Un peu plus d’un an après l’élection du président modéré Mohammad Khatami, un vif débat politique agite l’Iran, portant cette fois sur l’ouverture aux femmes et aux laïcs d’une institution-clé contrôlée par le clergé chiite, l’Assemblée des experts. Ce haut conseil jusqu’à présent composé d’hommes portant le turban du clergé, fait face à une forte pression pour qu’il reflète davantage le pays réel à l’occasion de son renouvellement au suffrage universel le 23 octobre. Cette évolution est réclamée par les partisans du président Mohammad Khatami, pour qui l’élection massive l’an dernier du chef de l’Etat modéré traduit une aspiration profonde à plus de démocratie et à une meilleure représentation de la société civile dans l’appareil du régime. L’Assemblée des experts, dominée par les religieux conservateurs, comprend 86 membres élus au suffrage universel pour huit ans. Les «experts» sont chargés de désigner, et le cas échéant révoquer, le guide de la République islamique, numéro un du régime et successeur de l’ayatollah Khomeiny. Cette fonction théocratique et politique, appelée «Velayat-é faghi», est actuellement assurée par l’ayatollah Ali Khamenei. La liste des candidats à l’élection du 23 octobre comprend 350 religieux représentant les diverses factions du régime mais également 46 laïcs, parmi lesquels neuf femmes. Ces candidatures doivent encore passer au crible du Conseil des gardiens, une institution très conservatrice chargée de faire une sélection des candidats en fonction de leur moralité, leur engagement envers le régime et leur degré de connaissances religieuses. Accusations Ce conseil est régulièrement accusé par la gauche et les modérés iraniens de barrer la route aux candidatures qui gênent les conservateurs. Le porte-parole du Conseil des gardiens, l’ayatollah Emami Kachani, est toutefois allé dans le sens de l’ouverture en déclarant qu’il n’existait «aucune disposition légale pour empêcher la candidature des femmes et des non-religieux» à l’Assemblée des experts. Selon M. Kachani, «hommes et femmes, religieux et laïcs, peuvent être autorisés à poser leur candidature pourvu qu’ils présentent les qualités morales et politiques requises, et possèdent le degré de connaissances religieuses nécessaire». «La présence de femmes dans cette assemblée la rendra plus sensible aux questions touchant à la condition féminine», a ajouté un haut responsable du ministère de l’Intérieur, Ashraf Bouroudjerdi. Pour le vice-président chargé des affaires sociales et du développement, Abdollah Nouri, une bête noire des conservateurs, «cette assemblée doit comprendre des religieux, des politiques, des gens issus du monde de la culture et de l’administration». La transformation en forum pluraliste et socialement diversifié d’une assemblée religieuse au fonctionnement feutré, bastion de l’autoritarisme théocratique, n’est toutefois pas du goût des cercles conservateurs. «Certains cercles et certaines publications veulent faire entrer des individus porteurs d’idées négatives pour affaiblir de l’intérieur le principe de la direction du pays par le Velayat-é faghi», a affirmé pour sa part l’ayatollah Reza Ostadi, chef de la très conservatrice association des professeurs de théologie de la ville sainte de Qom. «L’Assemblée des experts n’est pas un Parlement. Ce n’est pas elle qui vote le prix du pain. Un politicien qui ne connaît rien à l’islam n’y a pas sa place», a déclaré l’ayatollah Mohammad Yazdi, l’influent chef du pouvoir judiciaire. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Un peu plus d’un an après l’élection du président modéré Mohammad Khatami, un vif débat politique agite l’Iran, portant cette fois sur l’ouverture aux femmes et aux laïcs d’une institution-clé contrôlée par le clergé chiite, l’Assemblée des experts. Ce haut conseil jusqu’à présent composé d’hommes portant le turban du clergé, fait face à une forte pression pour qu’il reflète davantage le pays réel à l’occasion de son renouvellement au suffrage universel le 23 octobre. Cette évolution est réclamée par les partisans du président Mohammad Khatami, pour qui l’élection massive l’an dernier du chef de l’Etat modéré traduit une aspiration profonde à plus de démocratie et à une meilleure représentation de la société civile dans l’appareil du régime. L’Assemblée des experts,...