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Actualités - Chronologie

Crises asiatiques et russe Le FMI au banc des accusés

Les critiques n’ont cessé de pleuvoir sur le Fonds monétaire international (FMI) depuis l’éclatement de la crise asiatique il y a plus d’un an, crise qui s’est installée, étendue et menace maintenant la croissance mondiale. L’effondrement de la Russie, avec la dévaluation du rouble intervenue en août trois semaines seulement après que le FMI eut décidé d’apporter un nouveau soutien massif à Moscou, a encore entaché l’image du rôle de l’institution, appelée plus que jamais à se réformer. Accusé dès le début de la crise de n’avoir pas su prévoir à temps les turbulences en Thaïlande, en Corée et en Indonésie, le Fonds a été ensuite épinglé pour la rigueur de ces programmes prescrits, jugés responsables d’avoir précipité le ralentissement économique et la pauvreté. Parmi d’autres, un rapport du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII) soulignait récemment les recommandations «inadaptées» du FMI qui avaient dans certains cas «aggravé la situation». Pour certains, les recettes imposées de réduction des dépenses publiques et de hausses des taux d’intérêt afin de retenir les investisseurs sont revenues en fait «à siphonner de l’essence d’un réservoir d’un camion qui n’en avait déjà plus», selon les mots de la presse. Le dernier cinglant affront a été le 17 août lorsque Moscou a décidé de laisser flotter le rouble alors que, fin juillet, le FMI et la communauté internationale promettaient 22,6 milliards de dollars à la Russie pour précisément éviter une dévaluation. Jusqu’ici 4,8 milliards de dollars ont été déboursés. «La Russie est une tragédie historique», lançait récemment le représentant indépendant au Congrès Bernard Sanders, un habitué de la vindicte anti-FMI. «Depuis sept ans, le FMI guide l’économie russe. Les résultats sont clairs: une poignée de milliardaires, une déroute économique, une dette dévorante, un chômage massif, une pauvreté rampante, des salaires et des retraites non payés». Le Fonds a aussi été accusé de favoriser l’imprudence des investisseurs en venant à leur secours. Le soutien financier international orchestré par le FMI aux pays asiatiques atteint 118 milliards de dollars, sans compter les financements promis à la Russie et le barrage à la contagion qui se prépare pour l’Amérique latine. Otage du Congrès Les turbulences, dont les causes comme les conséquences n’ont pas fini d’être mesurées, ont en tout cas provoqué une vaste réflexion sur le fonctionnement du système financier international que les grands argentiers du monde entendent réformer. Faut-il une nouvelle autorité régulatrice des marchés financiers ou une rédéfinition des règles bancaires des Accords de Bâle, comme le proposent des professeurs d’économie, des gouverneurs de banques centrales? Faut-il bâtir un nouveau «Bretton Woods», comme l’a avancé le président français Jacques Chirac? Ou fusionner les moyens du FMI et ceux de la Banque mondiale en matière de surveillance financière comme le proposent les Britanniques? Les idées sont sur la table à la veille des assemblées générales des institutions de Bretton Woods à partir du 30 septembre à Washington. Michel Camdessus, directeur général du FMI, a reconnu lui-même certaines erreurs: «Oui, nous avons fait des erreurs. Nous ne nous sommes par exemple pas occupés assez tôt d’informations concernant la circulation de capitaux à court terme», déclarait-il récemment dans une interview à la presse allemande. «Nous aurions dû nous battre plus tôt pour la surveillance du secteur bancaire», a-t-il ajouté. Accusé de manquer de transparence et de cultiver le secret, le FMI est aussi l’otage du Congrès américain depuis un an, qui refuse de lui verser la participation américaine, promise par l’administration Clinton, à l’augmentation de ces ressources (18 milliards de dollars). Le Congrès réclame un FMI «responsable», «qui rende des comptes». Son dirigeant Michel Camdessus est parfois montré du doigt: «Tant que nous n’aurons pas de sérieuses réformes (et des) garanties, nous ne donnerons pas 18 milliards de dollars à un socialiste français pour qu’il les dilapide, ce qu’il a fait jusqu’à ce jour», déclarait récemment le républicain Newt Gingrich, président de la Chambre des représentants, lors d’une conférence de la Coalition chrétienne, un mouvement de la droite religieuse conservatrice américaine.
Les critiques n’ont cessé de pleuvoir sur le Fonds monétaire international (FMI) depuis l’éclatement de la crise asiatique il y a plus d’un an, crise qui s’est installée, étendue et menace maintenant la croissance mondiale. L’effondrement de la Russie, avec la dévaluation du rouble intervenue en août trois semaines seulement après que le FMI eut décidé d’apporter un nouveau soutien massif à Moscou, a encore entaché l’image du rôle de l’institution, appelée plus que jamais à se réformer. Accusé dès le début de la crise de n’avoir pas su prévoir à temps les turbulences en Thaïlande, en Corée et en Indonésie, le Fonds a été ensuite épinglé pour la rigueur de ces programmes prescrits, jugés responsables d’avoir précipité le ralentissement économique et la pauvreté. Parmi d’autres, un...