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Actualités - Chronologie

Les accords d'Oslo : ce qui marche malgré tout

Les ratés des accords d’Oslo sont évidents, les acquis le sont moins. Pourtant, cinq ans après leur compromis historique, Israéliens et Palestiniens poursuivent discrètement une coopération. Les dirigeants politiques des deux bords se parlent à peine, mais les militaires maintiennent le contact sur le terrain, ce qui a notamment permis d’éviter en juillet qu’un incident isolé dans la bande de Gaza ne dégénère en bataille rangée. Tous les jours, militaires israéliens et policiers palestiniens patrouillent ensemble en jeep sur des itinéraires fixés par les accords d’autonomie afin d’intervenir le cas échéant. Ce spectacle impensable avant Oslo est à ce point banal qu’on a pu voir début septembre des officiers israéliens et palestiniens pique-niquer au bord de la mer Morte et s’affronter pacifiquement au football et au tric-trac. «La coopération entre forces de sécurité est beaucoup plus poussée que le gouvernement israélien et l’Autorité palestinienne ne veulent l’admettre», estime l’un des principaux architectes des accords d’Oslo, M. Uri Savir. «Elle a évité des catastrophes», note-t-il. Animateur d’un «Centre pour la paix» présidé par l’ancien premier ministre Shimon Pérès, M. Savir rappelle «les rodomontades heureusement sans lendemain de colons qui promettaient de tirer à vue sur des policiers palestiniens». Les grands projets de coopération économique bilatérale sont restés lettre morte, mais les hommes d’affaires et les experts se rencontrent pour trouver des solutions de rechange. Des réunions auxquelles prennent part des dizaines d’hommes d’affaires et des spécialistes en agronomie et en hydrologie se tiennent sous l’égide d’un organisme de recherches israélo-palestinien, l’IPCRI. «Les réalités économiques nous obligent à coopérer», note l’ancien directeur du ministère israélien des Finances, Ezra Sadan. «La seule solution pour accroître le revenu moyen des Palestiniens — 2.000 dollars par an et par habitant —, c’est qu’Israël emploie 200.000 ouvriers palestiniens au lieu de 100.000, en réduisant d’autant sa main-d’œuvre étrangère», estime-t-il. Hormis une brève période initiale d’euphorie, les accords d’Oslo n’ont pas mis fin à l’hostilité entre les deux peuples, nourrie par une occupation de plus de trois décennies et des conflits. Des groupes de jeunes des deux bords se rencontrent toutefois et des programmes sur la coexistence commencent même à être enseignés. Une colonie de vacances a ainsi rassemblé cette année 120 jeunes Palestiniens et Israéliens sur le thème de la préservation de l’environnement. Un programme d’éducation à la paix sera en outre enseigné dans 17 lycées palestiniens et 17 écoles du secondaire en Israël, a indiqué M. Marwane Darwich, l’animateur palestinien du projet financé par des philanthropes européens. «Le programme-pilote évite les débats historiques trop directs et met l’accent sur les idées de coexistence entre les peuples et de défense des droits de l’homme, à travers la littérature et l’éducation civique», précise-t-il. (AFP)
Les ratés des accords d’Oslo sont évidents, les acquis le sont moins. Pourtant, cinq ans après leur compromis historique, Israéliens et Palestiniens poursuivent discrètement une coopération. Les dirigeants politiques des deux bords se parlent à peine, mais les militaires maintiennent le contact sur le terrain, ce qui a notamment permis d’éviter en juillet qu’un incident isolé dans la bande de Gaza ne dégénère en bataille rangée. Tous les jours, militaires israéliens et policiers palestiniens patrouillent ensemble en jeep sur des itinéraires fixés par les accords d’autonomie afin d’intervenir le cas échéant. Ce spectacle impensable avant Oslo est à ce point banal qu’on a pu voir début septembre des officiers israéliens et palestiniens pique-niquer au bord de la mer Morte et s’affronter pacifiquement au...