L’Europe aura une coloration plus sociale avec l’arrivée au pouvoir du social-démocrate allemand Gerhard Schröder, mais l’Allemagne défendra âprement ses intérêts sur la réforme de la politique agricole commune et du financement de l’Union européenne. «La lutte concertée contre le fléau du chômage sera sûrement mise au premier plan dans une Union où, dans treize pays sur quinze, les socialistes et sociaux-démocrates gouvernent ou participent à des gouvernements», estime un diplomate européen. «Mais l’Allemagne de Gerhard Schröder continuera à défendre les priorités allemandes que sont la réduction de sa contribution financière au budget européen, jugée excessive, et la nécessité d’une profonde réforme de la politique agricole commune avant l’élargissement à l’Est», ajoute-t-il. Helmut Kohl, figure de proue en Europe et un des pères de l’euro, sera toutefois difficile à remplacer. Il faudra certainement plusieurs mois à la nouvelle équipe pour trouver ses marques dans les questions européennes. «Je suis sûr que Gerhard Schröder jouera, comme son prédécesseur, un rôle moteur dans la construction européenne. Le SPD (parti social-démocrate) a toujours été un parti pro-européen», a rappelé le président de la commission européenne, Jacques Santer. Paradoxalement, on attend même que le nouveau gouvernement allemand se montre plus «européen» que Helmut Kohl sur un certain nombre de dossiers, comme la coordination européenne de la lutte contre le chômage, le rôle politique du groupe EURO-11, terme qui désigne les réunions informelles des onze pays-membres de l’euro, ou la politique européenne en matière de droit d’asile. Pour l’euro, le train est sur les rails. Dans moins de cent jours, le 1er janvier 1999, onze pays européens, dont la France et l’Allemagne, auront une monnaie unique et il est hors de question que le nouveau gouvernement allemand fasse machine arrière ou exprime des réticences. Tout en respectant l’indépendance de la Banque centrale européenne (BCE) chargée de la gestion de l’euro, les sociaux-démocrates allemands pourraient être plus flexibles que l’ancienne coalition concernant le rôle de l’EURO-11 dans la coordination des politiques économiques, considéré notamment en France comme une sorte de contrepoids politique à la toute puissante BCE. De même, le nouveau gouvernement allemand pourrait se montrer plus favorable que l’ancien à une réforme du Système monétaire international, nécessaire pour tirer les leçons des crises asiatique et russe et préconiser, comme la France, la nécessité d’une régulation des mouvements de capitaux à court terme. L’Allemagne, qui prendra en janvier 1999 la présidence tournante de l’UE pour six mois, continuera sous la direction de M. Schröder à œuvrer en faveur de l’élargissement de l’UE à une dizaine de pays d’Europe de l’Est après l’an 2000. A cette fin, on indique de source européenne que le nouveau chancelier reprendra à son compte l’objectif ambitieux de son prédécesseur d’achever la réforme financière de l’UE d’ici juin 1999, indispensable à la réussite de l’élargissement. Cette réforme comprend une profonde modification de la Politique agricole commune (PAC), qui absorbe 50% du budget communautaire, ainsi qu’une réforme des politiques structurelles et des finances de l’UE. Sur ce dernier point, tout le monde est persuadé à Bruxelles que l’Allemagne continuera à réclamer une réduction substantielle, de l’ordre de 30%, de sa contribution financière nette au budget européen, qui s’est élevée à 22,5 milliards de marks (environ 12 milliards de dollars) en 1997. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Europe aura une coloration plus sociale avec l’arrivée au pouvoir du social-démocrate allemand Gerhard Schröder, mais l’Allemagne défendra âprement ses intérêts sur la réforme de la politique agricole commune et du financement de l’Union européenne. «La lutte concertée contre le fléau du chômage sera sûrement mise au premier plan dans une Union où, dans treize pays sur quinze, les socialistes et sociaux-démocrates gouvernent ou participent à des gouvernements», estime un diplomate européen. «Mais l’Allemagne de Gerhard Schröder continuera à défendre les priorités allemandes que sont la réduction de sa contribution financière au budget européen, jugée excessive, et la nécessité d’une profonde réforme de la politique agricole commune avant l’élargissement à l’Est», ajoute-t-il. Helmut...