Une loi interdisant la sorcellerie, décrétée sous l’apartheid, a provoqué une chasse aux sorcières meurtrière en Afrique du Sud, ont déclaré des avocats lors d’une conférence sur cette pratique organisée à Tohoyandou, ville d’une région très touchée par ce problème dans le nord du pays. «Il y a eu une escalade dramatique des meurtres et neutralisations de sorcières depuis l’entrée en vigueur de la loi sur la sorcellerie» en 1957, a déclaré un professeur d’université spécialiste de loi africaine, John Hund, lors de cette conférence, qui aura notamment pour invité le vice-président Thabo Mbeki. Ce type de violence est largement pratiqué dans les zones rurales d’Afrique du Sud où 442 cas ont été rapportés par la police cette année. La province du Nord, qui abrite l’ancien bantoustan du Venda et dont Thohoyandou était la capitale, est particulièrement touchée par ce fléau car cette ancienne réserve, créée par les autorités blanches, fait partie des régions les plus sous-développées du pays. Avant l’entrée en vigueur de la loi antisorcellerie, les personnes qui croyaient être la victime d’un sort pouvaient aller demander conseil à leur chef de tribu, a rappelé M. Hund. «Maintenant, c’est interdit et ils n’ont nulle part où aller», a-t-il noté. Il ne leur reste plus qu’à s’en prendre aux sorcières ou sorciers présumés. Ces commentaires interviennent peu après les témoignages de plusieurs victimes de chasses aux sorcières, dont des guérisseurs traditionnels (herbalistes), qui ont relaté des expériences terrifiantes. Nombre d’entre eux ont déclaré avoir été presque lynchés par la foule qui les soupçonnaient de sorcellerie. Selon un document de la police soumis à cette conférence, 97 femmes et 46 enfants, accusés de sorcellerie, ont été tués en Afrique du Sud entre avril 1994 (période des premières élections multiraciales) et février 1995. Le président de la commission des droits de l’homme d’Afrique du Sud, Barney Pityana, a estimé que la violence liée à la sorcellerie avait eu pour effet, en particulier dans les zones rurales, de briser des familles et des communautés. «C’est un signe de maladie dans notre communauté, de difficulté d’ajustement, a-t-il estimé. Les croyances et pratiques de sorcellerie ont un effet paralysant sur les gens». Une loi antisorcellerie n’est pas nécessaire, a-t-il toutefois ajouté. «Les gens doivent être libres de pratiquer et de croire à la sorcellerie tant qu’ils ne violent pas les droits des autres». (AFP)
Une loi interdisant la sorcellerie, décrétée sous l’apartheid, a provoqué une chasse aux sorcières meurtrière en Afrique du Sud, ont déclaré des avocats lors d’une conférence sur cette pratique organisée à Tohoyandou, ville d’une région très touchée par ce problème dans le nord du pays. «Il y a eu une escalade dramatique des meurtres et neutralisations de sorcières depuis l’entrée en vigueur de la loi sur la sorcellerie» en 1957, a déclaré un professeur d’université spécialiste de loi africaine, John Hund, lors de cette conférence, qui aura notamment pour invité le vice-président Thabo Mbeki. Ce type de violence est largement pratiqué dans les zones rurales d’Afrique du Sud où 442 cas ont été rapportés par la police cette année. La province du Nord, qui abrite l’ancien bantoustan du Venda et...
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