Pour le gouverneur de Krasnoïarsk, Alexandre Lebed, candidat à la succession du président en exercice Boris Eltsine, une explosion sociale menace le pays. Dans une interview publiée par le quotidien parisien Le Figaro le général Lebed estime que le nouveau premier ministre par intérim russe, Viktor Tchernomyrdine, a une petite chance de «ralentir l’effondrement, mais il en a une, pas les autres. C’est dans notre intérêt à tous de le soutenir, sinon nous nous noyons». En ce sens, le général suggère «que chaque région propose des projets concrets dont tout le pays pourrait tirer bénéfice» et donne comme exemple «une nouvelle route aérienne partant des Etats-Unis et passant par le pôle Nord, qui irait jusqu’en Inde et au Japon», a travers sa propre région de Krasnoïarsk. Le général, qui rejette la possibilité de faire tandem avec M. Tchernomyrdine à la prochaine présidentielle, explique que «la Russie est au bord de l’explosion sociale», parce que «80% des Russes sont dans la misère». «Si des mesures ne sont pas prises, un 7 Octobre peut se déclencher» (allusion à la révolution d’Octobre 1917-ndrl), ajoute-t-il. Lorsque le journal lui demande quelles mesures il prendrait s’il est élu à la présidence, Alexandre Lebed déclare qu’il n’a encore jamais annoncé sa décision de participer à cette élection, avant d’ajouter que, pour lui, «l’essentiel c’est qu’on ait besoin de lui». A la question de savoir qui est responsable de la crise économique, le général Lebed est formel: «En premier lieu Gaïdar, puis Tchoubaïs, les deux idéologues de la politique qui a été menée», a-t-il dit en faisant allusion à l’économiste libéral Egor Gaïdar et au réformateur Anatoli Tchoubaïs, ancien vice-premier ministre, récemment limogé de ses fonctions de négociateur auprès des institutions financières internationales, dont la tête était réclamée par l’opposition communiste. Alexandre Lebed estime enfin que «chacun doit aider le premier ministre», car il reste «très peu de chances à la Russie», et comme «depuis cinq mois les officiers de l’armée n’ont pas touché leur solde, le destin du pays est en jeu». «Dès qu’on a annoncé le putsch d’août 1991, le pouvoir s’est effondré en quelques heures. Aujourd’hui, la situation est identique. Mais cette fois, il peut s’écrouler en 24 heures. Tout le monde en a marre», conclut le général Lebed. (AFP)
Pour le gouverneur de Krasnoïarsk, Alexandre Lebed, candidat à la succession du président en exercice Boris Eltsine, une explosion sociale menace le pays. Dans une interview publiée par le quotidien parisien Le Figaro le général Lebed estime que le nouveau premier ministre par intérim russe, Viktor Tchernomyrdine, a une petite chance de «ralentir l’effondrement, mais il en a une, pas les autres. C’est dans notre intérêt à tous de le soutenir, sinon nous nous noyons». En ce sens, le général suggère «que chaque région propose des projets concrets dont tout le pays pourrait tirer bénéfice» et donne comme exemple «une nouvelle route aérienne partant des Etats-Unis et passant par le pôle Nord, qui irait jusqu’en Inde et au Japon», a travers sa propre région de Krasnoïarsk. Le général, qui rejette la...
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