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Actualités - Chronologie

Formule 1 GP de Belgique : un climat pourri... (photos)

Un sentiment de malaise régnait dimanche soir dans le paddock de Spa-Francorchamps. Les chants joyeux s’échappant du motor-home Jordan, où l’on célébrait la première victoire de l’histoire de l’écurie irlandaise, le succès de Damon Hill, ne suffisaient pas à dissiper les relents d’un climat «pourri». Un climat à l’image des conditions météorologiques du Grand Prix de Belgique de Formule 1. Une ambiance lourde, orageuse, née de la suspicion affichée par Ferrari, par Michael Schumacher, après l’accrochage du 25e tour entre l’Allemand et David Coulthard, s’était installée sur la F1. Ce qui n’était qu’un «incident de course», comme beaucoup d’autres accidents du même genre dimanche (Fisichella-Nakano notamment) et par le passé (Senna-Brunde et Piquet-Ghinzani à Adelaïde en 1989), avait pris les allures d’une «déclaration de guerre». Formidable battant, Schumacher n’accepte pas la défaite. Et l’idée d’avoir perdu la formidable opportunité de vaincre, de se porter en tête du championnat du monde pour la première fois de la saison, a fait une nouvelle fois perdre la raison à l’Allemand. Rouler sur trois roues au risque de semer des débris sur la piste, faire irruption dans le stand McLaren avec l’intention de «régler des comptes», sont autant d’attitudes répréhensibles. Pire encore. En accusant délibérément David Coulthard d’avoir tenter de le «tuer», en traitant le Britannique «d’assassin», Michael Schumacher a dépassé les bornes. Graves accusations Coulthard en a été choqué. «Il a eu un comportement d’animal, c’est inacceptable», disait d’ailleurs le Britannique. Imaginer qu’un pilote puisse mettre en danger la vie d’un autre, en risquant la sienne par là-même, pour masquer une erreur, ne grandit pas Schumacher. «On prête aux autres les intentions que l’on a soi-même», notait à ce propos un ingénieur d’une équipe «neutre». Comment porter crédit aux graves accusations du pilote allemand après son comportement à Jerez, en octobre, contre Jacques Villeneuve? L’Allemand n’avait-il pas déclaré sur le moment que la faute incombait au Canadien... avant de faire machine arrière plus tard devant le Conseil mondial de la Fédération internationale automobile (FIA) qui l’avait convoqué? Dimanche soir, de nombreux pilotes s’inquiétaient de la totale immunité dont bénéficie Michael Schumacher. La liste en effet s’allonge de ceux qui ont eu à «souffrir» de l’attitude hégémonique de l’Allemand. A trois Grand Prix de la fin de la saison, à quinze jours du Grand Prix d’Italie à Monza, la tension monte de plus en plus entre Schumacher et Hakkinen, Ferrari et McLaren, alors que la lutte pour la conquête du titre s’intensifie. La FIA ne manquera certainement pas d’appeler les concurrents à une plus grande sérénité. «L’appel au calme» paraît d’autant plus nécessaire que le Grand Prix de Belgique a démontré, si besoin était, l’étendue des risques de la F1. Une discipline qui, dimanche encore, a justifié la notion de «miracle permanent» qui s’attache à elle, aucun pilote n’ayant eu à souffrir des multiples accidents qui se sont succédés... Jordan s’en prend à Schumacher Eddie Jordan a ouvert une courte parenthèse dans la célébration du succès de l’Anglais Damon Hill au Grand Prix de Belgique, pour s’en prendre lundi à l’Allemand Michael Schumacher. L’Irlandais, qui fut le premier à offrir un volant à Michael Schumacher en 1991, a accusé le pilote de Ferrari de pousser son jeune frère Ralf à quitter son écurie pour rejoindre Williams. «Les efforts de Michael pour tenter de convaincre Ralf de changer d’équipe la saison prochaine, ne m’amusent pas», a commenté Jordan sur la BBC. «Il me reproche aussi de ne penser qu’à ramasser de l’argent. Il est la dernière personne à pouvoir dire cela». Ralf Schumacher qui est en conflit avec son écurie, a indiqué que sa deuxième place ne modifiait pas sa volonté de quitter Jordan. Le cadet des frères Schumacher était d’ailleurs mécontent de la stratégie qui lui avait été imposée, affirmant qu’il avait prévu d’attaquer Hill à la reprise de la course au 32e tour. «Malheureusement, on ne peut pas faire ce que l’on veut», a-t-il déploré. «C’était la décision de l’équipe mais nous aurions pu être en danger». «Déception» de Ferrari L’écurie Ferrari ne cache pas «sa déception et son amertume» au lendemain du Grand Prix de Belgique de Formule 1 fatal à son pilote l’Allemand Michael Schumacher, dans un communiqué de son attaché de presse, Claudio Berro publié lundi. La firme de Maranello a toutefois précisé «n’avoir présenté aucun recours, en raison de l’immédiate ouverture d’une enquête par le directeur de la course, sur le présumé ralentissement de la voiture de Coulthard au moment du dépassement de Schumacher». «Des doutes existent sur le comportement du pilote McLaren-Mercedes qui a ralenti exagérément son allure sur la trajectoire dans des conditions de faible visibilité, en dépit des drapeaux bleus signalant depuis un tour l’arrivée de Schumacher, provoquant l’inévitable collision» a conclu le communiqué. Appel au bon sens du directeur du circuit de Monza Le directeur du circuit de Monza, Enrico Ferrari, après les péripéties et polémiques ayant marqué le Grand Prix de Belgique dimanche sur le circuit de Spa-Francorchamps, a adressé lundi un appel au bon sens avant le Grand Prix d’Italie du 13 septembre. M. Ferrari a fait notamment allusion aux craintes de l’écurie McLaren sur le comportement des «tifosi» dès mardi, à l’occasion des essais du Finlandais Mikka Hakkinen et de l’Ecossais David Coulthard: «McLaren doit s’adresser à la police ou à une agence spécialisée dans les services de sécurité. Coulthard et Schumacher ne sont pas des enfants, mais des professionnels sérieux. Ce sont eux qui doivent mettre un point final à l’incident, donnant le bon exemple» a déclaré le directeur du circuit. «Les supporteurs qui viendront mardi et la semaine prochaine au Grand Prix doivent faire preuve de bon sens et de sportivité, qu’ils ne viennent pas sur le circuit. Le Grand Prix est une affaire de sport et il ne doit dépasser de ce cadre», a ajouté M. Ferrari. Mercedes réclame des excuses de Schumacher Le constructeur allemand Mercedes a réclamé lundi des excuses de Michael Schumacher, pris d’un excès de rage contre David Coulthard à la suite d’un accrochage entre les voitures des deux pilotes au Grand Prix de Belgique. «Des excuses de Schumacher aplaniraient les choses», a déclaré le responsable sportif de Mercedes, Norbert Haug. Celui-ci craint en effet pour l’équipe McLaren-Mercedes le 13 septembre au Grand Prix d’Italie à Monza, sur les terres de la Scuderia de Michael Schumacher. «La situation pourrait dégénérer à Monza et il faut l’empêcher», s’est inquiété Norbert Haug auprès de l’agence de presse allemande SID. «A Spa, notre pilote a été la cible de cannettes de bière, où est-ce qu’on est?, s’est-il demandé. Norbert Haug a été réfuté ces allégations et rejeté la faute sur l’ancien champion du monde allemand: «Il a retourné Mika Hakkinen au premier tour et est entré dans notre deuxième pilote ensuite». Pour lui, les tests pour Monza constitueraient une bonne occasion de se réconcilier: «Nous voulons conserver les bons rapports que nous avons avec Schumacher, chez nous personne n’est rancunier et notre main est tendue».
Un sentiment de malaise régnait dimanche soir dans le paddock de Spa-Francorchamps. Les chants joyeux s’échappant du motor-home Jordan, où l’on célébrait la première victoire de l’histoire de l’écurie irlandaise, le succès de Damon Hill, ne suffisaient pas à dissiper les relents d’un climat «pourri». Un climat à l’image des conditions météorologiques du Grand Prix de Belgique de Formule 1. Une ambiance lourde, orageuse, née de la suspicion affichée par Ferrari, par Michael Schumacher, après l’accrochage du 25e tour entre l’Allemand et David Coulthard, s’était installée sur la F1. Ce qui n’était qu’un «incident de course», comme beaucoup d’autres accidents du même genre dimanche (Fisichella-Nakano notamment) et par le passé (Senna-Brunde et Piquet-Ghinzani à Adelaïde en 1989), avait pris...