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Actualités - Chronologie

Les Pays-Bas, hôtes privilégiés

La proposition américano-britannique d’organiser aux Pays-Bas le procès des deux suspects libyens de l’attentat de Lockerbie vient renforcer le «statut» d’hôte privilégié de la justice internationale acquis par La Haye au fil des ans. De l’aveu même du secrétaire au Foreign Office Robin Cook, la préférence marquée pour les Pays-Bas par Londres et Washington, et les consultations des derniers mois entre Américains, Britanniques et Néerlandais, ne relèvent pas du hasard. «Les Pays-Bas ont gagné le respect de la communauté internationale en tant qu’hôte impartial de la justice internationale», a souligné M. Cook, après l’annonce de la concession faite à la Libye d’un procès Lockerbie en terrain neutre. L’organisation d’un tel procès «renforcera la position des Pays-Bas en tant que centre du droit international», s’est félicité, dans la foulée, le gouvernement néerlandais. Futur siège de la cour criminelle permanente des Nations Unies, La Haye est déjà aussi l’hôte du tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPI), de sa cour d’appel, commune à celle du tribunal pour le Rwanda (TPR), de la cour internationale d’arbitrage et de la Cour internationale de justice (CIJ). Ironie de l’histoire, c’est justement la CIJ, plus haute instance judiciaire de l’ONU, chargée de se prononcer sur les litiges entre Etats, qui avait infligé en février dernier un camouflet aux Etats-Unis et à la Grande-Bretagne dans l’affaire Lockerbie. Contre l’avis de Londres et Washington, la Cour s’était déclarée compétente pour examiner une requête déposée en 1992 par la Libye. Tripoli contestait la légitimité des exigences américaines et britanniques sur la livraison des deux suspects libyens de Lockerbie et revendiquait son droit à les juger elle-même. Les deux hommes, Abdel Basset Ali Mohammed el-Megrahi et al-Amine Khalifa Fhimah, sont accusés d’être les cerveaux de l’explosion d’un Boieng 747 de la compagnie américaine PanAm au-dessous du village écossais de Lockerbie, qui avait fait 270 morts le 21 décembre 1988. En dépit d’une longue expérience en la matière, l’organisation d’un éventuel procès Lockerbie ne s’annonce pas comme une sinécure pour les Pays-Bas. Les audiences pourraient «durer plusieurs années» et nécessiteront d’importantes mesures de sécurité, souligne-t-on au ministère néerlandais des Affaires étrangères. La Haye s’est d’ailleurs gardée, dans l’immédiat, d’avancer un lieu précis pour la tenue des débats. De l’avis général aux Pays-Bas, le Palais de la Paix, propriété de la fondation américaine Carnegie et qui accueille la CIJ, ne semble pas disposer en l’état actuel de la sécurité requise. Le choix du TPI, proposé dès février par les familles des victimes britanniques de Lockerbie, semble tout aussi hypothétique. Le bâtiment du tribunal bénéficie d’une surveillance maximale de policiers des Nations Unies, mais souffre déjà de l’encombrement de ses trois salles d’audience. (AFP)
La proposition américano-britannique d’organiser aux Pays-Bas le procès des deux suspects libyens de l’attentat de Lockerbie vient renforcer le «statut» d’hôte privilégié de la justice internationale acquis par La Haye au fil des ans. De l’aveu même du secrétaire au Foreign Office Robin Cook, la préférence marquée pour les Pays-Bas par Londres et Washington, et les consultations des derniers mois entre Américains, Britanniques et Néerlandais, ne relèvent pas du hasard. «Les Pays-Bas ont gagné le respect de la communauté internationale en tant qu’hôte impartial de la justice internationale», a souligné M. Cook, après l’annonce de la concession faite à la Libye d’un procès Lockerbie en terrain neutre. L’organisation d’un tel procès «renforcera la position des Pays-Bas en tant que centre du droit...