Les crises asiatique et russe avec les risques de contagion à l’Amérique latine et de ralentissement économique dans les pays occidentaux ont cette semaine mis les nerfs à vif à la Bourse de Paris, où la moindre déception, le moindre faux pas ont pris des allures de catastrophe. A l’issue d’une semaine très heurtée, le bilan hebdomadaire était pour la neuvième fois consécutive négatif, de - 3,15%, l’indice CAC 40 tombant à 3.465,22 points. Depuis le début de l’année, les gains ont été ramenés à 15,55%. Le 20 juillet — jour du sommet historique — les valeurs affichaient un gain de 47%. Depuis cette date, la cote a perdu 21,3%. D’autant qu’en raison des événements économiques et financiers des derniers mois, les économistes ont commencé à réduire leurs prévisions de croissance. Il y a une semaine la Société Générale, l’une des principales banques françaises, chiffrait la perte de croissance pour l’Europe due à la crise russe à environ un quart de point pour 1999. Elle avertissait que ce scénario pourrait être corrigé de manière plus significative dans les semaines à venir en raison de la multiplication des risques. Mais les déclarations d’Alan Greenspan ont mercredi relancé les doutes sur la situation économique mondiale. Le président de la Réserve fédérale a relevé les premiers signes d’érosion de la croissance américaine et a constaté que les «forces déflationnistes continuaient à émerger» dans l’économie mondiale. Cette dégradation appelle selon les experts, aux rangs desquels des membres de la Bundesbank allemande, une baisse des taux d’intérêt aux Etats-Unis pour relancer la machine économique. Or M. Greenspan a affirmé cette semaine qu’il n’y avait aucun projet de réduction coordonnée des taux dans les grands pays industrialisés, provoquant ainsi une grande déception chez les investisseurs. Dans la foulée, le directeur général du FMI Michel Camdessus laissait présager dans une interview au Financial Times une révision de ses prévisions de croissance mondiale de 3,1% précédemment à 2% pour 1998. Dans ce climat morose, les réductions des perspectives de plusieurs groupes de premier plan ont mis le feu aux poudres. A Paris, Michelin annonçait une baisse le 12% de son bénéfice au premier semestre, Rhône-Poulenc décidait de fermer provisoirement une de ses usines aux Etats-Unis et à Londres Royal Dutch/Shell révisait de manière sévère ses perspectives bénéficiaires en raison de la faiblesse persistante des cours du pétrole. La Bourse sanctionnait avec vigueur ces déconvenues avant de se déchaîner jeudi sur Alcatel, un des titres favoris des analystes qui n’a plus pu être coté pendant plusieurs heures. Les autorités boursières ont même été obligées de mettre en place un système sans précédent pour traiter cette valeur bradée à la suite des propos tenus par Serge Tchuruk: le PDG du groupe de télécommunications avait dit s’attendre pour l’ensemble de l’année à «une performance opérationnelle ralentie par un contexte défavorable». Le titre abandonnait 38,4%. Du jamais vu en une séance. Vendredi l’action perdait encore 2,80% malgré la décision d’Alcatel de lancer un vaste projet de rachat de ses actions. Mais le climat n’est pas au catastrophisme. Ainsi, plusieurs analystes ne croient pas à un affaiblissement significatif de la demande intérieure en France et plus généralement en Europe même si la balance commerciale exercera sur la croissance un impact sérieusement négatif au cours des 2 à 3 trimestres à venir. Les économistes du Crédit Agricole s’attendent même à une réaccélération durant le second semestre 1999 grâce à une politique monétaire expansionniste. Pour l’an 2000 ils tablent sur une expansion d’au moins 3%. (AFP)
Les crises asiatique et russe avec les risques de contagion à l’Amérique latine et de ralentissement économique dans les pays occidentaux ont cette semaine mis les nerfs à vif à la Bourse de Paris, où la moindre déception, le moindre faux pas ont pris des allures de catastrophe. A l’issue d’une semaine très heurtée, le bilan hebdomadaire était pour la neuvième fois consécutive négatif, de - 3,15%, l’indice CAC 40 tombant à 3.465,22 points. Depuis le début de l’année, les gains ont été ramenés à 15,55%. Le 20 juillet — jour du sommet historique — les valeurs affichaient un gain de 47%. Depuis cette date, la cote a perdu 21,3%. D’autant qu’en raison des événements économiques et financiers des derniers mois, les économistes ont commencé à réduire leurs prévisions de croissance. Il y a une...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.