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Actualités - Chronologie

Manchester United : le club le plus riche du monde

Manchester United, que Rupert Murdoch espère bientôt voir tomber dans son escarcelle, est devenu le club de football le plus riche du monde, une véritable pompe à finances qui a poussé jusqu’au bout la logique de l’entreprise et de la maximisation des profits. Les actionnaires du club, coté en bourse depuis 1991 à l’instar de la plupart des autres grands clubs anglais, peuvent être satisfaits des performances récentes de leur société. Le titre s’est envolé de 30% en une seule journée, à l’annonce du rachat. La saison 1996-97 (derniers chiffres publiés) a permis de dégager un chiffre d’affaires de 88 millions de livres (145 millions de dollars), en hausse de 65% par rapport à la saison précédente, et de 35% par an au cours des cinq dernières années. Les bénéfices (avant impôts et transferts) ont fait un bond de 79%, pour atteindre 25 millions de livres (41 millions de dollars). Le trésor de guerre du club, qui lui permet, en théorie, de s’offrir les plus grands joueurs, est estimé à quelque 17 millions de livres (28 millions de dollars) par les consultants de Deloitte et Touche, et ses actifs à 72 millions de livres (118 millions de dollars). Manchester United est non seulement le plus riche des clubs anglais, il distance aussi de très loin tous les autres clubs européens. Il génère à lui seul l’équivalent de près de la moitié des revenus de l’ensemble des clubs de première division en France, et le quart de la totalité des équipes de la primera ligua italienne. La recette de ce succès repose avant tout sur les performances de l’équipe, quatre fois championne d’Angleterre en cinq ans, qui lui assurent un public fidèle. La vente des tickets et des programmes représente encore 30% des revenus. Il ne reste plus un seul abonnement à vendre pour les deux ans à venir, en dépit d’une hausse des tarifs de quelque 10% par an, trois fois supérieure à l’inflation. Le stade de Manchester contient quelque 55.000 personnes, et 12.000 nouvelles places vont être construites. Mais la locomotive de croissance de Manchester United est le «merchandising», la vente de produits aux couleurs des «Diables rouges»: des draps et taies d’oreillers, en passant par les montres, les tee-shirts, les horloges, le journal des fans traduit dans quelque 21 langues différentes pour ses millions de supporters, la commercialisation de produits rapporte désormais 28,7% du chiffre d’affaires. Plus de deux fois plus que les droits télévisés (12,6% du chiffre d’affaires), cédés comme ceux de tous les matches de première division à BSKYB, contrôlé par Rupert Murdoch. Un domaine que Manchester continue néanmoins à développer avec la création cet automne de la première chaîne de télévision entièrement consacrée à un club de football. Et qui sera payante bien sûr. La maximisation des profits ne s’est pas arrêtée au développement tous azimuts des ventes. Elle s’applique aussi à la «maîtrise des coûts», chère aux financiers de la City qui détiennent 60% du capital du club. Manchester United a dégagé ainsi un bénéfice en 1997 sur ses opérations de transferts et a dû renoncer récemment à «acquérir» le Chilien Marcelo Salas: le club a jusqu’à présent plafonné les salaires de ses joueurs, une décision qui l’a peut-être privé de quelques grands noms mais a singulièrement amélioré la courbe de ses bénéfices. (AFP)
Manchester United, que Rupert Murdoch espère bientôt voir tomber dans son escarcelle, est devenu le club de football le plus riche du monde, une véritable pompe à finances qui a poussé jusqu’au bout la logique de l’entreprise et de la maximisation des profits. Les actionnaires du club, coté en bourse depuis 1991 à l’instar de la plupart des autres grands clubs anglais, peuvent être satisfaits des performances récentes de leur société. Le titre s’est envolé de 30% en une seule journée, à l’annonce du rachat. La saison 1996-97 (derniers chiffres publiés) a permis de dégager un chiffre d’affaires de 88 millions de livres (145 millions de dollars), en hausse de 65% par rapport à la saison précédente, et de 35% par an au cours des cinq dernières années. Les bénéfices (avant impôts et transferts) ont fait un...