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Actualités - Chronologie

Méthode forte pour un centre de réinsertion de toxicomanes aux Pays-Bas

Perchée sur une digue au bord d’un canal, une ancienne demeure bourgeoise de Rotterdam accueille une expérience qui se veut unique en Europe de réinsertion sociale des cas les plus extrêmes de toxicomanie, en optant pour une méthode forte associant prison et sevrage. Le Centre d’accueil pénal pour toxicomanes de Rotterdam est prévu pour 20 toxicomanes, en moyenne âgés de «38 ans, drogués depuis 12 ans, tombés dans la criminalité après un an d’usage de drogue, et arrêtés 135 fois par an par la police», explique son directeur, Tom Quadt. Outre la lutte contre la petite criminalité, le programme de réinsertion (SOV) veut réorganiser en deux ans la vie de ses participants, en leur garantissant à terme un emploi, un domicile, une couverture et un réseau social ainsi que le remboursement total de leurs dettes. L’expérience-pilote sert de test pour un projet de loi que le Parlement néerlandais doit examiner cet automne. Son adoption donnerait le feu vert à l’instauration d’environ 200 centres similaires aux Pays-Bas. «Homme à poigne» doté de 15 ans d’expérience dans les services de réinsertions de Rotterdam, qui compte 4.000 toxicomanes, Tom Quadt se dit fatigué des échecs de méthodes de réinsertion plus douces. Contrairement à la pratique en vogue aux Pays-Bas, «nous ne sommes pas intéressés par l’histoire personnelle de chaque drogué, nous ne pleurons pas sur son triste sort. Ce qui nous intéresse c’est aujourd’hui et demain», souligne-t-il. «En 12 ans de drogue, souvent passés à la rue et dans la misère la plus totale, ils ont perdu tout contact avec notre monde. Nous essayons de leur apprendre une nouvelle manière de vivre». Comment? «A la dure», affirme M. Quadt, «en imposant un véritable changement d’attitude». Par contrat, et en échange des services rendus par le SOV, les toxicomanes sont contraints d’obéir aux multiples règles du SOV, dont l’interdiction de toute drogue, y compris le cannabis. Les deux années sont découpées en trois phases successives: 6 à 8 mois d’incarcération, 6 mois en semi-détention dans le centre de Rotterdam, et 6 à 12 mois en liberté durant lesquels les ex-toxicomanes sont suivis par des responsables de l’expérience. Si l’un d’entre eux enfreint les règles pendant ces deux ans ou retombe dans le milieu de la drogue à la fin du programme, il est immédiatement renvoyé en prison. «La menace d’un séjour en prison pèse lourd sur leurs épaules», explique Tom Quadt. Depuis le début de l’expérience en octobre 1996, 130 toxicomanes ont demandé à participer au programme, 6 sur les 11 qui avaient commencé en 1996 l’ont mené à bien, et 61 y prennent part actuellement. «Il faut comprendre l’ampleur de l’effort qu’ils fournissent. Il s’agit parfois d’hommes de 40 ans qui ont le comportement social d’un jeune de 18 ans», indique M. Quadt. Soulignant le reflux de l’insécurité à Rotterdam, il évalue à 9.500 le nombre de délits évités par le SOV. Mais «avant tout, nous offrons une chance aux toxicomanes. Pour eux, c’est la possibilité d’une nouvelle vie, avec la fin de la misère quotidienne». Selon Tom Quadt, une place de SOV coûte 75.000 NLG (32.500 USD) par an, contre 98.000 NLG dans une clinique de désintoxication, et l’expérience soulage le coût de la lutte contre la petite criminalité. La bataille parlementaire n’est cependant pas encore gagnée. Libéraux, chrétien-démocrates et centristes se reconnaissent dans cette méthode à la dure et sont largement favorables au SOV. Les écologistes s’y opposent farouchement, le jugeant trop «policier et autoritaire». En position d’arbitres, les travaillistes du premier ministre Wim Kok se grattent encore la tête, tiraillés entre le rejet d’une méthode trop sévère et la nécessité de nouveaux modes de réinsertion: «La balle est dans leur camp», estime Tom Quadt. (AFP)
Perchée sur une digue au bord d’un canal, une ancienne demeure bourgeoise de Rotterdam accueille une expérience qui se veut unique en Europe de réinsertion sociale des cas les plus extrêmes de toxicomanie, en optant pour une méthode forte associant prison et sevrage. Le Centre d’accueil pénal pour toxicomanes de Rotterdam est prévu pour 20 toxicomanes, en moyenne âgés de «38 ans, drogués depuis 12 ans, tombés dans la criminalité après un an d’usage de drogue, et arrêtés 135 fois par an par la police», explique son directeur, Tom Quadt. Outre la lutte contre la petite criminalité, le programme de réinsertion (SOV) veut réorganiser en deux ans la vie de ses participants, en leur garantissant à terme un emploi, un domicile, une couverture et un réseau social ainsi que le remboursement total de leurs dettes....