Les marchés financiers internationaux risquent de connaître de nouveaux à-coups cette semaine, avec dès lundi l’annonce très attendue des termes de la restructuration de la dette intérieure russe en roubles. Après la dégringolade vendredi des places boursières européennes, le climat reste extrêmement tendu en raison de craintes d’une propagation de la crise financière de la Russie aux autres marchés émergents d’Amérique latine et d’Europe de l’Est. En outre, les frappes militaires américaines au Soudan et en Afghanistan exacerbent les incertitudes des investisseurs. «L’attention va rester concentrée sur l’Asie et la Russie», prévoient les analystes du courtier japonais Nomura. «Les interventions officielles pourraient continuer à soutenir les actions en Asie et le yen à court terme, mais les facteurs fondamentaux annoncent de nouvelles pertes pour le yen et pour les marchés boursiers», alors que «les problèmes semblent se propager à l’Amérique latine», estiment-ils. Les marchés obligataires devraient de leur côté continuer à jouer un rôle de refuge dans la tourmente ambiante, ajoutent-ils. Les difficultés des banques et firmes de courtage japonaises ont relancé les inquiétudes sur le système financier nippon, tandis qu’en Russie la crise financière, illustrée lundi dernier par la dévaluation de facto du rouble et le moratoire de 90 jours sur les engagements extérieurs des banques commerciales, s’est doublée vendredi d’une crise politique, avec les appels de la Douma à la démission du président Boris Eltsine. Du coup, les places boursières européennes ont connu un véritable «vendredi noir», avec des pertes de 5,9% pour Francfort, 5,8% pour Madrid, 3,5% pour Paris et 3,4% pour Londres. Wall Street en revanche est arrivée à limiter les dégâts en clôturant en baisse de 0,9% après avoir perdu jusqu’à 3,3% en cours de séance. Des réserves pour se défendre Les monnaies des pays émergents ont été prises dans la tempête, avec une chute de la couronne tchèque, du zloty polonais, et des monnaies latino-américaines. Au Venezuela, la Banque centrale a décidé de maintenir son système de changes flottants avec une marge de fluctuation de 7,5% du bolivar autour d’un taux pivot, mais en autorisant une plus grande flexibilité à l’intérieur de cette bande. Le Mexique a de son côté annoncé une hausse de son taux d’intérêt directeur à 27%, contre 22%, pour défendre sa monnaie. «Certains pays ont des réserves pour se défendre, comme le Brésil ou la Hongrie», a estimé Nathalie Ricœur-Nicolai, économiste à la Caisse des dépôts et consigations. Mais «le Venezuela est fragilisé, en raison de la chute des prix du pétrole, ainsi que le Chili, en raison de la baisse des prix des matières premières», a-t-elle ajouté. L’agence de notation Fitch IBCA a estimé que plusieurs grandes banques russes étaient au bord de la faillite et pourraient être placées sous tutelle de la Banque centrale dès cette semaine. De l’ordre dans le système fiscal Les milieux financiers craignent que les difficultés de la Russie ne rebondissent sur ses partenaires commerciaux, notamment l’Allemagne. Plusieurs déclarations officielles sont venues répercuter ces inquiétudes: le chancelier allemand Helmut Kohl a exhorté le président Eltsine, avec qui il est «en contact intensif», à faire passer les réformes promises pour juguler la crise financière de son pays, dans une interview à la télévision publique ZDF diffusée dimanche. Le ministre allemand des finances, Theo Waigel, a de son côté jugé que la clé décisive pour résoudre la crise financière se trouvait «en Russie même». «Il faut avant tout remettre de l’ordre dans le système fiscal, qui ne fonctionne pas, et poursuivre les réformes économiques avec esprit de suite», a-t-il préconisé dans une interview à l’édition dominicale de Die Welt. L’Autriche, qui assume actuellement la présidence de l’Union européenne, a demandé samedi au gouvernement et à la Douma russes «d’arriver le plus rapidement possible à un consensus durable» sur les mesures à prendre pour assainir le budget et encourager les investissements et la croissance de l’économie russe. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les marchés financiers internationaux risquent de connaître de nouveaux à-coups cette semaine, avec dès lundi l’annonce très attendue des termes de la restructuration de la dette intérieure russe en roubles. Après la dégringolade vendredi des places boursières européennes, le climat reste extrêmement tendu en raison de craintes d’une propagation de la crise financière de la Russie aux autres marchés émergents d’Amérique latine et d’Europe de l’Est. En outre, les frappes militaires américaines au Soudan et en Afghanistan exacerbent les incertitudes des investisseurs. «L’attention va rester concentrée sur l’Asie et la Russie», prévoient les analystes du courtier japonais Nomura. «Les interventions officielles pourraient continuer à soutenir les actions en Asie et le yen à court terme, mais les facteurs...