il faut s’y résoudre. Tousser toute la nuit ou bien s’expatrier collectivement pour raisons de santé. Ou encore passer l’année à se donner des conseils par téléphone: «Attention, tout de suite aspirine et vitamine C!». Il va sans dire qu’on peut aussi en mourir… ****** Il y en a eu tellement qu’on peut les mettre au pluriel. Les «festivaux» viennent de faire retraite. De Baalbeck aux plus petits hameaux, du jazz à la photo. Qui se plaindrait d’une telle vitalité? Mais ce marathon où les innovations se comptent sur la moitié des doigts d’une main, beaucoup en sortent las, sans l’avouer, sans même se l’avouer. Alors on rêve: les années qui viennent seront celles de «l’imagination au pouvoir!». Nous n’avons pas dit «l’année prochaine» parce que l’imagination ne se décrète pas, mais avec tant de comités ad hoc, on ne sait jamais. A preuve, le dernier spectacle du temple de Jupiter, qui a subjugué tant de monde…
Pas d’affections saisonnières au Liban. Les grippes (on est alors «mougarrap», néologisme récent), les maladies virales («akala virus»), et autres sinusites («sin’ziits») s’enchaînent douze mois sur douze. Version de la Faculté: «la pollution» provoque et prolonge la durée de ces maladies. La population communie par téléphone: «Pas d’antibiotiques, Aspirine et vitamine C». Ou, au contraire: «Comment, tu n’as pas pris encore de Bactrim forte!». Personne ne pense qu’il vaille la peine d’appeler un médecin puisque son collègue s’en est sorti, en fin de compte, et sans débourser un sou, avec les remèdes que lui avait conseillés son beau-frère… Non, il n’y a pas de quoi rire. On est plus souvent malade ici qu’ailleurs et, brèves, les maladies connaissent des rechutes à répétition. Finies la...
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