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Actualités - Chronologie

Convaincre les protestants du soutien impartial des USA

Bill Clinton perpétue une tradition américaine d’engagement en Irlande du Nord en se rendant jeudi à Belfast, mais il devra vaincre la suspicion de la communauté protestante, qui reproche de longue date à Washington son parti pris en faveur du camp républicain catholique. L’Irlande tient une place à part dans le cœur des Américains, les Etats-Unis comptant pas moins de 40 millions de citoyens d’origine irlandaise, majoritairement catholiques. A l’instar de John Kennedy et Ronald Reagan, l’actuel président américain peut revendiquer une telle ascendance. Bill Clinton est attendu jeudi à Belfast, vendredi à Dublin et terminera samedi sa visite dans l’ouest de l’Irlande par une partie de golf. C’est la seconde fois en trois ans que le président américain se rend en Irlande du Nord, mais depuis sa première visite, en 1995, le dossier irlandais a considérablement avancé. Et s’il a une nouvelle fois plongé la province dans l’horreur et la consternation, l’attentat tragique d’Omagh (28 morts), le mois dernier, a aussi renforcé la détermination des partisans de la paix à mettre un terme à un conflit qui a fait plus de 3.500 morts en 30 ans. Encore à ses balbutiements lors de la première visite de Bill Clinton en Ulster, le processus de paix a finalement abouti en avril dernier à un accord historique entre les deux communautés, approuvé par référendum à plus de 70% par la population irlandaise, et à la création d’une nouvelle assemblée. Les négociations ont précisément été menées deux ans durant sous la houlette d’un sénateur américain, George Mitchell. D’abord regardé avec méfiance par le camp des protestants unionistes, persuadés de son allégeance aux catholiques républicains, M. Mitchell a peu à peu gagné leur confiance par sa patience et sa tolérance. Bill Clinton, que le premier ministre britannique Tony Blair a par ailleurs tenu très régulièrement au courant de l’avancée du dossier, peut aujourd’hui tirer crédit de cette reconnaissance pour convaincre le camp protestant de son impartialité. Car la suspicion des protestants unionistes est toujours grande, comme en avaient témoigné leur colère, par le passé, de voir le leader du Sinn Fein, l’aile politique de l’IRA, Gerry Adams, reçu à la Maison-Blanche et leurs refus d’une éventuelle visite du président américain en Ulster dès le mois de mai. Mais, là aussi, les choses ont évolué: le président américain a accepté d’attendre quelques mois pour se rendre en Ulster et le temps a joué pour lui. En mars dernier, pour la fête de la Saint Patrick, Gerry Adams a certes à nouveau été reçu à la Maison-Blanche, mais il n’était pas le seul: des représentants du camp unioniste étaient aussi invités. Le cessez-le-feu de l’IRA et la condamnation claire par le Sinn Fein de l’attentat d’Omagh sont en outre venus donner une légitimité à cette reconnaissance américaine de Gerry Adams comme un interlocuteur digne de confiance. (AFP)
Bill Clinton perpétue une tradition américaine d’engagement en Irlande du Nord en se rendant jeudi à Belfast, mais il devra vaincre la suspicion de la communauté protestante, qui reproche de longue date à Washington son parti pris en faveur du camp républicain catholique. L’Irlande tient une place à part dans le cœur des Américains, les Etats-Unis comptant pas moins de 40 millions de citoyens d’origine irlandaise, majoritairement catholiques. A l’instar de John Kennedy et Ronald Reagan, l’actuel président américain peut revendiquer une telle ascendance. Bill Clinton est attendu jeudi à Belfast, vendredi à Dublin et terminera samedi sa visite dans l’ouest de l’Irlande par une partie de golf. C’est la seconde fois en trois ans que le président américain se rend en Irlande du Nord, mais depuis sa première...