Les islamistes égyptiens traqués dans les universités du sud
le 18 septembre 1998 à 00h00
A la recherche d’islamistes, les services de sécurité passent au peigne fin les dossiers de quelque 35.000 étudiants nouvellement inscrits dans les universités de Haute-Egypte, a-t-on appris de sources policières dans la région. Pour la première fois, la police mène des investigations préventives, à quelques jours de la rentrée universitaire, sur les nouveaux inscrits dans les universités de Miniya, d’Assiout, de Sohag et de Qéna, ont précisé les mêmes sources. Cette mesure vise à empêcher la Jamaa islamiya, principale organisation intégriste en Haute-Egypte, de disposer de militants dans le milieu universitaire, a-t-on expliqué. Les services de sécurité avaient eu la surprise de constater que trois des six auteurs — tous tués — du massacre de 58 vacanciers à Louxor (sud) en novembre dernier étaient des étudiants à l’université d’Assiout. Aucun n’était fiché comme islamiste. La rentrée scolaire et universitaire en Egypte a lieu samedi. Les 35.000 nouveaux étudiants de Haute-Egypte seront admis par étapes, dont la première portera sur 10.000. Les investigations seront notamment concentrées sur les lycéens ayant déjà été arrêtés pour des activités islamistes. Les services de sécurité dans les provinces de Haute-Egypte ont exigé des propriétaires des appartements meublés et loués aux étudiants de leur fournir les noms des nouveaux locataires. Ils comptent exclure des cités universitaires de la région tout étudiant islamiste. Les services de sécurité ont étendu leur enquête aux étudiants originaires de Haute-Egypte et qui devraient être admis dans des universités situées en dehors de cette région. Parallèlement à ces mesures, les services de sécurité ont récemment sommé les paysans de la province de Miniya de ne pas rester dans leur champ après le coucher du soleil. Cette mesure vise essentiellement à «assurer la sécurité des villageois et de les mettre à l’abri de toute confrontation entre policiers et activistes islamistes». Elle vise aussi à empêcher les activistes qui pourraient trouver refuge pendant la nuit dans des champs de recevoir du ravitaillement de la part de sympathisants. En outre, la police a insisté auprès des propriétaires de supermarchés, de restaurants ou d’épiceries de leur signaler les personnes qui achètent d’importante quantité de conserves, craignant qu’elles soient destinées aux islamistes retranchés dans les champs de canne à sucre ou les montagnes surplombant la Vallée du Nil. Ces dernières semaines, les services de sécurité ont intensifié les rafles dans le nord de la province de Miniya pour rechercher 15 activistes de la Jamaa. Les photos de ces derniers ont été distribuées dans les villes et les villages. La violence intégriste, déclenchée en mars 1992, a fait jusqu’ici 1.368 morts, selon un bilan établi à partir de sources policières. (AFP)
A la recherche d’islamistes, les services de sécurité passent au peigne fin les dossiers de quelque 35.000 étudiants nouvellement inscrits dans les universités de Haute-Egypte, a-t-on appris de sources policières dans la région. Pour la première fois, la police mène des investigations préventives, à quelques jours de la rentrée universitaire, sur les nouveaux inscrits dans les universités de Miniya, d’Assiout, de Sohag et de Qéna, ont précisé les mêmes sources. Cette mesure vise à empêcher la Jamaa islamiya, principale organisation intégriste en Haute-Egypte, de disposer de militants dans le milieu universitaire, a-t-on expliqué. Les services de sécurité avaient eu la surprise de constater que trois des six auteurs — tous tués — du massacre de 58 vacanciers à Louxor (sud) en novembre dernier étaient des...
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