Les étiquettes ont commencé à valser dans les magasins et sur les marchés de Moscou, deux jours après la dévaluation du rouble, et les vendeurs jouent parfois la prudence en préférant stocker leurs biens plutôt que de les céder trop bon marché. «Les prix ont monté immédiatement», constate tristement Tatiana Alexeïevna, employée, après avoir fait ses courses au marché Savelovski, dans le nord de la capitale. «Cela ne m’affole pas, je suis habituée», soupire cette femme d’une cinquantaine d’années qui a déjà vu de nombreuses valses d’étiquettes depuis le début des réformes: en 1992, lors de la libéralisation des prix, l’inflation avait atteint 2.500% sur l’année. En 1993, les prix gagnaient encore 900% et 300% un an plus tard. La dévaluation du rouble fait craindre un retour de la hausse des prix qui semblait à peu près maîtrisée depuis deux ans. «Tout le monde augmente ses prix, nous avons décidé de le faire aussi», explique Anton, vendeur d’un magasin de sport de la capitale. A l’entrée de la boutique, trois personnes sont penchées sur le comptoir et jouent à classer une pile d’étiquettes. Les soldes en cours depuis le début du mois ont été annulées, a précisé le directeur Mark Medvedovski. Alexandre Choubaïev, chef d’un grand magasin d’alimentation, passe une série de coups de fil pour tenter d’éclaircir les intentions de ses fournisseurs. «Les livraisons sont gelées depuis trois jours. Les fournisseurs ne savent pas comment réagir», explique-t-il nerveusement. M. Choubaïev affirme ne pas avoir encore augmenté ses prix, mais il est certain que «cela ne saurait tarder». La hausse concernera très vite la viande et la charcuterie, estime-t-il. Dans la capitale, 90% des produits alimentaires sont importés et devraient donc souffrir de la dévaluation du rouble. La boulangerie est également touchée par le mouvement général. «Le petit pain qui coûtait hier 1 rouble 50 est aujourd’hui à 1 rouble 90», relève la boulangère Elena Beliaïeva, précisant que les usines de panification ont menacé d’augmenter le prix de tous les produits dérivés. Selon le quotidien «Rossiskaïa Gazeta», qui a envoyé ses journalistes arpenter les rues de Moscou, certains vendeurs tentent même de ne pas vendre les produits alimentaires qui peuvent se garder longtemps, espérant les céder au meilleur prix dans quelques jours. «Dans l’ensemble, les prix sur les marchés ont gagné 20 à 30%», affirme le quotidien. Les provinces ont également senti immédiatement les conséquences de la dévaluation de facto de la monnaie, annoncée lundi: le cours s’est d’abord effondré dans les bureaux de change, les banques demandant 8 à 9,5 roubles pour acheter un dollar, et les distributeurs de monnaie sont pour la plupart restés vides depuis samedi, selon «Rossiskaïa Gazeta». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les étiquettes ont commencé à valser dans les magasins et sur les marchés de Moscou, deux jours après la dévaluation du rouble, et les vendeurs jouent parfois la prudence en préférant stocker leurs biens plutôt que de les céder trop bon marché. «Les prix ont monté immédiatement», constate tristement Tatiana Alexeïevna, employée, après avoir fait ses courses au marché Savelovski, dans le nord de la capitale. «Cela ne m’affole pas, je suis habituée», soupire cette femme d’une cinquantaine d’années qui a déjà vu de nombreuses valses d’étiquettes depuis le début des réformes: en 1992, lors de la libéralisation des prix, l’inflation avait atteint 2.500% sur l’année. En 1993, les prix gagnaient encore 900% et 300% un an plus tard. La dévaluation du rouble fait craindre un retour de la hausse des prix...