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Actualités - Chronologie

Clinton ce matin en Ulster pour enraciner la paix

Bill Clinton entend mettre à profit aujourd’hui jeudi la traditionnelle influence américaine en Ulster pour faire progresser la paix, en demandant au camp catholique républicain des gages supplémentaires de sa conversion à la non-violence, trois semaines après le carnage d’Omagh. Protégé par un dispositif de sécurité sans précédent, le président des Etats-Unis, qui arrive ce matin à Belfast en provenance de Moscou, sera dans la soirée sur les lieux du pire attentat de l’histoire troublée de la province britannique. Un acte revendiqué par les extrémistes catholiques républicains de l’IRA-véritable. Il y déposera une gerbe en hommage aux 28 victimes et réconfortera quelques-uns des 200 blessés. Mais il devrait surtout rappeler «ce qu’il faut pour faire entrer dans les réalités» l’accord historique de paix du 10 avril dernier, a expliqué l’un de ses conseillers, Jim Steinberg. Dès mardi, l’aile politique de l’IRA, le Sinn Fein de Gerry Adams, qu’il avait reçu à la Maison-Blanche dès 1995, avait donné un gage. Le Sinn Fein a appelé tous les protagonistes à renoncer à tout jamais à la violence, une déclaration immédiatement saluée par le président américain. Le geste est significatif mais il reste à confirmer par une déclaration de l’IRA, alors que les protestants ne cessent de réclamer à l’Armée républicaine irlandaise un cessez-le-feu définitif et une reddition de son arsenal. Bill Clinton devrait enfoncer le clou en disant «qu’il n’y a plus de place pour la violence dans ce processus et que chacun doit définitivement y renoncer», a expliqué son conseiller. Le poids du président des Etats-Unis est loin d’être négligeable sur le camp républicain d’Irlande du Nord. Forts d’une communauté catholique irlandaise de 40 millions de personnes gagnées à la cause républicaine, les Etats-Unis ont toujours pesé lourd dans les affaires de la province. Longtemps, les Américains ont surtout représenté aux yeux des protestants ceux qui finançaient activement le mouvement républicain, en particulier l’IRA. Nuit blanche La suspicion est tenace: les protestants s’étaient opposés à une visite en Ulster du président américain en mai, à une semaine du référendum sur l’accord de paix, plébiscité par la population de la province. Mais depuis sa première visite en Ulster en 1995, Bill Clinton a tenté de prouver qu’il œuvrait pour la paix entre les deux communautés. Il a reçu l’ensemble des représentants de la province en mars à Washington et passé une nuit blanche pour aider au succès des ultimes négociations de l’accord de paix. Il continuera aujourd’hui à Belfast à tenter de rassurer les protestants sur l’impartialité de son engagement lors de l’entretien prévu avec le chef du gouvernement nord-irlandais, le protestant David Trimble. Il devrait aussi manifester sa détermination à lutter contre les extrémistes républicains. Washington vient de refuser un visa à Bernadette Sands-McKevitt considérée comme une proche de l’IRA-véritable, qui espérait trouver des financements outre-Atlantique. Et selon la presse, Bill Clinton pourrait annoncer des mesures pour mettre fin à toute collecte pour des mouvements violents. Signe des prémisses de la réhabilitation du président américain dans le camp protestant, l’ordre d’Orange, l’un des plus conservateurs de la province, a indiqué qu’il souhaitait le rencontrer. Bill Clinton devrait aussi souligner, notamment à l’intention des protestants, que son pays est prêt à aider économiquement la province, à condition que la paix s’y enracine. Londres compte beaucoup sur les investisseurs américains, très présents en République d’Irlande, pour doper l’économie d’une province minée par le chômage. Deux ministres de Tony Blair seront aux Etats-Unis en octobre pour tenter de susciter des vocations. Un groupe d’hommes d’affaires américains avait effectué une mission de prospection en Ulster en juin. Vendredi et samedi, Bill Clinton sera en République d’Irlande, autre partenaire majeur du processus de paix. (AFP)
Bill Clinton entend mettre à profit aujourd’hui jeudi la traditionnelle influence américaine en Ulster pour faire progresser la paix, en demandant au camp catholique républicain des gages supplémentaires de sa conversion à la non-violence, trois semaines après le carnage d’Omagh. Protégé par un dispositif de sécurité sans précédent, le président des Etats-Unis, qui arrive ce matin à Belfast en provenance de Moscou, sera dans la soirée sur les lieux du pire attentat de l’histoire troublée de la province britannique. Un acte revendiqué par les extrémistes catholiques républicains de l’IRA-véritable. Il y déposera une gerbe en hommage aux 28 victimes et réconfortera quelques-uns des 200 blessés. Mais il devrait surtout rappeler «ce qu’il faut pour faire entrer dans les réalités» l’accord historique de...