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Actualités - Chronologie

Les policiers chinois se mettent à table avec les dissidents

La police chinoise, confrontée à la montée d’une contestation «légale» de la part des dissidents, recourt envers eux à des méthodes de moins en moins brutales, allant jusqu’à les inviter à dîner au restaurant pour «discuter». «Les policiers viennent me voir pour des «conversations» et m’invitent à dîner dehors parce qu’ils veulent que j’utilise mon influence pour empêcher d’autres personnes de mettre sur pied un parti d’opposition», explique Xu Wenli, un des plus anciens militants démocrates chinois. Depuis fin juin, plusieurs contestataires ont été brièvement interpellés, le plus souvent pendant 24 heures, pour avoir déposé une demande de reconnaissance légale du Parti démocrate chinois (PDC). Le pionnier du mouvement, Wang Youcai, a été inculpé de tentative de subversion, mais, de façon inhabituelle, la police de Hangzhou (est) l’a laissé en liberté. De manière générale, la police recourt plus fréquemment à la rétention administrative, qui peut être imposée pendant un mois, et utilise moins l’inculpation pour subversion, notent des dissidents. Et au lieu de les jeter en prison, la police tend désormais à les détenir quelques heures dans une chambre d’hôtel pour tenter de les convaincre d’abandonner la politique. L’âge et la notoriété internationale des opposants déterminent aussi leur traitement. Si les plus connus, comme Wang Dan et Wei Jingsheng, ont été exilés après une libération pour raisons médicales, d’autres plus obscurs croupissent toujours en prison. Selon Qin Yongmin, un dissident qui a été récemment interpellé pendant une trentaine d’heures, l’intellectuel Tongyan risque ainsi de mourir en détention par manque de soins à Nankin (est), sept ans après sa condamnation à 10 ans de prison pour avoir commémoré publiquement la répression du mouvement de Tiananmen. Surveillance En revanche, Xu Wenli, 54 ans, assure que son âge et sa longue expérience des interrogatoires policiers lui valent le respect des gardiens de la paix. «Ils sont bien obligés, sinon ils savent que je vais les injurier et taper du poing sur la table», explique-t-il. «Et ma femme les fait toujours ranger l’appartement après une fouille». Quand ils sortent de prison, les opposants restent étroitement surveillés par la police qui leur interdit de rencontrer des étrangers et met leur téléphone sur écoute. S’ils ont été condamnés, il leur est pratiquement impossible de retrouver du travail. Mais la police, qui fait face à des dissidents de plus en plus au fait des dispositions exactes du code pénal, est obligée de composer. «Le mouvement démocratique est beaucoup plus uni qu’avant. Nous savons utiliser la loi, alors qu’ils n’ont jamais été confrontés à cela par le passé», observe Xu Wenli. «Les plus raisonnables me disent: fais changer la loi si tu ne l’aimes pas, mais pour le moment nous sommes obligés de l’appliquer», rapporte de son côté Qin Yongmin. (AFP)
La police chinoise, confrontée à la montée d’une contestation «légale» de la part des dissidents, recourt envers eux à des méthodes de moins en moins brutales, allant jusqu’à les inviter à dîner au restaurant pour «discuter». «Les policiers viennent me voir pour des «conversations» et m’invitent à dîner dehors parce qu’ils veulent que j’utilise mon influence pour empêcher d’autres personnes de mettre sur pied un parti d’opposition», explique Xu Wenli, un des plus anciens militants démocrates chinois. Depuis fin juin, plusieurs contestataires ont été brièvement interpellés, le plus souvent pendant 24 heures, pour avoir déposé une demande de reconnaissance légale du Parti démocrate chinois (PDC). Le pionnier du mouvement, Wang Youcai, a été inculpé de tentative de subversion, mais, de façon...