L’Union cycliste internationale (UCI) a annoncé une série de mesures suite aux entretiens menés récemment avec les organisateurs de courses, les groupes sportifs et les coureurs, après les problèmes de dopage rencontrés pendant le Tour de France. «L’objectif de ces réunions n’était pas de changer nos systèmes de contrôle antidopage», a expliqué l’UCI, qui estime que l’on «ne peut guère aller plus loin que ce qui se fait actuellement: des contrôles antidopage à grande échelle pour les produits décelables, des tests sanguins permettant de maîtriser le problème de l’EPO et de conclure que l’objectif santé, par la limitation de l’abus d’EPO, a été atteint». Dans le document de synthèse publié jeudi, l’UCI a annoncé deux séries de mesures, d’une part pour lutter directement contre le dopage, d’autre part pour agir sur les facteurs pouvant inciter au dopage. Dans la première série, figurent le suivi médical qui sera mis en place à partir du 1er janvier 1999 («toutes les parties, et notamment les coureurs, donnent leur soutien total au plan du suivi médical», a affirmé l’UCI) et un programme de travail pour déterminer le taux d’EPO endogène pour un coureur cycliste, en collaboration avec les laboratoires de Cologne (Allemagne) et de Lausanne (Suisse). «Cela devrait permettre, à partir du milieu de l’année prochaine, de déterminer s’il y a des manipulations d’EPO exogène», a ajouté l’UCI. Le rôle des médecins d’équipe, lesquels sont d’ailleurs appelés à rencontrer l’UCI fin août, sera renforcé à l’avenir. Les équipes seront «assistées par des médecins diplômés en médecine du sport qui seront, en plus, tenus pour responsables du respect du règlement, de l’éthique du sport et de la santé de leurs coureurs», a précisé l’UCI qui a annoncé une étude de la liste des produits défendus, en concertation avec le Comité international olympique (CIO), sur les produits stimulants s’appliquant spécifiquement au cyclisme. Limitation d’activité pour les coureurs Dans la seconde série de mesures, l’UCI a évoqué la question du calendrier et a décidé d’une limitation d’activité pour les coureurs: «Le problème réel n’est pas un calendrier surchargé mais plutôt celui du nombre de jours de course pour les coureurs, surtout pour les grandes équipes et les «vedettes». Pour y remédier, l’idée d’une limitation du nombre de jours de course entre 90 et 120 a été retenue et un nombre définitif sera déterminé cette année». L’UCI a annoncé également une refonte du système de cotation des épreuves («il ne sera plus tenu compte de la participation des vedettes») et un nouveau système de calcul du classement des équipes, «dans le but de diminuer les contraintes des coureurs». Elle a prévu également d’entreprendre des études physiologiques pour démontrer la compatibilité des obligations professionnelles des coureurs et de leurs possibilités physiques. La plus haute instance du sport cycliste, dont le budget consacré aux contrôles antidopage (2,75 millions de dollars, environ 16,5 millions de francs) sera augmenté l’année prochaine, a insisté enfin sur la volonté de toutes les parties du cyclisme de lutter contre le dopage. «Toutes les parties concernées expriment leur total désaccord envers le dopage et la tricherie de tous ceux qui y collaborent», a ajouté l’UCI qui a estimé être confrontée à des critiques injustifiées. «Pour ces raisons, nous avons pris la décision de soumettre (…) tout notre système de contrôle, nos procédures et nos règlements à une commission indépendante de très haut niveau, incluant au moins un représentant de la presse», a précisé l’UCI qui dit être consciente du fait que «l’attaque sur la crédibilité de ce sport, qui reste magnifique et historique, lui offre l’opportunité unique d’être à la base de solutions nouvelles pour le futur». Enfin, l’UCI a rappelé qu’elle avait demandé aux Fédérations nationales concernées de mettre en œuvre des procédures disciplinaires contre tous les licenciés impliqués dans les affaires de dopage révélées dans le Tour de France. Les réactions Les mesures décidées par l’Union cycliste internationale (UCI) afin de renforcer la lutte contre le dopage «vont dans le bon sens», a estimé vendredi le ministère français de la Jeunesse et des Sports. Les responsables du sport français ont relevé en particulier «l’intérêt de l’instauration d’un suivi médical régulier, et d’une première limitation du nombre de jours de compétitions pour un coureur». Pour le ministère de Marie-George Buffet, «il apparaît essentiel de s’attaquer aux causes mêmes du dopage en renforçant le suivi médical longitudinal, en mettant à plat le nombre et le calendrier des compétitions sportives, en développant la recherche pour rendre les contrôles antidopage plus performants». Le ministère a souligné que «ces dispositions convergent avec les orientations préconisées par Marie-George Buffet. Ce sont précisément ces choix qui figurent dans la nouvelle loi relative à la santé des sportifs et à la lutte contre le dopage au niveau national». Le coureur cycliste belge Axel Merckx (Polti) a estimé que les décisions annoncées par l’Union cycliste internationale (UCI) à Lausanne pour lutter contre le dopage «étaient bonnes». «Il n’y a pas 36 solutions. Le plus important est que les choses bougent et que l’UCI fasse tout ce qui est en son pouvoir pour améliorer les choses», a affirmé le fils de l’ancien champion Eddy Merckx. L’UCI a annoncé jeudi un plus grand suivi médical des coureurs et une limitation des jours de course après les affaires de dopage lors du Tour de France. «Le suivi médical est bien organisé dans les équipes italiennes. Ces mesures sont aussi une façon d’obliger un peu certaines formations de moindre importance d’effectuer un suivi médical plus étroit sur les coureurs», a estimé Axel Merckx, qui vient de signer pour deux ans avec la Mapei. «Quant à la limitation du nombre de jours de course, cette mesure ne me concerne personnellement pas, car j’ai toujours essayé de les limiter à 90-95 jours», a-t-il ajouté. Interrogé sur la refonte du système de cotation de certaines épreuves, Axel Merckx estime que «c’est une bonne idée» et que «c’est aussi plus intéressant pour les équipes». «En règle générale, ce système de cotation est aussi plus attrayant pour les gens qui suivent les grandes courses à la télévision», a-t-il conclu. (AFP)
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