Symbole de deuil et réservé uniquement aux femmes âgées, aux épouses cloîtrées et aux religieuses, le port du voile a fini par gagner toute la gente féminine de Niamey. Autrefois apanage des régions haoussa, frontalières du Nigeria, il connaît un grand succès dans la capitale où il supplante désormais le foulard, pourtant bien ancré dans la tradition vestimentaire. D’un tissu soyeux et légèrement transparent, le voile aux couleurs éclatantes (jaune, rose, vert...), masque la chevelure, mais, plus long que le foulard, tombe sur les hanches. Un pan est rabattu sur l’épaule, masquant le cou mais pas le visage. Secrétaires, présentatrices de télévision et lycéennes et autres élégantes abandonnent aujourd’hui postiches et perruques pour le voile. Lors des cérémonies populaires (baptêmes, mariages et fêtes traditionnelles), la plus belle et la plus distinguée sera celle qui aura porté le voile le plus coloré et le plus cher, importé d’Arabie Séoudite, du Pakistan ou de Taïwan. Pourtant, l’islam — pratiqué par plus de 90% de la population — recommande le voile le plus sobre, de préférence de couleur noire ou blanche. L’hebdomadaire Sahel-Dimanche parle de «mystère du voile», en faisant allusion à ce brusque engouement des Niaméennes. «Toutes le portent au point qu’on ne fait plus de différence entre les femmes mariées et les jeunes filles», ironise un célibataire. Le port du voile est «une forme d’adoration et une obligation divine qui garantit chasteté à la femme et la met à l’abri de la corruption par l’exhibition de sa beauté», selon cheikh Daouda Abdou, président du Bureau des traductions islamiques à Niamey. Les dirigeants religieux qualifient ce «retour» au voile de «victoire» des organisations islamiques sur «l’occidentalisation sauvage» de la société nigérienne. Pour leur part, les sociologues y voient «une simple mode», mais aussi un «refuge» pour certaines femmes, soucieuses d’éviter les critiques d’une société fortement islamisée où la dégradation des mœurs est régulièrement dénoncée.. (AFP)
Symbole de deuil et réservé uniquement aux femmes âgées, aux épouses cloîtrées et aux religieuses, le port du voile a fini par gagner toute la gente féminine de Niamey. Autrefois apanage des régions haoussa, frontalières du Nigeria, il connaît un grand succès dans la capitale où il supplante désormais le foulard, pourtant bien ancré dans la tradition vestimentaire. D’un tissu soyeux et légèrement transparent, le voile aux couleurs éclatantes (jaune, rose, vert...), masque la chevelure, mais, plus long que le foulard, tombe sur les hanches. Un pan est rabattu sur l’épaule, masquant le cou mais pas le visage. Secrétaires, présentatrices de télévision et lycéennes et autres élégantes abandonnent aujourd’hui postiches et perruques pour le voile. Lors des cérémonies populaires (baptêmes, mariages et fêtes...
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