La rentrée politique d’octobre en Côte d’Ivoire, à deux ans des prochaines élections nationales, risque d’être chaude. Les deux principales formations politiques de l’opposition représentée au Parlement (avec chacune 13 sièges sur un total de 175) le Front populaire ivoirien (FPI) et le Rassemblement des républicains (RDR) sont descendues dans la rue pour dénoncer «la mort de la démocratie». Ils ont menacé d’y retourner si les amendements constitutionnels, adoptés le 30 juin dernier par ce Parlement, dominé par le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI au pouvoir depuis l’indépendance en 1960), restent en l’état. Mais ils risquent de se heurter à un mur d’incompréhension, le gouvernement du président Henri Konan Bédié n’étant apparemment pas disposé à l’entendre de la même oreille. Samedi dernier, au cours d’un meeting de son parti à Bongouanou, localité située à environ 200 km au nord-est d’Abidjan, Laurent Dona Fologo, secrétaire général du PDCI, a fustigé l’attitude des opposants qui refusent l’ouverture préconisée par le chef de l’état ivoirien. «Ils gagneraient à répondre à la main tendue du président, sinon ils risquent de ne jamais apporter ce qu’ils savent à ce pays», a affirmé Fologo, par ailleurs ministre d’Etat chargé de la Solidarité nationale. Présidentielle Le secrétaire général du parti au pouvoir faisait allusion au gouvernement formé le 11 août dernier, où a accepté de siéger l’un des leaders de l’opposition, le professeur Francis Wodié, chef du Parti ivoirien des travailleurs (PIT), tandis que Laurent Gbago, président du FPI refusait d’y participer. Le FPI et le RDR, regroupés au sein d’une coalition: le Front républicain, accusent le PDCI de se doter de lois visant à pérenniser son pouvoir et à empêcher l’alternance politique dans le pays. Le Front républicain, tout en étant d’accord avec la naissance d’un Sénat, s’oppose à la nomination de certains de ses membres comme le stipule la loi créant cette institution. Il souhaite que les représentants de cette deuxième chambre (après l’Assemblée nationale) soient tous élus. Il s’élève également contre la prolongation du mandat présidentiel, de cinq à sept ans, et surtout à l’article 10 nouveau de la constitution. Celui-ci «autorise le président de la République dont le mandat vient à terme à demeurer en fonction lorsque survient un cas de force majeure, des événements ou des circonstances graves rendant impossible la tenue de l’élection présidentielle ou la proclamation des résultats». Gbagbo a qualifié cette loi d’«inique», ayant, selon lui, pour but de «maintenir» vaille que vaille l’actuel chef d’état ivoirien, Henri Konan Bédié, au pouvoir et qui, a-t-il indiqué refuse tout dialogue avec la «vraie opposition», se contentant de «débaucher» certaines personnalités de celle-ci. Arrivé à la magistrature suprême en décembre 1993, à la mort du premier président ivoirien, Félix Houphouet-Boigny, dont il était le successeur constitutionnel, Bédié a été élu en octobre 1995 au cours d’un scrutin, boycotté par le Front républicain. L’opposition réclame également une Commission électorale indépendante (CENI) pour la «transparence» dans les élections, arguant que le ministère de l’Intérieur, chargé de l’organisation des consultations électorales a toujours favorisé les «fraudes» en faveur du PDCI. Selon elle, les récents amendements constitutionnels visent également à empêcher un de ses principaux leaders, l’ancien premier ministre Alassane Dramane Ouattara, en poste à l’étranger en qualité de directeur de département au FMI à Washington depuis juillet 1994, d’être candidat. Celui-ci a annoncé qu’il était partant pour la course à la présidentielle de l’an 2000. En effet la loi stipule que tout candidat à la présidence de la République doit être «Ivoirien de naissance, né de parents eux-mêmes Ivoiriens de naissance et avoir résidé en Côte d’Ivoire de façon continue pendant les dix années précédant les élections». (Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La rentrée politique d’octobre en Côte d’Ivoire, à deux ans des prochaines élections nationales, risque d’être chaude. Les deux principales formations politiques de l’opposition représentée au Parlement (avec chacune 13 sièges sur un total de 175) le Front populaire ivoirien (FPI) et le Rassemblement des républicains (RDR) sont descendues dans la rue pour dénoncer «la mort de la démocratie». Ils ont menacé d’y retourner si les amendements constitutionnels, adoptés le 30 juin dernier par ce Parlement, dominé par le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI au pouvoir depuis l’indépendance en 1960), restent en l’état. Mais ils risquent de se heurter à un mur d’incompréhension, le gouvernement du président Henri Konan Bédié n’étant apparemment pas disposé à l’entendre de la même oreille....