L’émissaire américain Christopher Hill a poursuit des consultations avec les autorités serbes en vue d’une éventuelle reprise des négociations de paix entre Belgrade et les responsables albanais du Kosovo. M. Hill, ambassadeur des Etats-Unis à Skopje et médiateur dans la crise au Kosovo, a discuté à Belgrade avec le président de la Serbie, Milan Milutinovic, le négociateur en chef du gouvernement serbe Ratko Markovic et Vladan Kutlesic, représentant personnel du président yougoslave Slobodan Milosevic, a indiqué l’agence Tanjug. Il devait se rendre ensuite à Pristina, chef-lieu du Kosovo, pour rencontrer le «président» albanais de la province Ibrahim Rugova et sa nouvelle équipe de négociateurs constituée la semaine dernière. Cette équipe exclut l’Armée de libération du Kosovo (UCK), qui a refusé de s’y joindre et a désigné son représentant politique en la personne d’Adem Demaçi, principal rival de M. Rugova. La nouvelle navette du diplomate américain intervient au lendemain de la reprise par les forces serbes du village de Junik, plaque tournante des rebelles dans l’ouest de la province, à proximité de la frontière avec l’Albanie où ceux-ci s’approvisionnaient en armes. Fehmi Agani, le chef des négociateurs désignés par M. Rugova, s’est déclaré prêt à «reprendre au plus tôt» les négociations avec Belgrade, posant toutefois comme condition implicite l’arrêt des opérations des forces serbes. «Nous attendons que la violence cesse et que les unités utilisées contre la population civile se retirent, comme l’a exigé le Groupe de contact» (Allemagne, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Russie), a écrit M. Agani dans une lettre adressée à M. Markovic. Les pourparlers entre représentants kosovars et Belgrade ont été interrompus fin mai, après leur première et unique session. L’OTAN a poursuivi en Albanie des manœuvres destinées à démontrer sa détermination à peser sur la situation dans la région. Le principe de ces manœuvres terre-mer-air, qui se poursuivront jusqu’au 22 août dans la région de Tirana, avait été décidé fin mai par les ministres des Affaires étrangères des pays de l’OTAN. Environ 1.700 soldats des pays de l’Alliance et de leurs partenaires est-européens y participent avec 75 hélicoptères et avions de combat. Les manœuvres, un message L’amiral Joseph Lopez, commandant en chef des forces de l’OTAN du sud de l’Europe, qui dirige les manœuvres, a déclaré qu’elles étaient «un message aux belligérants au Kosovo leur signalant que l’OTAN est prête». Les forces gouvernementales serbes ont également brisé la résistance de l’UCK dans trois villages de l’ouest du Kosovo, Lodja, Grabovac et Rausic, a affirmé l’agence Tanjug. Les rebelles se sont repliés dans les forêts avoisinantes, abandonnant d’importantes quantités d’armes, selon l’agence. La police serbe a cependant du mal à tenir les positions reconquises. Les rebelles ont ainsi repris le contrôle de Glodjane, dans l’ouest de la province, dont les forces serbes les avaient chassés le 12 août. Plusieurs dizaines de membres de l’UCK occupaient le village, dont toutes les maisons ont été détruites ou brûlées lors de l’offensive de l’armée et de la police de Belgrade. Dans les environs, toutes les routes et les pistes étaient contrôlées par l’UCK, qui a remis en place ses points de contrôle. Dans ce secteur, au sud de la ville de Pec, les forces spéciales de la police se sont retirées à quelques kilomètres de là, sur la route stratégiquement importante qui relie les villes de Decani et de Djakovica, le long de la frontière albanaise. Le commandant des rebelles kosovars, qui a requis l’anonymat, a affirmé que les forces serbes n’étaient restées «qu’une nuit aux abords de Glodjane, le temps comme d’habitude de piller et d’incendier». (AFP - Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’émissaire américain Christopher Hill a poursuit des consultations avec les autorités serbes en vue d’une éventuelle reprise des négociations de paix entre Belgrade et les responsables albanais du Kosovo. M. Hill, ambassadeur des Etats-Unis à Skopje et médiateur dans la crise au Kosovo, a discuté à Belgrade avec le président de la Serbie, Milan Milutinovic, le négociateur en chef du gouvernement serbe Ratko Markovic et Vladan Kutlesic, représentant personnel du président yougoslave Slobodan Milosevic, a indiqué l’agence Tanjug. Il devait se rendre ensuite à Pristina, chef-lieu du Kosovo, pour rencontrer le «président» albanais de la province Ibrahim Rugova et sa nouvelle équipe de négociateurs constituée la semaine dernière. Cette équipe exclut l’Armée de libération du Kosovo (UCK), qui a refusé de...