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Actualités - Chronologie

L'année la plus chaude en cent ans. Mais pourquoi ?

Les records de chaleur battus régulièrement ces derniers mois, qui devraient faire de l’année 1998 la plus chaude depuis plus d’un siècle, divisent toujours les climatologues au sujet des véritables causes et des conséquences potentielles d’un réchauffement rapide de la planète. Derniers en date d’une longue série, les chiffres annoncés à grand renfort de publicité par le vice-président américain Al Gore confirment la tendance observée depuis de nombreuses années par les scientifiques et subie par les vacanciers de ce mois d’août, notamment en Europe. Juillet 1998 a été le mois le plus chaud sur notre planète depuis au moins 120 ans. Selon les statistiques de l’agence météorologique américaine (NOAA), la température moyenne recensée sur terre pendant le mois de juillet a atteint 16,5 degrés Celsius (61,7 degrés Fahrenheit), contre 16,25 degrés Celsius (61,25 degrés Fahrenheit) lors du précédent record de chaleur établi en juillet 1997. Et juillet 1998 n’est pas un cas isolé. Une étude publiée en avril dernier par deux chercheurs de l’université de Amherst (Massachusetts) a conclu que les années 1997, 1995 et 1990 avaient été les plus chaudes de l’hémisphère nord de la terre depuis le début du XVe siècle. «On observe sans conteste un réchauffement pendant la période qui court de 1880 à nos jours», explique Tom Petterson, un spécialiste du centre de données climatiques de la NOAA à Asheville (Caroline du Nord). «La première partie de cette période a été plus fraîche que la période actuelle et cette année est bien plus chaude que les décennies précédentes (mais) ce n’est pas un réchauffement uniforme», ajoute M. Petterson. Ainsi, la période 1880-1905 a été plus froide, avant une remontée des températures jusqu’en 1940, selon la NOAA. Ce n’est qu’après un nouveau rafraîchissement que notre planète s’est réellement mise à monter en température pour atteindre les niveaux record de cette fin de siècle. Si l’ensemble des climatologues s’accordent à reconnaître l’évidence de ce réchauffement rapide de la terre, ils restent encore divisés sur l’origine de ce phénomène. Sur le banc des accusés, l’anomalie climatique El Nino, la pollution humaine et même la nature se disputent la vedette. Cycle naturel «Lorsque vous regardez les données enregistrées par satellite depuis 1979, vous constatez effectivement que les sept derniers mois ont été les plus chauds depuis vingt ans», assure John Christy, de l’université de Huntsville (Alabama). «Par contre, si vous prenez les dix-neuf ans achevés en décembre 1997, la tendance est nulle. Par conséquent, la chaleur de janvier à juillet est clairement due à El Nino», estime-t-il. Fort de son surnom de «monsieur environnement», Al Gore a enfourché son cheval de bataille favori pour pointer un doigt accusateur en direction des gaz à effet de serre qui, selon lui, vont causer «plus de vagues de chaleur, plus d’inondations, plus d’orages et encore plus de sécheresse». Critique acerbe de la Maison-Blanche, John Christy ne voit lui dans cette fièvre climatique de fin de siècle qu’un cycle naturel. «Il faut se souvenir que le XIXe siècle fut très froid (...) par conséquent le réchauffement fait largement partie d’un cycle naturel», dit-il. «Un jour ou l’autre, nous aurons une nouvelle période glaciaire». Pour une majorité d’experts cependant, la réalité est plus complexe. «Il y a toute une variété d’activités dans l’atmosphère», indique Tom Petterson. El Nino, bien sûr, mais aussi un fort regain d’activité volcanique et un réchauffement du soleil lui-même. Mais «les études les plus complètes (...) attribuent une large part du réchauffement aux gaz à effet de serre», rappelle-t-il. Et la perspective d’une montée continue des températures inquiète. «Un demi-degré de plus (...) ne signifie pas grand-chose en un point précis, estime Tom Petterson. Mais il changerait le mouvement des grandes masses d’air, certaines régions se refroidiraient, d’autres se réchaufferaient (...) avec toutes les conséquences imaginables». (AFP)
Les records de chaleur battus régulièrement ces derniers mois, qui devraient faire de l’année 1998 la plus chaude depuis plus d’un siècle, divisent toujours les climatologues au sujet des véritables causes et des conséquences potentielles d’un réchauffement rapide de la planète. Derniers en date d’une longue série, les chiffres annoncés à grand renfort de publicité par le vice-président américain Al Gore confirment la tendance observée depuis de nombreuses années par les scientifiques et subie par les vacanciers de ce mois d’août, notamment en Europe. Juillet 1998 a été le mois le plus chaud sur notre planète depuis au moins 120 ans. Selon les statistiques de l’agence météorologique américaine (NOAA), la température moyenne recensée sur terre pendant le mois de juillet a atteint 16,5 degrés Celsius...