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Actualités - Biographies

Jean Kambanda, l'homme-clé du génocide

L’ex-premier ministre rwandais, Jean Kambanda, condamné vendredi à la réclusion à perpétuité, est le seul accusé du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPR) à avoir plaidé coupable, devenant potentiellement un témoin à charge essentiel pour les procès à venir. Jean Kambanda, aujourd’hui âgé de 42 ans, a été chef du gouvernement provisoire mis en place après l’assassinat, le 7 avril 1994, de son prédécesseur Agathe Uwilingiyimana, l’une des premières victimes du bain de sang déclenché par l’attentat, la veille, contre l’avion du président hutu Juvenal Habyarimana. Sous l’autorité de Kambanda, le Rwanda plonge dans le chaos du génocide. Miliciens hutus «Interahamwe», agents gouvernementaux et responsables militaires orchestrent les massacres des Tutsis et Hutus modérés, dûment répertoriés sur des listes et arrêtés chez eux ou aux barrages routiers, avant d’être exécutés sur place. Entre 500.000 et 800.000 personnes ont été massacrées. Cet homme mince, d’apparence effacée, le visage rond caché derrière de grosses lunettes, fait partie du sérail de la politique extrémiste hutue rwandaise. Né le 19 octobre 1955 à Gishwamvu, dans la préfecture de Butare, Jean Kambanda fait des études d’économie. Il devient membre du comité directeur des banques populaires, coopératives d’épargne et de crédits, essentiellement implantées en milieu rural. Il profite de la réintroduction du multipartisme au Rwanda en juin 1991 pour rallier le Mouvement démocrate républicain (MDR), parti de l’ancien premier ministre Grégoire Kayibanda, renversé en mai 1973 par le général Habyarimana. Le MDR est particulièrement bien implanté dans le sud du Rwanda. Kambanda est élu vice-président de la préfecture de Butare et s’impose peu à peu comme l’un des tenants de la ligne dure du parti. Lorsque le MDR se divise en deux factions — favorable et opposée aux négociations avec la rébellion tutsie — Kambanda tente vainement d’évincer Agathe Uwilingiyimana, une modérée, nommée premier ministre en juillet 1993. Le 7 avril, elle est assassinée. Le 8, Kambanda devient premier ministre d’un gouvernement composé de représentants de cinq partis politiques, en réalité organisé autour des défenseurs du «pouvoir Hutu». La plupart sont originaires du sud du pays, certains ont déjà participé à des massacres ethniques, tous sont avides désormais d’appliquer la «solution finale». Kambanda apparaît politiquement peu puissant, mais il incite publiquement aux massacres, distribue des armes et sert de paravent aux exactions d’individus comme le ministre de la Défense, Augustin Bizimana, ou son directeur de cabinet, le colonel Théoneste Bagosora, organisateurs de la logistique des massacres. En fuite au moment de la chute de Kigali aux mains du Front patriotique rwandais (FPR, dominé par la minorité tutsie), en juillet 1994, il se réfugie d’abord au Zaïre, où il échoue à créer un «gouvernement en exil». En décembre, il affirme être prêt à se soumettre à la justice internationale mais ne se rend pas. Il est finalement arrêté au Kenya le 18 juillet 1997 et assigné à résidence à Dodoma (centre de la Tanzanie), séparé des autres accusés qui sont détenus dans la prison du TPR, à Arusha. (AFP)
L’ex-premier ministre rwandais, Jean Kambanda, condamné vendredi à la réclusion à perpétuité, est le seul accusé du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPR) à avoir plaidé coupable, devenant potentiellement un témoin à charge essentiel pour les procès à venir. Jean Kambanda, aujourd’hui âgé de 42 ans, a été chef du gouvernement provisoire mis en place après l’assassinat, le 7 avril 1994, de son prédécesseur Agathe Uwilingiyimana, l’une des premières victimes du bain de sang déclenché par l’attentat, la veille, contre l’avion du président hutu Juvenal Habyarimana. Sous l’autorité de Kambanda, le Rwanda plonge dans le chaos du génocide. Miliciens hutus «Interahamwe», agents gouvernementaux et responsables militaires orchestrent les massacres des Tutsis et Hutus modérés, dûment...