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Actualités - Chronologie

L'Angola ne souhaite pas une confrontation régionale

L’Angola, allié de Laurent-Désiré Kabila dans sa lutte contre la rébellion en République démocratique du Congo, veut s’assurer une zone de sécurité au nord de son territoire mais n’entend pas risquer une confrontation régionale, estime-t-on dans les milieux diplomatiques à Luanda. Selon plusieurs diplomates occidentaux, interrogés dans la capitale angolaise, l’intervention de l’Angola dans le sud-ouest de la RDC vise à protéger ses intérêts économiques (pétrole) dans l’enclave de Cabinda et empêcher l’UNITA, l’ex-rébellion armée angolaise, de «se refaire militairement» en profitant d’une déstabilisation de cette région frontalière. «Il est quasiment exclu que l’Angola aille «chercher des poux» dans la tête des Rwandais à l’est», a ajouté un diplomate. Toutefois, de l’avis de nombreux observateurs à Luanda, malgré la propagande triomphaliste menée ces derniers jours par l’Angola, qui affirme avoir «mis en déroute» les rebelles banyamulenge ainsi que leurs alliés rwandais et ougandais dans le sud-ouest, le scénario envisagé par Luanda a été contrarié tant sur le plan militaire que diplomatique. Entrés en RDC le 21 août, selon les diplomates, les militaires angolais se sont vu opposer une résistance inattendue et, contrairement aux déclarations officielles, les combats y ont été meurtriers. Selon des sources bien informées à Luanda, la bataille pour le contrôle de Kitona a dégénéré en «bain de sang», les militaires angolais s’étant heurtés à une forte résistance rwandaise et ougandaise. A Luanda, l’hôpital militaire, totalement interdit d’accès aux civils, a connu ces derniers jours une «activité inhabituelle», a déclaré un diplomate, selon lequel «des blessés y ont été admis de nuit en grand nombre». «Ils rêvaient d’un blitzkrieg et n’avaient pas pensé que les Rwandais et Ougandais s’y opposeraient», explique-t-il. Risque de dérapage Selon ce scénario, le gouvernement angolais, jusqu’alors allié du régime rwandais, envisageait de laisser les Rwandais et Ougandais occuper l’est de la RDC, tandis que les forces zimbabwéennes et angolaises tiendraient le sud-ouest, protégeant par là-même Kinshasa. L’idée était qu’ensuite, toujours selon ce scénario confirmé par plusieurs diplomates, les deux camps pourraient imposer à Laurent-Désiré Kabila l’ouverture de véritables négociations sur l’avenir politique du pays, qui aboutiraient in fine à son départ et à la mise en place d’un véritable régime démocratique, dans le souci notamment d’assurer la sécurité à leurs frontières. «Il ne s’agissait pas de sauver à tout prix le régime en place, assure un diplomate. Les Angolais ont d’ailleurs hésité à intervenir. Eux, pas plus que les autres, n’ont guère d’estime pour Kabila. Mais ils ont été surpris par le soutien populaire dont il a bénéficié et qui lui a conféré une certaine légitimité». Ensuite, ajoute-t-il, «ils se sont sentis trahis par l’Ouganda et le Rwanda qui, en dépit de leurs engagements, ont pris langue avec l’UNITA». Selon plusieurs sources, l’intervention de Luanda a en effet pris un tour «anti-rwandais» à l’issue d’une rencontre la semaine dernière à Kigali entre des chefs de l’ex-rébellion angolaise et de l’homme fort du Rwanda, le général Paul Kagamé, vice-président et ministre de la Défense. Sans toutefois exclure le risque d’un «dérapage», l’ensemble des diplomates interrogés se déclaraient convaincus qu’une fois la situation «clarifiée» sur le terrain, arriverait l’heure de la négociation. Des négociations encore prématurées, selon eux, alors que doit s’ouvrir cette semaine à Durban un sommet des Non-Alignés avec, parmi les principaux points à l’ordre du jour, la situation en RDC. D’ores et déjà, un déplacement du président José Eduardo dos Santos à Durban est jugé «hautement improbable» dans la capitale angolaise. La radio nationale a toutefois annoncé samedi soir que le vice-ministre des Affaires étrangères Joao Miranda se rendrait en Afrique du Sud dimanche. (AFP)
L’Angola, allié de Laurent-Désiré Kabila dans sa lutte contre la rébellion en République démocratique du Congo, veut s’assurer une zone de sécurité au nord de son territoire mais n’entend pas risquer une confrontation régionale, estime-t-on dans les milieux diplomatiques à Luanda. Selon plusieurs diplomates occidentaux, interrogés dans la capitale angolaise, l’intervention de l’Angola dans le sud-ouest de la RDC vise à protéger ses intérêts économiques (pétrole) dans l’enclave de Cabinda et empêcher l’UNITA, l’ex-rébellion armée angolaise, de «se refaire militairement» en profitant d’une déstabilisation de cette région frontalière. «Il est quasiment exclu que l’Angola aille «chercher des poux» dans la tête des Rwandais à l’est», a ajouté un diplomate. Toutefois, de l’avis de...