Des glaçons bourrés de bactéries, largués par hélicoptère, pourraient bien constituer l’arme fatale la plus astucieuse jamais trouvée pour lutter contre les moustiques. Expérimenté depuis quel-ques mois sur la rive droite du cours supérieur du Rhin, de Bâle (Suisse) à Mayence (Allemagne), le procédé sera appliqué dans toute la France, et notamment en Alsace (Est) sur la rive gauche du Rhin, dès la prochaine saison de lutte antimoustique, de mai à fin août. Le glaçon, de forme irrégulière et d’une taille allant jusqu’à 7 mm, renferme un insecticide biologique, le BTI (bacille thuringiensis israelensis, ainsi baptisé parce que découvert dans le désert du Neguev), fabriqué à partir des toxines sécrétées par cette bactérie. «L’insecticide est très propre, il ne tue que les larves de moustiques», qui se développent à la superficie des eaux dormantes, a indiqué Françoise Pfirsch, ingénieur employée par le SIVOM (syndicat intercommunal à vocations multiples) de Lauterbourg, qui regroupe dix communes du nord du département du Bas-Rhin pour coordonner la lutte contre les moustiques. Les glaçons, largués d’une nacelle héliportée au-dessus des rivières et des plans d’eau, s’enfoncent d’abord dans l’eau, puis remontent à la surface et libèrent le produit en fondant. Les larves meurent par éclatement des intestins, précise Norbert Becker, biologiste allemand et directeur scientifique de KABS, programme spécifique de lutte contre les moustiques financé à hauteur de 3 millions de marks (5 millions de dollars) par an par 100 communes. Les budgets engagés en France sont plus modestes: 500.000 FF (85.000 dollars) par an dans le Bas-Rhin, 350.000 (60.000 dollars) dans le Haut-Rhin. D’où l’intérêt de réduire par tous les moyens le coût des campagnes. Plus efficace Le prix du largage des glaçons par hélicoptère est estimé à 380 FF (60 dollars) à l’hectare, dont 250 (43 dollars) pour les glaçons et 130 (17 dollars) pour l’hélicoptère, moitié moins que la méthode utilisée depuis 1983 qu’il remplace, le largage de sable enrobé de BTI qui adhère à sa surface grâce à un produit huileux. Selon Francis Hanhart, responsable régional de la société d’hélicoptères Air Action, qui exploitera cette technique en exclusivité en France, en Belgique et au Luxembourg, 25 kg de glaçons à l’hectare sont actuellement nécessaires. Dans la méthode utilisant le sable, 250 g seulement de mélange atteignaient leur but sur 900 utilisés. «Les glaçons sont plus efficaces et il y a moins de pertes», dit-il. D’autant plus qu’une amélioration est vue: le largage de glaçons cylindriques plus petits (4 mm) qui permettrait de n’en utiliser que 10 kg à l’hectare. Grâce à la méthode aérienne, qui se conjugue avec des pulvérisations à pied (la plus grosse partie du traitement) ou par bateau, 90 à 95% des larves sont détruites, selon Mme Pfirsch, résultat considéré comme très satisfaisant. «Notre but n’est pas l’éradication du moustique, mais le confort des populations riveraines», explique-t-elle. L’élimination des larves reste indispensable lorsqu’on sait que le cours supérieur du Rhin héberge en moyenne 100 à 200 millions de larves à l’hectare et que chaque femelle pont quelque 200 œufs. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Des glaçons bourrés de bactéries, largués par hélicoptère, pourraient bien constituer l’arme fatale la plus astucieuse jamais trouvée pour lutter contre les moustiques. Expérimenté depuis quel-ques mois sur la rive droite du cours supérieur du Rhin, de Bâle (Suisse) à Mayence (Allemagne), le procédé sera appliqué dans toute la France, et notamment en Alsace (Est) sur la rive gauche du Rhin, dès la prochaine saison de lutte antimoustique, de mai à fin août. Le glaçon, de forme irrégulière et d’une taille allant jusqu’à 7 mm, renferme un insecticide biologique, le BTI (bacille thuringiensis israelensis, ainsi baptisé parce que découvert dans le désert du Neguev), fabriqué à partir des toxines sécrétées par cette bactérie. «L’insecticide est très propre, il ne tue que les larves de moustiques», qui...