La baisse de la fécondité en Afrique est désormais «évidente», même si le rythme est variable selon les pays, indique un article publié dans «Population et Sociétés», le bulletin mensuel de l’Institut national d’études démographiques (INED), publié à Paris. Basé sur les résultats de plusieurs séries d’enquêtes locales, cet article indique que l’indice synthétique de fécondité a baissé «de manière significative» dans plusieurs pays. Le nombre d’enfants par femme est ainsi passé de 7,9 en 1977 à 5,4 en 1993 au Kenya, de 7,4 (enquête de 1980-1981) à 5,7 en 1994 en Côte d’Ivoire. Au Cameroun, ce chiffre a été réduit de 6,3 en 1978 à 5,8 en 1991. Au Ghana, il est passé de 6,5 (1979-1980) à 5,5 en 1993. En Ouganda, l’indice est tombé de 7,4 (1988-1989) à 6,9 en 1995, au Sénégal de 7,1 en 1978 à 5,7 en 1997, en Tanzanie de 6,5 (1991-1992) à 5,8 (1996), et en Zambie, de 6,5 en 1992 à 6,1 en 1996. Les chiffres pour le Rwanda sont moins récents, mais sont eux aussi en baisse: 6,2 en 1992, contre 8,5 en 1983. Enfin, le nombre d’enfants par femme a chuté de 5,3 (1988-1989) au Zimbabwe. Mais la baisse a été peu significative au Mali (6,9 en 1987 et 6,7 en 1995-1996) et au Nigeria (6,3 en 1981-1982 et 5,6 en 1990). Le mouvement a été plus précoce, et plus accusé en milieu urbain. Selon les deux auteurs de cet article, les démographes Thérèse Locoh et Jacques Vallin, «c’est par la scolarisation et le développement de l’économie monétaire que la ville favorise l’adoption de nouveaux comportements», comme le retard du mariage et l’adoption de pratiques contraceptives. La population d’Afrique subsaharienne (570 millions en 1995) est toutefois «appelée à croître rapidement durant encore quelques décennies», analysent les auteurs: dans l’hypothèse moyenne des Nations Unies, elle atteindrait 1,8 milliard de personnes en 2050, et dans l’hypothèse basse, «plus vraisemblable», elle dépasserait encore 1,5 milliard. Enfin, la baisse «ne règle pas les problèmes essentiels de développement économique et social, qui se posent avec acuité à des populations dont la croissance est loin d’être achevée», concluent-ils. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La baisse de la fécondité en Afrique est désormais «évidente», même si le rythme est variable selon les pays, indique un article publié dans «Population et Sociétés», le bulletin mensuel de l’Institut national d’études démographiques (INED), publié à Paris. Basé sur les résultats de plusieurs séries d’enquêtes locales, cet article indique que l’indice synthétique de fécondité a baissé «de manière significative» dans plusieurs pays. Le nombre d’enfants par femme est ainsi passé de 7,9 en 1977 à 5,4 en 1993 au Kenya, de 7,4 (enquête de 1980-1981) à 5,7 en 1994 en Côte d’Ivoire. Au Cameroun, ce chiffre a été réduit de 6,3 en 1978 à 5,8 en 1991. Au Ghana, il est passé de 6,5 (1979-1980) à 5,5 en 1993. En Ouganda, l’indice est tombé de 7,4 (1988-1989) à 6,9 en 1995, au Sénégal de 7,1 en...