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Actualités - Chronologie

Les britanniques commencent à perdre l'appétit

Les Britanniques se demandent ce qu’ils vont bien pouvoir manger après de nouvelles inquiétudes des autorités concernant le lait et une mise en garde d’un scientifique contre la nourriture transgénique, qui s’ajoutent à une liste déjà fournie d’aliments jugés suspects. Le gouvernement s’est efforcé de rassurer la population, mais il avait bien du mal à se faire entendre, tant les Britanniques sont prompts à céder à la psychose depuis la crise de la vache folle qui se traduit encore aujourd’hui par l’interdiction de la vente de bœuf à l’os. Le ministère de la Santé a cru bien faire en annonçant avoir commandité une vaste étude en laboratoire afin d’évaluer le risque de contamination du lait pasteurisé par une bactérie pouvant être responsable de la maladie de Crohn chez l’homme, qui se traduit par de violentes infections intestinales. Un conseiller du gouvernement sur les questions alimentaires, le Dr Norman Simmons, s’est voulu apaisant. «J’ai calculé que le risque (de contracter la maladie de Crohn) en buvant un verre de lait est de un sur cinq millions», a-t-il assuré mardi à la BBC-Television. Mais le public a surtout retenu les résultats peu encourageants d’examens préliminaires réalisés en Irlande du Nord sur 62 échantillons. Un cinquième d’entre eux contenait la bactérie alors que les scientifiques pensaient que la pasteurisation était suffisante pour l’éliminer. Quelle que soit la réalité du danger, les Britanniques, échaudés par des alertes alimentaires à répétition ces dernières années, accueillent désormais avec la plus grande circonspection les discours rassurants des pouvoirs publics. Une enquête en cours sur la gestion très controversée de la crise de la vache folle a déjà épinglé le gouvernement pour n’avoir pas pris suffisamment tôt en compte les mises en garde d’experts sur les risques de transmission de l’ESB à l’homme. Un vent de panique avait également soufflé il y a un an et demi lors d’une épidémie d’intoxication par la bactérie E-Coli. Elle avait frappé 500 personnes en Ecosse en novembre 1996 — dont 18 ont péri — et pourrait avoir été causée par des bouchers peu regardants sur l’hygiène de leur viande. La perplexité du public devant les étals des magasins risque encore d’être renforcée par l’avertissement lancé lundi par un chercheur à propos des aliments génétiquement modifiés, devenus depuis plusieurs mois la cible privilégiée des associations de consommateurs au Royaume-Uni. Selon lui, ils pourraient présenter un danger pour l’homme. Des expériences préliminaires menées à l’institut Rowett d’Aberdeen ont montré que des pommes de terre génétiquement modifiées avaient affecté le système immunitaire de rats. Le gouvernement de Tony Blair espère regagner la confiance des consommateurs grâce à la mise en place, prévue à l’automne, d’une nouvelle agence de contrôle de la nourriture. Elle aura fort à faire alors que le nombre d’intoxications alimentaires (salmonellose et E-Coli notamment) a atteint en 1997 un niveau record et jugé inacceptable par les médecins, avec un million de cas recensés ayant abouti à 200 décès. Un bilan qui a récemment amené l’association des médecins britanniques (BMA) à affirmer que toute viande crue devait être considérée comme source potentielle d’empoisonnement. Pour ne rien arranger, un rapport publié par une association de consommateurs met sérieusement en doute la qualité des produits servis dans les chaînes de restauration rapide. Elle affirme avoir décelé la présence de bactéries peu ragoûtantes au milieu de hamburger ou tranches de pizza servis par des établissements aussi connus que McDonald’s et Pizza Hut. (AFP - Reuters)
Les Britanniques se demandent ce qu’ils vont bien pouvoir manger après de nouvelles inquiétudes des autorités concernant le lait et une mise en garde d’un scientifique contre la nourriture transgénique, qui s’ajoutent à une liste déjà fournie d’aliments jugés suspects. Le gouvernement s’est efforcé de rassurer la population, mais il avait bien du mal à se faire entendre, tant les Britanniques sont prompts à céder à la psychose depuis la crise de la vache folle qui se traduit encore aujourd’hui par l’interdiction de la vente de bœuf à l’os. Le ministère de la Santé a cru bien faire en annonçant avoir commandité une vaste étude en laboratoire afin d’évaluer le risque de contamination du lait pasteurisé par une bactérie pouvant être responsable de la maladie de Crohn chez l’homme, qui se traduit...