Le projet de mémorial de l'Holocauste dans la tourmente électorale
le 25 août 1998 à 00h00
Le projet ultra-sensible d’un mémorial sur l’Holocauste à Berlin, discuté depuis dix ans en Allemagne, est pris en pleine tourmente électorale à moins de deux mois des législatives du 27 septembre. Après avoir annoncé qu’il fixerait son choix avant le scrutin, le chancelier Helmut Kohl a fait marche arrière laissant dans le flou l’annonce de sa décision. Son rival à la chancellerie, Gerhard Schroeder, avait quelques jours auparavant annoncé qu’un gouvernement social-démocrate rediscuterait le projet et l’annulerait le cas échéant. La polémique en cours illustre les difficultés de l’Allemagne à se pencher sur son passé nazi, celle de concrétiser par un monument l’horreur de l’Holocauste, mais aussi le risque d’une instrumentalisation du projet dans la campagne, même si M. Kohl a appelé à ne pas en faire un thème électoral. A l’approche du jour J, les déclarations ne cessent de se multiplier sur l’opportunité de fixer avant les élections le sort du mémorial. Un historien réputé, Wolfgang Benz, directeur de la recherche sur l’antisémitisme à l’Université technique de Berlin, a conseillé une pause de réflexion, soulignant que «toute décision précipitée serait dommageable à l’affaire. Or, une décision ne peut qu’être précipitée si elle est prise sous la pression des élections». L’un des candidats à la réalisation du projet, l’Américain Peter Eisenman, qui a les faveurs du chancelier Kohl, avait au contraire poussé à une décision rapide: «Il faut sortir ce projet de la politique pour qu’il devienne progressivement un souvenir vivant», a-t-il dit. Son projet prévoit un labyrinthe du souvenir hérissé de quelque 2.500 stèles de béton, près de la porte de Brandebourg. Il est en lice avec ceux d’un autre architecte américain, Daniel Libeskind, et de la Berlinoise Gesine Weinmueller. Un quatrième candidat, Jochen Gerz, s’est retiré fin juillet, jugeant insuffisant le consensus pour la réalisation du monument et en particulier le soutien du public. (AFP)
Le projet ultra-sensible d’un mémorial sur l’Holocauste à Berlin, discuté depuis dix ans en Allemagne, est pris en pleine tourmente électorale à moins de deux mois des législatives du 27 septembre. Après avoir annoncé qu’il fixerait son choix avant le scrutin, le chancelier Helmut Kohl a fait marche arrière laissant dans le flou l’annonce de sa décision. Son rival à la chancellerie, Gerhard Schroeder, avait quelques jours auparavant annoncé qu’un gouvernement social-démocrate rediscuterait le projet et l’annulerait le cas échéant. La polémique en cours illustre les difficultés de l’Allemagne à se pencher sur son passé nazi, celle de concrétiser par un monument l’horreur de l’Holocauste, mais aussi le risque d’une instrumentalisation du projet dans la campagne, même si M. Kohl a appelé à ne pas...
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