L’homme fort du Cambodge, Hun Sen, a mis à exécution sa menace de disperser les manifestations de l’opposition, en lançant la police anti-émeute contre ses partisans qui campent devant l’Assemblée nationale. Les policiers ont investi un parc, devant l’Assemblée, occupé depuis deux semaines par des opposants qui avaient rebaptisé leur camp de fortune «Place de la Démocratie». Les manifestants ont pris la fuite lorsque cinq camions de pompiers ont arrosé la foule et que les policiers les ont menacés avec des matraques électriques, frappant ceux qui résistaient. Le campement a été détruit. La police a tiré des coups d’armes automatiques au-dessus des têtes afin de repousser les manifestants à plusieurs centaines de mètres des abords de l’Assemblée, apparemment sans faire de victime. Un chauffeur de moto avait été tué et trois autres personnes blessées dans un incident précédent lorsque les policiers avaient tiré en l’air pour disperser une foule agglutinée devant le grand hôtel Cambodiana, où est réfugié l’opposant Sam Rainsy. Selon des moines bouddhistes et l’opposition, un bonze a également été tué par la police mais cette information n’a pu être confirmée. Plusieurs milliers de partisans de l’opposition s’étaient par la suite de nouveau regroupés dans le centre de Phnom Penh, aux abords du Cambodiana et de l’Assemblée nationale. Hun Sen, le second premier ministre, avait exigé des manifestants qu’ils se dispersent à la suite d’une attaque à la grenade contre sa résidence de Phnom Penh, qu’il a attribuée aux organisateurs des manifestations, en particulier à Sam Rainsy. M. Rainsy, qui s’est placé sous la protection de l’ONU au Cambodiana, a pu sortir de l’hôtel pour quelques heures afin de rencontrer l’autre chef de l’opposition, le prince Norodom Ranariddh, avant d’y revenir. Il n’a fait aucun commentaire. Hun Sen avait laissé entendre que l’arrestation de M. Rainsy avait été ordonnée, mais le ministère de l’Intérieur a précisé qu’aucun mandat d’arrêt n’avait été prononcé. Un haut responsable du ministère de l’Intérieur, Prum Sokha, avait discuté avec des cadres du parti FUNCINPEC pour tenter d’apaiser la tension autour des manifestations de rues. La situation, de plus en plus volatile, n’a cessé de se détériorer à Phnom Penh depuis les élections législatives du 26 juillet. L’opposition, qui les a officiellement perdues, en conteste les résultats, selon elle entachés de fraude. Le FUNCINPEC et le parti de Sam Rainsy menacent de boycotter la nouvelle Assemblée, qui doit se réunir pour la première fois le 24 septembre, et exigent la démission de Hun Sen. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’homme fort du Cambodge, Hun Sen, a mis à exécution sa menace de disperser les manifestations de l’opposition, en lançant la police anti-émeute contre ses partisans qui campent devant l’Assemblée nationale. Les policiers ont investi un parc, devant l’Assemblée, occupé depuis deux semaines par des opposants qui avaient rebaptisé leur camp de fortune «Place de la Démocratie». Les manifestants ont pris la fuite lorsque cinq camions de pompiers ont arrosé la foule et que les policiers les ont menacés avec des matraques électriques, frappant ceux qui résistaient. Le campement a été détruit. La police a tiré des coups d’armes automatiques au-dessus des têtes afin de repousser les manifestants à plusieurs centaines de mètres des abords de l’Assemblée, apparemment sans faire de victime. Un chauffeur de moto...