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Actualités - Chronologie

Dundalk se révolte contre les poseurs de bombes

A Dundalk, le plus solide bastion nationaliste de la République d’Irlande situé à mi-chemin entre Belfast et Dublin, l’attentat d’Omagh a lézardé l’unité du camp républicain, au point que les habitants se préparent à manifester contre les poseurs de bombes qui trouvent refuge de longue date en leur sein. Dundalk est la base favorite à partir de laquelle les paramilitaires républicains lancent leurs attaques contre les provinces britanniques de l’Ulster du fait de sa situation stratégique, juste au sud de la frontière. Depuis des années, les habitants de Dundalk portent cette réputation de «repaire de terroristes» et sont régulièrement dénoncés, accusés de connivence, par les victimes du terrorisme et les forces de l’ordre. Parallèlement, ils subissent la violence et l’intimidation des paramilitaires qui ont fui l’Ulster pour échapper à la police et se sont installés parmi eux. Aujourd’hui, la capitale malgré elle du «pays des bandits», qui abriterait avec ses environs quelque 70 paramilitaires, selon les estimations, est une nouvelle fois accusée. Michael McKivett, 48 ans, le leader supposé de l’IRA-véritable qui a revendiqué l’attentat de samedi à Omagh (28 morts et 220 blessés), tient un commerce dans la ville. Confrontés à un déploiement policier en même temps qu’au risque de violences des milices républicaines rivales et des paramilitaires protestants qui veulent la peau de McKivett, Dundalk en a assez. Samedi, une semaine après la déflagration massive qui a dévasté Omagh à 90 km au nord, les habitants prévoient de manifester contre la violence. McKivett lui-même a disparu avec sa compagne Bernadette Sands McKivett, sœur du gréviste de la faim de l’IRA Bobby Sands, décédé en 1981. Mardi soir, le couple a téléphoné au prêtre catholique local Desmond Campbell. Selon lui, Bernadette Sands McKivett, en larmes, craignait pour sa sécurité et celle de ses enfants. Brutalité «Elle a dit qu’elle avait peur à cause de la manifestation que quelqu’un fasse du mal à ses enfants», a rapporté le prêtre. McKivett a pour sa part nié auprès du père Campbell toute responsabilité dans l’attentat d’Omagh. L’échoppe de T-shirts et de chopes décoratives que le couple McKivett exploite dans un centre commercial de Dundalk est aujourd’hui désertée. La vendeuse, Regina Johnson, 27 ans, a démissionné dimanche, incapable de faire face aux clients après la tragédie. Devant le magasin, un homme de 31 ans, qui a quitté le secteur à cause de la «brutalité» de l’IRA et revient voir des amis, ne mâche pas ses mots: «Je peux presque m’imaginer ces gens plongés dans le goudron et les plumes et transportés hors de la ville». «Pas besoin de l’IRA et des loyalistes, les habitants de Dundalk s’en chargeront eux-mêmes. C’est fantastique. Les gens n’en peuvent plus», s’exclame-t-il. Un prêtre de 60 ans, qui refuse également de donner son nom, craint pour sa part que Dundalk devienne elle-même la cible de milices paramilitaires rivales. «Je pense qu’il existe un véritable danger que quelqu’un pose une bombe à Dundalk. Pourtant, bien que nous soyons dans une zone très républicaine, le sentiment dominant est favorable au processus de paix», ajoute-t-il. Le président du Conseil urbain de Dundalk, Seamus Byrne, cache mal sa colère devant la réputation de «repaire de terroristes» que l’on a fait à sa ville «parce que certaines personnes s’en servent de base». «Ils ne viennent pas ici par amour du coin», proteste-t-il, «la vaste majorité des gens de Dundalk abhorrent la violence». Mais il craint que toute révolte contre les terroristes soit de courte durée. «Les gens se prononcent pour la paix et contre l’attentat d’Omagh, mais il n’y en a pas beaucoup qui sont préparés à confronter et accuser directement des individus. Ils ont encore peur et je crois que cela se comprend». (AFP-Reuters)
A Dundalk, le plus solide bastion nationaliste de la République d’Irlande situé à mi-chemin entre Belfast et Dublin, l’attentat d’Omagh a lézardé l’unité du camp républicain, au point que les habitants se préparent à manifester contre les poseurs de bombes qui trouvent refuge de longue date en leur sein. Dundalk est la base favorite à partir de laquelle les paramilitaires républicains lancent leurs attaques contre les provinces britanniques de l’Ulster du fait de sa situation stratégique, juste au sud de la frontière. Depuis des années, les habitants de Dundalk portent cette réputation de «repaire de terroristes» et sont régulièrement dénoncés, accusés de connivence, par les victimes du terrorisme et les forces de l’ordre. Parallèlement, ils subissent la violence et l’intimidation des paramilitaires...