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Actualités - Chronologie

Effervescence pacifiste au Pays Basque avant les élections

Les initiatives pour tenter de débloquer le conflit basque s’accélèrent dans la confusion, à quelques semaines des élections au Pays basque en pleine effervescence. Le scrutin, prévu le 25 octobre, doit permettre de renouveler le Parlement, qui est dominé par les nationalistes modérés, favorables à plus d’autonomie pour cette région en proie à la violence des séparatistes de l’ETA depuis 30 ans. Aucun bouleversement n’est envisagé dans les scores des divers partis, selon les sondages, mais la plupart des analystes reconnaissent que le climat a changé ces derniers mois au Pays basque, où l’exemple récent de la pacification irlandaise fait tache d’huile. Le rapprochement au sein du nationalisme basque, malgré la poursuite des attentats de l’ETA (6 morts en 1998), constitue le tournant le plus spectaculaire dans l’évolution du conflit ces derniers mois. Depuis février, des responsables de la formation majoritaire au pouvoir dans la région, le Parti nationaliste basque (PNV, modéré) et de la coalition indépendantiste Herri Batasuna (HB), bras politique de l’ETA, se réunissent discrètement toutes les semaines pour jeter les bases d’une solution politique du conflit. Une nouvelle direction de HB a remplacé en février les 23 dirigeants de la coalition qui ont été incarcérés pour collaboration avec l’ETA. Pour le PNV, la nouvelle équipe fait preuve d’ouverture et de «dispositions différentes». «Nous vivons les derniers moments de la violence», estime le président du PNV Xabier Arzalluz. La perspective d’une trêve de l’ETA avant les élections ou immédiatement après fait l’objet de spéculations croissantes dans la presse. Union sacrée Ces contacts entre nationalistes, élargis à d’autres secteurs comme les syndicats, ont permis de rédiger un document de consensus sur les grandes lignes d’un accord politique en vue de la prochaine législature, selon des sources indépendantistes. Mais si des accords parlementaires ponctuels sont envisageables entre HB et PNV, une participation des séparatistes au sein d’un gouvernement nationaliste est pour l’instant exclue de part et d’autre. L’autre geste d’ouverture de HB a été le lancement la semaine dernière d’une plate-forme électorale, Euskal Herritarrok (EH, «citoyens basques») intégrant, outre HB, d’anciens dissidents de la coalition et des personnalités opposées à la violence de l’ETA. Jusqu’à présent, HB n’a jamais condamné les attentats de l’ETA. Devant ce regroupement des forces nationalistes, les grands partis espagnols, le Parti populaire (PP, au pouvoir à Madrid) et le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE, opposition), ont réagi dans la dispersion. L’union sacrée dans la lutte antiterroriste, qui était un des rares points d’accord entre ces deux formations, s’est fissurée avec un récent appel des socialistes au gouvernement pour qu’il lance une offre de paix à l’ETA. Le chef du PSOE, Joaquin Almunia, a justifié cette offre par la crainte de perdre l’initiative dans un éventuel processus de paix négocié par les seuls nationalistes. «Nous ne pouvons pas rester les bras croisés», affirme-t-il. Face à ces initiatives qui partent en tous sens, le gouvernement conservateur de José Maria Aznar soutient la fermeté contre l’ETA et son bras politique. (AFP)
Les initiatives pour tenter de débloquer le conflit basque s’accélèrent dans la confusion, à quelques semaines des élections au Pays basque en pleine effervescence. Le scrutin, prévu le 25 octobre, doit permettre de renouveler le Parlement, qui est dominé par les nationalistes modérés, favorables à plus d’autonomie pour cette région en proie à la violence des séparatistes de l’ETA depuis 30 ans. Aucun bouleversement n’est envisagé dans les scores des divers partis, selon les sondages, mais la plupart des analystes reconnaissent que le climat a changé ces derniers mois au Pays basque, où l’exemple récent de la pacification irlandaise fait tache d’huile. Le rapprochement au sein du nationalisme basque, malgré la poursuite des attentats de l’ETA (6 morts en 1998), constitue le tournant le plus spectaculaire...