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Actualités - Chronologie

Paris favorable à une conférence des grands lacs africains

La France propose la tenue d’une conférence pour la paix des pays des Grands Lacs africains, a déclaré jeudi le chef de la diplomatie française Hubert Védrine à la radio privée RTL. Cette proposition, lancée il y a quelques mois par le président Jacques Chirac, «est d’une plus grande actualité que jamais» pour résoudre notamment la crise en République démocratique du Congo (RDC), a souligné M. Védrine. Cette conférence pourrait rassembler l’ensemble des pays de la région, a-t-il dit, car, a-t-il expliqué, «il faut bien que ces pays retrouvent l’ensemble des conditions d’une cohabitation non conflictuelle». Les autorités de Kinshasa accusent le Rwanda et l’Ouganda notamment d’aider militairement la rébellion en cours. «A ce stade, il s’agit de relancer l’idée (de cette conférence). C’est une idée d’avenir, indépendamment de savoir qui représente à un moment donné tel ou tel pays», a souligné M. Védrine. La France, a rappelé le ministre, a une position de neutralité face à la crise congolaise, qu’elle considère d’ailleurs comme étant plus régionale que localisée à la seule RDC. Sur le plan politique, la rébellion, inquiète des soutiens annoncés à Laurent-Désiré Kabila, a fait un pas en arrière en proposant de négocier avec le président de la République et en envisageant qu’il puisse rester au pouvoir. Un pas en avant Inquiète, notamment, d’un possible engagement du Zimbabwe aux côtés des forces loyalistes, elle a fait savoir qu’elle était «prête à négocier un cessez-le-feu» avec le président Kabila, «s’il reconnaît qu’il y a une guerre». «Notre organisation a décidé de dire que nous voulons négocier avec Kabila», a déclaré l’un de ses leaders, Bizima Karaha. L’ancien ministre des Affaires étrangères de la RDC a nié que cette proposition soit «un pas en arrière»: «c’est plutôt un pas en avant». Kabila «n’a pas même compris le langage des armes, alors nous allons essayer de lui faire comprendre en discutant». Les rebelles, qui jusque-là avaient rejeté toute idée de négocier avec le président congolais, dont ils demandaient le départ, semblent désormais s’appuyer sur la position d’une partie des pays de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), notamment sa présidente en exercice, l’Afrique du Sud, favorable à une négociation politique. Le ministre zimbabwéen de la Défense Moven Mahachi a affirmé que les ministres de la Défense de la SADC avaient décidé «à l’unanimité de fournir urgemment une aide pratique (...) à la fois en matériel et en hommes» à la République démocratique du Congo, afin de retourner la situation en faveur du pouvoir légal. «La position du Zimbabwe n’est pas celle de la SADC (Communauté de développement de l’Afrique australe), ce n’est pas celle du gouvernement zimbabwéen, c’est celle du ministre de la Défense», a assuré M. Karaha. Toutefois, a indiqué une source proche des dirigeants de la rébellion, une aide militaire du Zimbabwe «peut changer le cours de la guerre. Et comme Kabila cherche des alliés dans toute la sous-région, cela peut vraiment enflammer la zone». «S’il obtient des avions, il pourra bombarder notre base arrière à Kitona et cela peut être mauvais pour nous», a ajouté la même source. La rébellion n’explique pas la décision zimbabwéenne. «Nous ne comprenons pas, c’est irresponsable. Ou alors, le Zimbabwe a peur que les contrats que Kabila a signés avec lui — plus de 11 millions de dollars de fournitures militaires — ne soient pas payés. Mais il y a le principe de la continuité de l’Etat», s’est interrogé Lunda Bululu, coordinateur du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), la branche politique de la rébellion. Rumeurs De son côté, Bizima Karaha a estimé qu’«une intervention étrangère au Congo aujourd’hui n’aurait pour conséquence que de laisser une seule solution au peuple congolais, cette unique option est le combat». «Plus le Zimbabwe essaiera d’entrer (dans le conflit), plus le Zimbabwe l’aggravera. Et ceux qui seront intervenus devront ensuite payer les conséquences de ce qui arrivera», a-t-il souligné. Une déclaration soutenue par le président du RCD, Wamba dia Wamba, selon lequel «s’il faut même combattre ceux qui viendront soutenir la dictature, le peuple congolais n’hésitera pas, nous allons continuer à résister». Des rumeurs persistantes ont circulé à Goma concernant une intervention de troupes angolaises aux côtés des forces favorables au président Kabila. L’Angola avait aidé ce dernier, en 1997, à renverser le maréchal Mobutu, qui fournissait une base arrière aux rebelles de l’UNITA sur le territoire de l’ex-Zaïre. Pour éviter tout malentendu qui pourrait servir à justifier une intervention, le président du RCD a tenu à préciser: «Nous n’avons aucun rapport avec l’UNITA (Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola) et nous n’avons aucune intention d’en avoir. Les gens qui répandent ces rumeurs sont mal intentionnés. Ce ne serait pas étonnant que Kabila contacte l’UNITA, mais pour nous, c’est impossible car nous savons que l’UNITA a toujours été contre le peuple congolais». (AFP)
La France propose la tenue d’une conférence pour la paix des pays des Grands Lacs africains, a déclaré jeudi le chef de la diplomatie française Hubert Védrine à la radio privée RTL. Cette proposition, lancée il y a quelques mois par le président Jacques Chirac, «est d’une plus grande actualité que jamais» pour résoudre notamment la crise en République démocratique du Congo (RDC), a souligné M. Védrine. Cette conférence pourrait rassembler l’ensemble des pays de la région, a-t-il dit, car, a-t-il expliqué, «il faut bien que ces pays retrouvent l’ensemble des conditions d’une cohabitation non conflictuelle». Les autorités de Kinshasa accusent le Rwanda et l’Ouganda notamment d’aider militairement la rébellion en cours. «A ce stade, il s’agit de relancer l’idée (de cette conférence). C’est...