La publication du rapport Starr sur Internet a constitué un événement historique non seulement pour la présidence américaine mais aussi pour la presse mondiale, en offrant au public la possibilité de s’informer directement, sans passer par les médias traditionnels. Aux Etats-Unis, où la toile est née, de nombreux spécialistes évoquaient depuis longtemps la chronique d’une mort annoncée, celle du journalisme, concurrencé par ses propres sources, capables de communiquer directement par l’intermédiaire de sites Internet. En 1997, plus de 350 journaux américains avaient déjà des éditions en ligne, seule solution, d’après certains, pour continuer à «exister», alors que la toile mondiale comptait déjà plus de 80 millions d’utilisateurs. D’autres quotidiens se lançaient dans le reportage sur Internet, assignant des journalistes à la couverture exclusive des informations délivrées sur le Net. Mais la brèche déjà ouverte est devenu faille: au cours de la première heure après la publication du rapport, vendredi, plus de 62.000 copies avaient été téléchargées, avant même que la plupart des médias, et la Maison-Blanche, aient pu lire et analyser le document de 445 pages. La publication du rapport de Kenneth Starr sur la liaison entre le président Bill Clinton et Monica Lewinsky sur Internet «prouve que la presse n’est plus nécessaire», a affirmé Stanford J. Hunger, directeur de l’Ecole de communication de l’Université américaine à Washington. Pour cet ancien journaliste au «Washington Post», le plus surprenant est sans doute que les médias traditionnels aient eux-mêmes ressenti le besoin de mettre le rapport à disposition du public sur leurs propres sites: «Si le «Washington Post» ne met pas le rapport en ligne, il n’existe plus», a-t-il affirmé. Une nouvelle démocratie Alors qu’en temps normal, ce type de documents est réservé aux journalistes, qui choisissent les extraits à publier et livrent leurs analyses, le rapport Starr a été mis à disposition des internautes sans aucun filtre. «Pour moi, c’est vraiment la nouvelle démocratie: tout est public et accessible», a constaté Lee Clontz, du Centre pour les nouveaux médias de l’Université Columbia à New York. «C’est extraordinaire (...). Désormais les gens pourront se forger un avis d’eux-mêmes», a estimé Franck Connolly, professeur à l’Université américaine et auteur de deux rapports sur Internet pour le Congrès. «Cela va dans le bon sens, (car) les citoyens vont être davantage informés, a déclaré John Pavlick, professeur à l’école de journalisme de l’Université Columbia. Mais les journalistes doivent évoluer: n’étant plus la source primaire d’information, ils doivent mettre l’accent sur l’analyse», a-t-il ajouté. Mais M. Clontz, comme beaucoup d’observateurs, a souligné que cette fois-ci il n’y avait pas de journalistes pour adoucir les descriptions «explicites» des ébats entre le président et l’ancienne stagiaire, auxquelles des enfants pourraient avoir accès. «Il y a eu beaucoup de discussions sur le problème de la diffusion de ce matériel explicite par la bibliothèque du Congrès», pourtant à majorité républicaine, a-t-il ajouté. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La publication du rapport Starr sur Internet a constitué un événement historique non seulement pour la présidence américaine mais aussi pour la presse mondiale, en offrant au public la possibilité de s’informer directement, sans passer par les médias traditionnels. Aux Etats-Unis, où la toile est née, de nombreux spécialistes évoquaient depuis longtemps la chronique d’une mort annoncée, celle du journalisme, concurrencé par ses propres sources, capables de communiquer directement par l’intermédiaire de sites Internet. En 1997, plus de 350 journaux américains avaient déjà des éditions en ligne, seule solution, d’après certains, pour continuer à «exister», alors que la toile mondiale comptait déjà plus de 80 millions d’utilisateurs. D’autres quotidiens se lançaient dans le reportage sur Internet,...