La politique de l’Allemagne à l’égard de l’Union européenne, dont elle assumera la présidence tournante à partir de janvier 1999, ne changera pas après la victoire dimanche du social-démocrate Gerhard Schröder, indique-t-on de source européenne à Bruxelles. Même si M. Schröder a pu exprimer par le passé quelques réticences sur l’euro, l’entrée en vigueur de la première phase de l’Union économique et monétaire dans onze pays de l’UE dans trois mois, le 1er janvier 1999, ne lui laisse plus le choix. Il est désormais hors de question que l’Allemagne, conduite dans le train de l’euro par l’ancien chancelier Helmut Kohl et dont elle est un des piliers, fasse marche arrière. D’autant moins que le Parti social-démocrate (SPD) est profondément pro-européen. On reconnaît à Bruxelles le rôle primordial qu’a joué Helmut Kohl dans la construction européenne et l’influence considérable qu’il exerçait dans les sommets européens. On note cependant que son départ devrait permettre de relancer l’axe franco-allemand, affaibli depuis l’arrivée de Jacques Chirac à la présidence de la République française. Un axe essentiel aux yeux du nouveau chancelier allemand, qui a cependant récemment estimé que si, sous la houlette du Premier ministre travailliste britannique Tony Blair, le Royaume-Uni souhaitait rejoindre «le peloton de tête» de l’UE, il ne faudrait pas l’en dissuader. L’Allemagne, qui prendra en janvier 1999 la présidence tournante de l’UE pour six mois, continuera sous la direction de M. Schröder à œuvrer en faveur de l’élargissement de l’UE à une dizaine de pays d’Europe de l’Est après l’an 2000. A cette fin, on indique de source européenne, que le nouveau chancelier reprendra à son compte l’objectif ambitieux de son prédécesseur d’achever la réforme financière de l’UE d’ici juin 1999, indispensable à la réussite de l’élargissement. Cette réforme comprend une profonde modification de la Politique agricole commune (PAC) qui absorbe 50% du budget communautaire, ainsi qu’une réforme des politiques structurelles et des finances de l’UE. Sur ce dernier point, la revendication de l’Allemagne concernant sa contribution nette au budget européen restera inchangée: estimant qu’elle paie trop, elle continuera à en réclamer une réduction permanente de plus de 30%. La contribution allemande est actuellement de 22,5 milliards de marks par an (environ 12 milliards de dollars). Avec la victoire de Gerhard Schröder, les trois grands pays de l’UE (Allemagne, Royuame-Uni et France) sont désormais gouvernés à gauche, même s’il existe des différences d’approche entre MM. Schröder, Blair et Jospin. Mais on est convaincu à Bruxelles que cette nouvelle donne réorientera la politique européenne, axée davantage sur sa dimension sociale et sur l’emploi. La présidente du groupe socialiste au Parlement européen, la travailliste britannique Pauline Green, a d’ailleurs estimé que la victoire de Gerhard Schröder «conduira à une nouvelle phase dans la coopération européenne» pour faire de «l’Europe des gens une réalité». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La politique de l’Allemagne à l’égard de l’Union européenne, dont elle assumera la présidence tournante à partir de janvier 1999, ne changera pas après la victoire dimanche du social-démocrate Gerhard Schröder, indique-t-on de source européenne à Bruxelles. Même si M. Schröder a pu exprimer par le passé quelques réticences sur l’euro, l’entrée en vigueur de la première phase de l’Union économique et monétaire dans onze pays de l’UE dans trois mois, le 1er janvier 1999, ne lui laisse plus le choix. Il est désormais hors de question que l’Allemagne, conduite dans le train de l’euro par l’ancien chancelier Helmut Kohl et dont elle est un des piliers, fasse marche arrière. D’autant moins que le Parti social-démocrate (SPD) est profondément pro-européen. On reconnaît à Bruxelles le rôle...