Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Shoval, le Kibboutz de la paix

Alors que le processus de paix s’effondre en Israël, des membres d’un kibboutz tentent de maintenir des liens entre les communautés en conflit en œuvrant à former des puéricultrices palestiniennes. «J’espère que l’avenir sera fait de rencontres entre enfants juifs et arabes», affirme une puéricultrice de Gaza, Thulud Kobieh. «Je serais heureuse d’appliquer les méthodes du kibboutz, pour faire grandir nos enfants sur des bases de tolérance et de paix», dit-elle. Les organisateurs du projet, de même que les puéricultrices, ne craignent pas de se placer à contre-courant des tensions nourries par le blocage politique entre Israéliens et Palestiniens. Le kibboutz Shoval du Néguev sert de «champ d’expérimentation» pour les projets d’Eden, l’Association israélienne pour la promotion de projets éducatifs et sociaux dans le nord du Néguev, fondée l’an dernier par des éducateurs et travailleurs sociaux du kibboutz. Ils «considèrent de leur devoir d’agir pour le dialogue, la tolérance et la coopération entre les différentes populations» de la région. Les puéricultrices palestiniennes, venues de Gaza mais aussi de Khan Younès, un camp de réfugiés du sud de la bande autonome, pourront reproduire le modèle éducatif proposé par le kibboutz, qui organise des jardins d’enfants intégrés aux familles. Ce projet s’inspire du programme «Grandir Ensemble» mené par le kibboutz depuis déjà trois ans pour former des puéricultrices de Rahat, la ville arabe israélienne voisine. C’est dans ce cadre qu’une trentaine d’enfants de Rahat de moins de 6 ans viennent quotidiennement jouer avec leurs camarades du kibboutz, qui les accueillent dans ses jardins d’enfants. Les murs de l’incompréhension Mohamed, vautré paresseusement sur le sol du jardin d’enfants, est absorbé, comme tous ses camarades du kibboutz, par le dessin animé de la télévision israélienne. Islam, une petite bédouine de six ans, demande à son amie Anat de lui faire un dessin avec son nom en hébreu. «C’est ainsi que tomberont les murs de l’incompréhension», affirme Omrit Kanner, la responsable des enfants en bas âge. «Les enfants juifs et arabes apprennent tous l’hébreu et l’arabe et célèbrent ensemble les fêtes du judaïsme et de l’islam», ajoute-t-elle. Mme Kanner souligne toutefois la volonté du kibboutz de «préserver les cultures et traditions de chacun». «Les enfants savent qu’ils sont différents l’un de l’autre, et nous tenons à ce qu’ils le sachent», explique-t-elle. «Le projet a amené de nombreux parents arabes et juifs à entretenir des liens chaleureux. Des rencontres sont régulièrement organisées et les relations se tissent très naturellement», relève Bili Cohen, une puéricultrice du kibboutz. Selon elle, des difficultés demeurent: «Nos habitudes pédagogiques s’opposent aux traditions des bédouins, qui attribuent le rôle de l’éducation aux parents. De même, notre culture est une culture occidentale et nous ne pouvons pas toujours nous adapter à la mentalité plus orientale des bédouins». Mme Cohen estime toutefois que des puéricultrices ont pu travailler plus librement depuis le lancement du projet: «Nous renforçons ainsi le statut de la femme dans la société arabe». D’autres projets ont été développés par le kibboutz: une classe pour six enfants handicapés, trois juifs et trois arabes, a déjà donné ses fruits, tout comme une rencontre de 160 enfants de 10 à 12 ans. A la suite de la rencontre, les enfants ont écrit ensemble une chanson pour remercier les organisateurs «de nous avoir appris à connaître ceux qui sont différents». (AFP)
Alors que le processus de paix s’effondre en Israël, des membres d’un kibboutz tentent de maintenir des liens entre les communautés en conflit en œuvrant à former des puéricultrices palestiniennes. «J’espère que l’avenir sera fait de rencontres entre enfants juifs et arabes», affirme une puéricultrice de Gaza, Thulud Kobieh. «Je serais heureuse d’appliquer les méthodes du kibboutz, pour faire grandir nos enfants sur des bases de tolérance et de paix», dit-elle. Les organisateurs du projet, de même que les puéricultrices, ne craignent pas de se placer à contre-courant des tensions nourries par le blocage politique entre Israéliens et Palestiniens. Le kibboutz Shoval du Néguev sert de «champ d’expérimentation» pour les projets d’Eden, l’Association israélienne pour la promotion de projets éducatifs et...