Le premier ministre social-démocrate suédois Goeran Persson s’apprêtait hier à ouvrir tous azimuts de difficiles négociations pour trouver une majorité au Parlement, au lendemain de la débâcle de son parti aux élections législatives. Bien qu’en tête du scrutin avec 36,5% des suffrages, les sociaux-démocrates ont perdu dimanche près d’un cinquième de leur électorat et, même s’ils reçoivent le soutien des ex-communistes du parti de la Gauche, il leur manque un siège pour avoir la majorité absolue au Riksdag (Parlement monocaméral). Confronté au plus désastreux résultat enregistré par son parti depuis 1922, M. Persson a décidé lundi de rester à la tête du prochain gouvernement social-démocrate minoritaire plutôt que de remettre sa démission et cherchait à rebondir pour surmonter un échec qui est aussi une défaite personnelle. Renonçant à se rendre à New York où il devait rencontrer le président américain Bill Clinton et le premier ministre britannique Tony Blair, il a débuté ses consultations par ses encombrants alliés ex-communistes. La Gauche, qui a réussi dimanche son meilleur score d’après-guerre avec 12% des voix (6,2% en 1994), espère peser avec ce résultat sur M. Persson pour l’obliger à relâcher la rigueur budgétaire qu’il s’est engagé à poursuivre pour garder la confiance des marchés. Le leader des ex-communistes, Gudrun Schyman, a ainsi exigé des «garanties», notamment sur la réduction du temps de travail et l’abandon du nucléaire civil, pour soutenir les sociaux-démocrates au Riksdag où les deux formations du «bloc des gauches» disposent de 174 sièges, un de moins que les 175 requis pour la majorité absolue. Un faiseur de rois M. Persson, qui exclut farouchement une participation de la Gauche à tout gouvernement qu’il formera, a indiqué que pour trouver la majorité nécessaire pour gouverner, il envisageait de coopérer également avec les Verts. «Je vois à l’avenir un gouvernement social-démocrate coopérant au Parlement à la fois avec les Verts et la Gauche, et aussi avec d’autres formations si nécessaire», a-t-il déclaré. Cette ouverture, qui placerait les écologistes en position d’arbitres, présente un inconvénient de taille: les Verts sont favorables à une alliance avec les sociaux-démocrates mais à condition que les ex-communistes en soient absents. Le parti de Birger Schlaug avait fait monter les enchères dès dimanche soir en indiquant que s’il était mis dans la position du «faiseur de rois», il chercherait à «tirer de cette situation autant de capital politique que possible». L’incertitude créée par les résultats de dimanche pourrait aussi contraindre M. Persson à un renversement d’alliance et à chercher une majorité au centre ou à droite. Les centristes, qui ont obtenu 5,1% des voix (-2,6%) et qui avaient soutenu les sociaux-démocrates au Parlement lors de la législature, n’avaient pas indiqué lundi s’ils allaient renouveler ce soutien ou s’ils iraient s’installer durablement dans l’opposition avec les conservateurs de Carl Bildt (22,7% des suffrages dimanche, +0,3%). Les libéraux, le quatrième parti du «bloc bourgeois» d’opposition qui a reculé à 4,7% des suffrages (-2,5%), ne s’était pas davantage exprimé. Les chrétiens-démocrates, autres grands vainqueurs du scrutin avec 11,8% des voix (+7,7%), ont pour leur part refusé toute collaboration avec M. Persson. «Il (Persson) a sans doute déjà oublié qu’il m’avait traité de «faux prophète» pendant la campagne», a rappelé à ce propos leur chef, Alf Svensson. (AFP- Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le premier ministre social-démocrate suédois Goeran Persson s’apprêtait hier à ouvrir tous azimuts de difficiles négociations pour trouver une majorité au Parlement, au lendemain de la débâcle de son parti aux élections législatives. Bien qu’en tête du scrutin avec 36,5% des suffrages, les sociaux-démocrates ont perdu dimanche près d’un cinquième de leur électorat et, même s’ils reçoivent le soutien des ex-communistes du parti de la Gauche, il leur manque un siège pour avoir la majorité absolue au Riksdag (Parlement monocaméral). Confronté au plus désastreux résultat enregistré par son parti depuis 1922, M. Persson a décidé lundi de rester à la tête du prochain gouvernement social-démocrate minoritaire plutôt que de remettre sa démission et cherchait à rebondir pour surmonter un échec qui est...