L’ancien ministre français de la Défense François Léotard devrait être inculpé pour financement illégal d’un parti politique et blanchiment d’argent, ont indiqué jeudi les quotidiens «France-Soir» et «Le Monde». François Léotard, président de l’UDF (droite centriste et libérale), et son proche collaborateur libéral Renaud Donnedieu de Vabres, ont été convoqués par les juges anticorruption Eva Joly et Laurence Vichievsky pour aujourd’hui vendredi, afin d’être mis en examen (inculpés), selon ces informations. Fonds secrets votés par le parlement Les deux hommes politiques sont soupçonnés dans une affaire de mouvement financier accompagné de blanchiment de cinq millions de francs (830.000 dollars) entre le Luxembourg, l’Italie et la France, en 1996, via une banque italienne. L’opération a été faite pour le compte de l’ex-Parti républicain (PR), composante de l’UDF, dont M. Léotard était alors président, selon une source judiciaire. Le PR, rebaptisé Démocratie libérale, est aujourd’hui présidé par l’ancien ministre ultra-libéral de l’Economie et rival de M. Léotard, Alain Madelin. En juin 1996, pour faire face à ses difficultés financières, le PR avait contracté en emprunt de cinq millions de francs auprès du Fondo sociale di Cooperazione Europea (FSCE), une petite banque de placements italienne. Mais l’enquête a révélé qu’une somme identique a été versée en contrepartie en espèces. L’entourage de M. Léotard a réaffirmé jeudi que cette somme provenait des fonds secrets du premier ministre, le gaulliste Edouard Balladur, en poste entre 1993 et 1995, et qu’elle avait été utilisée pour «garantir» le prêt du Fondo. L’utilisation de ces fonds, votés en bloc chaque année par le Parlement, s’effectue à la discrétion du premier ministre, «qui n’a pas à en justifier», soulignait-on. François Léotard avait soutenu la candidature d’Edouard Balladur à l’élection présidentielle de 1995, remportée par le gaulliste Jacques Chirac. Trois personnes avaient été inculpées en juin dans l’affaire de blanchiment présumé: Guy Gennesseaux et Olivier Mevelet, dirigeants du Fondo, et Serge Hauchart, un dirigeant de sociétés lié à cette structure et proche de M. Léotard. Sept perquisitions ont été menées par les juges, trois aux domiciles de M. Léotard, trois à ceux de M. Donnedieu, et une à l’UDF. Le volet PR ne représente qu’une partie d’une vaste escroquerie évaluée à 120 millions de francs (20 millions de dollars), dont est soupçonné le Fondo. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’ancien ministre français de la Défense François Léotard devrait être inculpé pour financement illégal d’un parti politique et blanchiment d’argent, ont indiqué jeudi les quotidiens «France-Soir» et «Le Monde». François Léotard, président de l’UDF (droite centriste et libérale), et son proche collaborateur libéral Renaud Donnedieu de Vabres, ont été convoqués par les juges anticorruption Eva Joly et Laurence Vichievsky pour aujourd’hui vendredi, afin d’être mis en examen (inculpés), selon ces informations. Fonds secrets votés par le parlement Les deux hommes politiques sont soupçonnés dans une affaire de mouvement financier accompagné de blanchiment de cinq millions de francs (830.000 dollars) entre le Luxembourg, l’Italie et la France, en 1996, via une banque italienne. L’opération a été...