Les musulmans kenyans se plaignent de harcèlement après les attentats commis contre les ambassades américaines de Nairobi et de Dar es-Salaam et contestent la participation à l’enquête des Etats-Unis et d’Israël. Le SUPKEM, conseil suprême des musulmans du Kenya, une communauté de moins de trois millions d’âmes sur quelque 29 millions de Kenyans, a demandé que l’enquête sur l’attentat de Nairobi soit menée par des Kenyans, estimant que les Israéliens, venus apporter leur concours, et les Américains avaient un parti pris contre les musulmans. Des responsables du SUPKEM ont relaté que la police avait interpellé un musulman kenyan de 25 ans, simplement parce qu’il passait non loin du lieu de l’attentat quelques instants après l’explosion. Le jeune homme, Amjad Javed, est gardé prisonnier dans un commissariat de Nairobi, a indiqué le vice-secrétaire général du SUPKEM, Ibrahim Lethome. Ceux qui ont cherché à s’enquérir sur sa détention se sont vus répondre que «personne n’a le pouvoir de le libérer avant qu’il n’ait été interrogé par le FBI», la sûreté fédérale américaine. «Son unique pêché est d’être musulman», s’est plaint M. Lethome. Abdulrazak Qare, un enseignant islamiste pakistanais de la ville centrale d’Isiolo, a également été détenu et interrogé par la police samedi, a-t-il indiqué. Il a été libéré dimanche matin. Deux femmes qui portaient le voile islamique ont raconté avoir été giflées dans la rue après l’explosion et le personnel d’un minibus a refusé d’accueillir à son bord un groupe de musulmanes en route pour des obsèques, a-t-il également affirmé. M. Lethome a ajouté que deux autres adolescents kenyans d’ascendance arabe, arrêtés à Nairobi suite à l’attentat, étaient toujours en détention sans que l’on sache où. Sept victimes La communauté musulmane du Kenya est constituée de populations aux origines différentes, notamment arabe et indienne sur la côte et somalies dans le nord-est. Dans la capitale, Nairobi, elle comprend en outre des Ismaéliens de l’Aga Khan et des Nubiens. Les responsables du SUPKEM ont accusé les médias locaux et internationaux de «stigmatiser» les musulmans en liant terrorisme et islam. Ils ont déploré que des journaux locaux aient décrit M. Javed comme «de type arabe». «Cette façon de montrer du doigt les musulmans sans preuve nous choque», a dit Farouk Adam, président du conseil consultatif musulman, une organisation musulmane non gouvernementale. Les militaires israéliens ont joué un rôle capital dans les secours et leur gouvernement a déclaré dimanche rechercher les cerveaux des attentats en Afrique de l’Est, se déclarant convaincu qu’ils étaient des islamistes radicaux. «Il s’agit sans douter d’un groupe islamiste fanatique, la question est de savoir lequel», avait déclaré à Jérusalem David Bar-Illan, porte-parole du premier ministre Benjamin Netanyahu. «Nous sommes évidemment inquiets et menons l’enquête de notre côté», avait-il ajouté. Ahmad Khalif, le secrétaire général du SUPKEM, a indiqué que les musulmans ne coopéreraient avec l’enquête que si elle est menée par les forces de sécurité kenyanes. «Nous sommes un Etat souverain, nous sommes citoyens d’un pays et nous ne saurions permettre au FBI, à la CIA (renseignement américain) ou au Mossad (renseignement israélien) de venir nous arrêter. Ils n’ont pas d’assise légale pour le faire», a-t-il dit. Le directeur général du SUPKEM, Abdulamim Salat, a déclaré que les musulmans de Nairobi avaient déjà enterré sept victimes de l’attentat, qui a tué 248 personnes, et que des familles musulmanes avaient déclaré la disparition de dix des leurs. Les organisations musulmanes, dont le SUPKEM, ont été jusqu’à présent les donateurs les plus généreux du Fonds national d’aides aux blessés de l’attentat, ont-elles indiqué. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les musulmans kenyans se plaignent de harcèlement après les attentats commis contre les ambassades américaines de Nairobi et de Dar es-Salaam et contestent la participation à l’enquête des Etats-Unis et d’Israël. Le SUPKEM, conseil suprême des musulmans du Kenya, une communauté de moins de trois millions d’âmes sur quelque 29 millions de Kenyans, a demandé que l’enquête sur l’attentat de Nairobi soit menée par des Kenyans, estimant que les Israéliens, venus apporter leur concours, et les Américains avaient un parti pris contre les musulmans. Des responsables du SUPKEM ont relaté que la police avait interpellé un musulman kenyan de 25 ans, simplement parce qu’il passait non loin du lieu de l’attentat quelques instants après l’explosion. Le jeune homme, Amjad Javed, est gardé prisonnier dans un...