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Actualités - Chronologie

Russie : nouveau mardi noir pour le rouble

Le rouble a connu un nouveau mardi noir, réagissant avec une chute de 9,2% aux premières déclarations économiques du premier ministre désigné Viktor Tchernomyrdine qui a annoncé une priorité au secteur social et à la production nationale. Depuis le «mardi noir» du 11 octobre 1994, jamais la monnaie russe ne s’était affaiblie autant en une seule journée. Mais il y a quatre ans (le rouble s’était alors effondré de 27%), l’inflation annuelle volait encore à 300%. Jusqu’à la mi-août, elle semblait maîtrisée nettement sous les 10% annuels. Le rouble s’est établi sur le marché des changes mardi à 7,86 roubles pour un dollar (un rouble = 0,1272265 dollar) contre 7,14 roubles lundi (un rouble = 0,14005602 dollar), soit un recul de 9,2%. Et depuis l’élargissement de la fourchette de fluctuation le 17 août, la monnaie russe a perdu près de 20%. Pour la première fois depuis cette date, les volumes sont importants (430 millions de dollars) et reflètent assez bien la situation réelle. Premier facteur très négatif qui a pesé sur le marché des changes: les déclarations de M. Tchernomyrdine qui marquent une volonté de relâcher la politique de rigueur monétaire mise en place depuis plusieurs années. «La priorité sera la défense des intérêts sociaux de la population, le paiement des salaires et des retraites et deuxièmement la politique industrielle d’Etat, car on ne pourra pas faire sortir la Russie de la crise par des mesures uniquement monétaristes», a déclaré M. Tchernomyrdine. Alors que la Russie est surendettée et dans l’incapacité chronique d’engranger des recettes budgétaires suffisantes pour faire face aux dépenses prévues, même en temps de rigueur, on voit mal comment un soutien à l’industrie et au secteur social peut se négocier sans faire marcher la planche à billets. Les experts anticipent donc une relance de l’inflation. En outre, M. Tchernomyrdine a indiqué qu’il fallait «changer d’approche», dans le cadre d’un programme anti-crise, pour l’impôt sur le revenu. Autrement dit, l’augmentation de l’impôt sur le revenu prévue par le précédent gouvernement, sous caution du FMI, est à revoir. De fait, communistes et organisations syndicales se sont unis pour dénoncer la hausse de cet impôt qui touche chaque citoyen, alors que les salaires ne sont pas payés, que les retraites sont misérables et que d’énormes privilèges sont souvent accordés à de grandes entreprises. La situation se complique encore par le retard pris par le gouvernement pour annoncer les conditions de la restructuration de la dette intérieure en roubles, dans laquelle sont engagées de nombreuses banques russes. Les rumeurs se multiplient. «Selon la dernière, on s’apprêterait à rembourser une partie de la dette, peut-être 25%, immédiatement en liquidités et les banques se débarrassent de leurs roubles», relève Sergueï Pchelintsev, de ING Bearing. Les bureaux de changes ont réagi à la chute du rouble en anticipant une poursuite de la dégringolade, offrant 8 roubles au particulier souhaitant vendre ses dollars, et demandant 9 roubles à celui souhaitant s’acheter des billets verts, monnaie refuge par excellence en Russie. De très nombreux Russes ont en outre les plus grandes difficultés à accéder à leurs comptes en banques où sont versés les salaires. «Les distributeurs automatiques sont pour la plupart vides et les guichets de la banque refusent de nous verser ce qu’il y a sur nos comptes», relève Ania, une comptable. «Ce mois-ci, nous allons payer nos 120 salariés en liquide», signale le patron d’une entreprise occidentale implantée à Moscou. «Le cours du dollar va très probablement continuer à grimper, et à un rythme plutôt rapide», estime Mikhaïl Berguer, économiste du quotidien Sevodnia à la radio Echos de Moscou. La défense du rouble paraît d’autant plus difficile dans ce cas, que la Banque centrale de Russie (BCR) a clairement fait savoir qu’elle n’avait de toute façon plus les moyens de défendre la monnaie, même si elle tombait sous le cours plancher des 9,5 roubles pour un dollar. (AFP)
Le rouble a connu un nouveau mardi noir, réagissant avec une chute de 9,2% aux premières déclarations économiques du premier ministre désigné Viktor Tchernomyrdine qui a annoncé une priorité au secteur social et à la production nationale. Depuis le «mardi noir» du 11 octobre 1994, jamais la monnaie russe ne s’était affaiblie autant en une seule journée. Mais il y a quatre ans (le rouble s’était alors effondré de 27%), l’inflation annuelle volait encore à 300%. Jusqu’à la mi-août, elle semblait maîtrisée nettement sous les 10% annuels. Le rouble s’est établi sur le marché des changes mardi à 7,86 roubles pour un dollar (un rouble = 0,1272265 dollar) contre 7,14 roubles lundi (un rouble = 0,14005602 dollar), soit un recul de 9,2%. Et depuis l’élargissement de la fourchette de fluctuation le 17 août, la...