La radio et la télévision d’Etat ont lancé hier des appels aux Soudanais à s’engager volontairement pour participer aux combats dans l’extrême sud du pays mais la mobilisation paraissait faible. Selon des témoins, aucun mouvement de foule n’était visible dans la journée devant le commandement militaire et l’appel à la mobilisation devrait surtout être entendu, comme les fois précédentes, par les étudiants islamistes. Le gouvernement avait annoncé dimanche, par décret, la mobilisation générale au Soudan pour faire face à «l’agression érythro-ougandaise». Au terme d’une réunion présidée par le premier vice-président Ali Osmane Mohammad Taha, le Conseil des ministres a appelé tous les Soudanais capables de porter les armes à se présenter aux sièges du commandement général ou des commandements locaux de l’armée pour participer à «la défense de la patrie». Cet appel est notamment adressé aux «Forces de la défense populaire (FDP, milices gouvernementales), aux moudjahidine (combattants de la foi), aux militaires à la retraite, aux fonctionnaires et aux employés du secteur privé» selon le décret. Le gouvernement a en outre incité les Soudanais expatriés à «faire des dons de sang et d’argent» et a chargé le ministère des Affaires étrangères d’informer les organisations régionales et internationales «des objectifs et de la nature de l’agression». Le régime soudanais a déjà eu recours plusieurs fois à ce type de mobilisation, notamment en janvier 1997, lorsque la rébellion avait lancé une vaste offensive dans l’est du pays. Les étudiants aussi Orchestrée par des reportages dans la presse et à la télévision, montrant des civils rejoignant «volontairement» les camps militaires pour s’entraîner, cette mobilisation n’avait pas eu l’effet escompté, d’autant que la guerre civile dure depuis 15 ans et se déroule à un millier de km de la capitale, selon un expert occidental du Soudan basé au Caire s’exprimant sous le couvert de l’anonymat. Dimanche, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, M. Ibrahim Ahmed Omar, avait annoncé le rappel des étudiants sous les drapeaux et la fermeture pour un mois des 26 universités et établissements supérieurs publics et privés. Il a appelé les étudiants à «rejoindre les brigades qui sont dans les zones d’opérations» dans le Sud où les combats ont lieu depuis le 14 septembre contre l’Armée de libération des peuples du Soudan (SPLA, guérilla sudiste de John Garang), appuyée selon Khartoum par «l’Ouganda et l’Erythrée». L’armée soudanaise a affirmé lundi avoir tué ou blessé «en deux jours» 1.100 Ougandais et rebelles de la SPLA lors des combats dans l’Equatoria oriental, à l’extrême sud-est du pays. Cité par l’agence officielle SUNA, le colonel Seif Eddine Souleimane, commandant d’une unité dans le sud du Soudan, a précisé que l’armée et les Forces populaire de défense (FPD, milice progouvernementale) avaient détruit cinq chars, un véhicule blindé, trois camions militaires et saisi un grand nombre d’armes automatiques. La SPLA a démenti que des troupes ougandaises participent aux combats aux côtés des rebelles, comme l’affirme Khartoum. Kampala a pour sa part démenti toute intervention de ses troupes dans le sud du Soudan. (AFP, Reuters)
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