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Actualités - Chronologie

Les ukrainiens se débarrassent de leur monnaie dévaluée

La nervosité a gagné la capitale de l’Ukraine après la dévaluation de facto de la monnaie nationale, les Kieviens se précipitant pour se débarrasser de leurs hryvnias, tandis que les étiquettes commencent à valser. Vladimir Mazour, vendeur au marché de 27 ans, fait la permanence près d’un bureau de change à Obolon, un quartier périphérique de Kiev en attendant que celui-ci soit approvisionné en dollars. Il n’en a trouvé dans aucun des dix bureaux précédents dans lesquels il s’est rendu. «Je resterai ici jusqu’à ce que je puisse vendre mes hryvnias», affirme-t-il. «Il faut résoudre ce problème d’urgence, parce que si lundi le dollar s’échange à 3,5, je suis ruiné», poursuit-il. Les autorités monétaires ukrainiennes ont élargi vendredi la marge de fluctuation de la monnaie lui permettant d’osciller entre 2,5 et 3,5 hryvnias pour un dollar, contre 1,8 et 2,25 précédemment. Cette décision signifie une dévaluation de facto de la monnaie ukrainienne de 35%. Pourtant dans des points de change à Kiev le dollar s’échange encore aux environs de 2,5 hryvnias comme au cours de la semaine. Deux instituteurs entre deux âges, vêtus modestement mais avec soin, et qui se présentent comme Ioulia et Slavik, attendent près d’un point de change au centre de Kiev de pouvoir convertir en dollars leur dernier salaire de 115 hryvnias (environ 50 dollars). «Cela nous aidera à survivre ce mois», explique Ioulia. Les caissières des bureaux de change cachent avec peine leur étonnement. «C’est incroyable. Il y avait une dizaine de personnes au guichet dès avant l’ouverture à 8 heures du matin», s’exclame Tamara Matveïeva. Elle dit aux gens de passer plus tard pour tenter leur chance. Depuis cinq jours, les clients ne vendent presque plus de dollars. Si auparavant un bureau de change achetait quelque trois mille dollars par jour, cette semaine le montant des ventes n’a pas dépassé 500 dollars, expliquent les caissières. «Pour tous les gens (qui se présentent à la caisse), c’est moi qui suis coupable et pas la crise économique», lance Mme Matveôieva, qui fume et prend des médicaments pour supporter la mauvaise humeur des clients. «Mes nerfs ne tiennent plus le coup», avoue-t-elle. Sa collègue Irina, qui travaille dans un bureau voisin, en perd déjà la tête: «Je ne sais plus où aller, à l’église ou chez les guérisseuses, pour me débarrasser des malédictions lancées par les clients», assure-t-elle. La famille Vassilenko, lasse de parcourir les bureaux de change, prend une décision plus pragmatique: investir ses économies dans une machine à laver désirée de longue date. Il leur faudra faire vite: le prix des machines à laver a déjà augmenté de 20% depuis le début du mois et il augmentera encore de 40%, pronostique à voix basse un vendeur qui refuse de donner son nom. Les Kieviens moins aisés, eux, achètent du savon et du dentifrice en grandes quantités. Là, pas de cachotteries de la part des vendeurs: les deux tiers d’entre eux passent leur temps à changer les étiquettes sous les yeux des clients furieux. (AFP)
La nervosité a gagné la capitale de l’Ukraine après la dévaluation de facto de la monnaie nationale, les Kieviens se précipitant pour se débarrasser de leurs hryvnias, tandis que les étiquettes commencent à valser. Vladimir Mazour, vendeur au marché de 27 ans, fait la permanence près d’un bureau de change à Obolon, un quartier périphérique de Kiev en attendant que celui-ci soit approvisionné en dollars. Il n’en a trouvé dans aucun des dix bureaux précédents dans lesquels il s’est rendu. «Je resterai ici jusqu’à ce que je puisse vendre mes hryvnias», affirme-t-il. «Il faut résoudre ce problème d’urgence, parce que si lundi le dollar s’échange à 3,5, je suis ruiné», poursuit-il. Les autorités monétaires ukrainiennes ont élargi vendredi la marge de fluctuation de la monnaie lui permettant...